Le besoin identifié en infirmiers diplômés d’Etat est de 150 par an à Mayotte. Bien que depuis 2001, le territoire bénéficie de la formation en local avec l’Institut de formation en Soins infirmiers (IFSI), sa capacité est restée à 35 places chaque année jusqu’en 2018, date d’un partenariat noué avec la Croix Rouge pour délocaliser une partie de la formation, et accroitre considérablement le nombre de places.

Doublement de la capacité de formation des infirmiers en 2 ans, et ce n’est pas fini…

Le besoin identifié en infirmiers diplômés d’Etat est de 150 par an à Mayotte. Bien que depuis 2001, le territoire bénéficie de la formation en local avec l’Institut de formation en Soins infirmiers (IFSI), sa capacité est restée à 35 places chaque année jusqu’en 2018, date d’un partenariat noué avec la Croix Rouge pour délocaliser une partie de la formation, et accroitre considérablement le nombre de places.

La délocalisation proposée par l’IFSI dans plusieurs département de l’Hexagone permet de répondre à deux problématiques : proposer des capacités supplémentaires et offrir la possibilité de suivre les deux stages obligatoires hors Mayotte prévue dans la formation. Un dispositif qui ne s’adresse pour l’instant qu’aux étudiants admis sur ParcoursSup.

Ainsi, en 2018, sous l’impulsion du conseil départemental dont c’est la compétence, un premier partenariat de 15 places supplémentaires a vu le jour avec les IFSI Croix-Rouge occitans de Nîmes, de 8 places, et Toulouse, 7 places. A compter de la rentrée 2022, les étudiants mahorais affectés en Occitanie seront tous regroupés à Nîmes.

En 2020, rebelote, un deuxième partenariat de 15 places voit le jour avec l’IFSI de Quétigny, en Bourgogne Franche Comté, « dans le contexte du plan de relance promu par le premier ministre, Jean Castex ».

En deux ans, l’Institut a donc doublé ses capacités en délocalisant. Le Conseil départemental de Mayotte souhaite poursuivre cette politique et cherche un 3ème partenariat de région pour 15 places supplémentaires à la rentrée de 2022.

Fraichement diplômés, les infirmiers s’engagent à exercer sur une certaine durée à Mayotte

Des études gratuites pour les jeunes mahorais, financées par le conseil départemental, en contrepartie de quoi les étudiants bénéficiaires s’engagent à exercer sur l’île de Mayotte pendant une durée de 3 fois celle de la formation financée. Cet engagement est effectif dès l’obtention du diplôme d’Etat.

Ces délocalisations mises en œuvre depuis septembre 2018 ont été réalisées avec le soutien des régions (services de la formation professionnelle et ARS), des IFSI partenaires et du centre Hospitalier de Mayotte, établissement support de l’IFSI de Mayotte. La DGOS (Direction Générale de l’Organisation des soins au ministère des Solidarités et de la Santé) a également appuyé cette initiative, par son expertise et ses conseils, et l’ARS Mayotte et le rectorat ont également accompagné le processus.

Un dispositif très récent, qui se heurte notamment au retard de versement des bourses par le conseil départemental, de 2 à 3 mois de retard, perturbant l’installation des primo-arrivants en métropole.

« Le Département réfléchit à la mise en place d’une prime d’installation qui serait versée à l’étudiant primo arrivant sur présentation d’une attestation d’inscription dans l’IFSI d’affectation », indique Josiane Henry, Directrice des soins à l’Institut des Etudes en Santé de Mayotte.

Précisons que ce retard de versement de bourses n’est pas nouveau, et que le précédent exécutif avait annoncé en être venu à bout, ce qui n’est donc pas le cas. Avant toute prime d’installation, il faudrait donc étudier ces dysfonctionnements.

« Ces partenariats de délocalisation représentent une vraie réponse aux objectifs du Département Région de Mayotte qui souhaite des infirmiers qualifiés en nombre et pérennes sur l’île », se réjouit Josiane Henry, qui y voit « un bel exemple de coopération réussie entre les acteurs susnommés en faveur de « l’amélioration de la prise en charge en santé de la population de Mayotte ».

A.P-L.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.