Les chiffres clés d’une natalité toujours très forte

Les vendeurs de couches ont de beau jours devant eux. La natalité reste très forte à Mayotte, portée par les mères étrangères.

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Synthèse du rapport sur les naissances 2019 de l'Insee

Cette année encore, les trois quarts des bébés nés à Mayotte sont de mère étrangère, indique l’Insee, l’institut national des statistiques et études économiques dans sa dernière publication.

Dans le détail, 70% des mères sont comoriennes, 4% sont malgaches.

« En légère baisse en 2018, les naissances de mère comorienne repartent à la hausse et atteignent un niveau record en 2019. Les naissances de mère de nationalité française sont assez stables depuis 2015, tandis que celles de mère malgache retrouvent leur niveau de 2016 et 2017. »

Pour ce qui est des papas, le constat est le suivant : « la moitié des enfants sont nés d’un père de nationalité étrangère » selon l’Insee.

Résultat, 45% des enfants nés à Mayotte sont de nationalité étrangère. « Au final, 55 % des
nouveau-nés de 2019 ont au moins un parent français et naissent ainsi Français. « 

Le rapport de l’Insee en bref

En effet, l’amendement Thani, du nom du sénateur qui l’a porté, ne permet plus à un enfant né à Mayotte de parents étrangers et en situation irrégulière de faire valoir son droit à la nationalité. En vigueur depuis l’année dernière, il est logique qu’il ne montre pas pour l’heure d’impact sur la natalité. D’autant que les chiffres de l’Insee se basent sur les parents résidant à Mayotte, et ne prend pas en compte les éventuelles naissances d’étrangers venant d’arriver et déclarant résider hors de Mayotte. Celles-ci sont d’ailleurs, contrairement à une idée largement répandue, très marginales. En effet en 2019, seules 14 naissances ont concerné des mères résidant ailleurs qu’à Mayotte

Comme les années précédentes, l’Insee fait aussi le constat d’un nombre record d’enfants par femme, principalement dans les foyers non-français. « Avec 4,6 enfants par femme, la fécondité est nettement plus élevée à Mayotte qu’en Guyane (3,6) et qu’en  métropole (1,8) » précise l’institut.

A noter qu’un nombre toujours important de mères, principalement françaises, décident de donner naissance à leur bébé en dehors de Mayotte. Comme l’année précédente, elles ont été environ 300 à accoucher à La Réunion ou en métropole tout en déclarant une adresse à Mayotte. Elles étaient moitié moins en 2014. Si ce chiffre paraît marginal au regard du total des naissance, il représente tout de même 10% des naissances de mère française résidant à Mayotte.

La maternité de Mamoudzou toujours très prisée

La maternité reste très fréquentée

Quant aux mères qui accouchent à Mayotte, elles le font pour 70% d’entre elles à la maternité de Mamoudzou, réputée être la plus importante de France en nombre de naissances. Par ailleurs, « un quart des naissances sont prises en charge dans les maternités de Dzaoudzi, Dzoumogné, Kahani et Mramadoudou. »

Les naissances hors maternité représentent environ 6% du total, et concerne principalement des mères étrangères.

« À Mayotte, 530 naissances ont eu lieu hors d’une maternité (contre 430 en 2018), soit 6% des naissances. Dans six cas sur dix, les mères ont toutefois bénéficié de l’assistance d’un médecin ou d’une sage-femme. La part des naissances hors maternité reste bien plus élevée qu’ailleurs en France : 0,8 % en Guyane et 0,5 % à La Réunion et en métropole. Les mères étrangères accouchent plus fréquemment hors maternité que celles de nationalité française ».

Une mortalité infantile également très élevée

En revanche, si la natalité est forte, l’espérance de vie des bébés reste victime des conditions de vie précaire. « En 2019, 780 personnes domiciliées à Mayotte sont décédées, soit 20 de plus qu’en 2018. La population de Mayotte étant nettement plus jeune que celle de métropole, le nombre de décès rapportés à l’ensemble de la population est bien plus faible. Ainsi, le taux de mortalité est trois fois plus faible à Mayotte qu’en métropole (2,8 contre 9,2 pour 1 000 habitants). La mortalité infantile est élevée par rapport à la moyenne française : en 2019, sur 1 000 enfants nés vivants, 8,5 n’atteignent pas l’âge d’un an, soit un taux de mortalité infantile bien plus élevé qu’en métropole (3,6 pour mille). L’espérance de vie à la naissance s’établit en 2019 à 75 ans, soit huit ans de moins qu’en métropole. »

Le solde naturel, qui prend en compte les naissances moins les décès, inscrit Mayotte dans une démographie toujours importante, il s’établit en 2019 à 8990, contre 8830 en 2018 et 9030 en 2017.

La crise Covid et la surmortalité enregistrée pendant les premiers mois de l’année avec en plus l’épidémie de dengue, pourrait toutefois contrarier cette relative stabilité pour le bilan 2020 à paraître l’année prochaine.

Y.D.

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