Mouvement social: En situation de crise, l’hôpital fonctionne malgré tout

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L'entrée du CHM.
L’entrée du CHM: marche à pied pour les patients et les personnels qui le peuvent

Ce jeudi, comme tous les matins depuis le début du mouvement social, c’est réunion de crise au CHM. Car quelques soient les circonstances, l’hôpital central de Mamoudzou comme les centres de référence (Dzoumogné, Kahani, Mramadoudou et Petite Terre) et les dispensaires doivent continuer à fonctionner pour prendre en charge les patients.

«Cette réunion de coordination réunit les cadres de pôles, les chef de pôles, les médecins et la direction. Elle vise à faire un point complet quotidiennement. Il faut qu’on sache les personnels qui ont pu se rendre à leur poste et que l’on regarde tous les problèmes logistiques qui se posent à nous», explique Catherine Barbezieux, directrice adjointe qui pilote ces points quotidiens en l’absence du directeur Etienne Morel, en rendez-vous au ministère de la Santé à Paris.

Car si les déplacements sont très compliqués, l’activité n’a pas pour autant baissé à l’hôpital. Les patients se rendent en effet dans les hôpitaux à pied. A Mamoudzou, seules les opérations programmées ont été annulées mais le bloc continue de fonctionner pour les urgences.

Les difficultés des personnels

Les problèmes qui se posent au CHM sont de plusieurs nature et différents en fonction des différents sites. C’est essentiellement la question de l’acheminement des personnels auquel l’hôpital doit faire face de façon permanente, dans une institution qui fonctionne 24h/24. «On a des personnes qui n’ont pas pu venir travailler depuis 10 jours. Du coup, c’est essentiellement les mêmes qui sont là et en plus petit nombre… Ils commencent à être vraiment épuisés», confie une PH.
Certains horaires ont été aménagés et l’hôpital a proposé à certains personnels de dormir sur place, comme dans certains dispensaires, là encore en bouleversant l’amplitude de travail.

Le CHM
Réunion de crise tous les matins pour continuer à faire fonctionner le CHM

Pour beaucoup, c’est le système D. Certains font une partie du trajet depuis leur domicile en voiture puis laissent leur véhicule à l’entrée de Mamoudzou pour finir à pied. Parfois, l’hôpital a envoyé des ambulances derrière des barrages: des personnels passent à pied et sont récupérés une fois le blocage traversé. «Tout le monde est très fatigué. Parce qu’en plus du travail, il faut aussi faire avec les tensions à l’extérieur. On ne sait jamais comment on va pouvoir arriver, quand et dans quelles conditions on va pouvoir repartir. Et puis on est tous confrontés au même problème, de l’école des enfants. On ne sait jamais si c’est ouvert ou pas… Malgré tout ça, on arrive quand même à assurer l’essentiel», rajoute une infirmière.

Anticiper et s’adapter pour les approvisionnements

L’autre question est l’approvisionnement des différents sites en médicaments et en dispositifs médicaux. Le spectre de 2011 où des bateaux avaient été mobilisés pour amener les médicaments du pôle logistique de Longoni à Mamoudzou est encore dans toutes les mémoires. A l’heure actuelle, rien de tel. «On a beaucoup anticipé, on fait circuler des camions le soir, on s’est énormément adapté. Mais pour l’instant, les tronçons entre Longoni et Mamoudzou ne sont pas trop bloqués et les rotations de barges permettent d’alimenter Petite Terre», explique une pharmacienne.

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Les ambulances parviennent à passer les barrages

De même, la circulation des ambulances est ralentie mais généralement, après vérification des personnes transportées, les grévistes qui tiennent les barrages les laissent rejoindre les points d’urgence. C’est d’ailleurs le sens de la consigne passée par l’Intersyndicale.

Au final, l’hôpital continue donc ses missions en situation de crise. Et comme à toute chose, malheur est bon, certains parviennent à y trouver des points positifs. «On est très très fatigués mais il se passe aussi quelque chose de bien», raconte un médecin. «Certains sont très alarmistes, d’autres plus mesurés mais une chose est sûre: on constate une réelle solidarité dans les équipes. Personne ne râle, tout le monde s’entraide et les liens se resserrent… Mais il ne faudrait pas que ça dure encore trop longtemps.»

RR
www.lejournaldemayotte.com

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