21.9 C
Dzaoudzi
mercredi 5 octobre 2022
AccueilEconomiePour les maires des villes capitales d’Outre-mer «l’égalité réelle est une illusion»

Pour les maires des villes capitales d’Outre-mer «l’égalité réelle est une illusion»

Signature de la Convention de la Conférence de Mamoudzou
Signature de la Convention de la Conférence de Mamoudzou

La fête était bien entendu à moitié gâchée par les évènements sociaux, grève et guérilla, que traverse actuellement Mayotte. Mais qui n’est pas totalement détaché de l’objectif de la Conférence des villes capitales d’Outre-mer : examiner les conditions de financement de ces collectivités et proposer des pistes de solutions. Les 5 autres villes capitales ont exprimé leur solidarité avec Mamoudzou, et plus largement, Mayotte.

Cette conférence a été créée le 19 janvier 2006 à Cayenne, en présence des 5 maires des capitales des « vieux » DOM, Basse-Terre, Cayenne, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Saint-Denis, qu’a rejoint la ville de Mamoudzou 7 années plus tard. « Elle est née d’un constat que les villes capitales ont des charges de centralité issues de leur histoire, qui ne sont pas prises en compte par les directives nationales », explique Jacques Bangou, maire de Pointe à Pitre (Guadeloupe).

Elle s’est donc réunie 6 fois depuis sa création, donc plus ou moins irrégulièrement tous les deux ans environ. Et pas seulement pour pondre des rapports, puisque les précédentes Déclarations ont pesé sur les décisions concernant les dotations globales de fonctionnement ou sur l’allocation des crédits européens Feder et Fse.

La fronde des villes capitales

Jacques Bangou évoque les solutions pour contrer la remise en question des avantages fiscaux
Jacques Bangou évoque les solutions pour contrer la remise en question des avantages fiscaux

Cette année, l’enjeu était de taille puisqu’il s’agissait de trouver des pistes pour contrer la baisse des dotations, et la participation à la contribution au redressement des comptes de l’Etat, qui amputent leurs finances de 64 millions d’euros. On a vu que Mayotte n’est théoriquement pas concerné par cette solidarité au renflouement national, mais en réalité, avec une dotation globale de fonctionnement du quart de ce qui devrait lui revenir, elle fait plus qu’y contribuer.

C’est bien cette philosophie du non-dit que dénonce la Conférence pour cette 6ème session : « Contrairement aux dispositions de la loi de Finances de 2015, la hausse de la péréquation nationale n’a pas neutralisé l’effort de contribution des départements et régions d’outre-mer (DROM) au redressement des finances publiques. »

Face à cette hypocrisie, il y a eu fronde des villes capitales, qui a incité le gouvernement à voter un amendement à la loi de finances pour 2016, « visant à extraire l’octroi de mer de la base de calcul de la contribution au redressement des finances publiques », souligne le bilan de la présidence de Mamoudzou, « il en résulte une économie de 13 millions d’euros pour l’ensemble des communes des DROM et de 2,2 millions d’euros pour les 5 villes capitale assujetties, donc hormis Mamoudzou. »

Des réactions individuelles qui ne font qu’une

L'ensemble des représentants des villes capitales, sans Saint-Denis
L’ensemble des représentants des villes capitales, sans Saint-Denis

Il s’agit de contrer ainsi chaque remise en question des avantages fiscaux alloués au DROM, comme la défiscalisation au profit d’un crédit d’impôt, « mais en réalité pour lequel les sociétés immobilières doivent faire l’avance pour se faire rembourser ultérieurement. »

Nous avons interrogé ces représentants ultramarins sur le rapport Lurel, préalable au projet de loi Bareigts sur l’égalité réelle. « Des réactions individuelles issues de nos tendances politiques différentes », prévient Jacques Bangou, mais qui ne l’est pas tant que ça en fait. Si lui avance « une impossible disparition des disparités entre les territoires qui sont une marque de nos identités », pour Yvon Pacquit, le maire de Fort-de-France (Martinique), l’égalité n’est pas d’apporter une même solution à des problématiques différentes, « je préfère parler d’équité ou d’égalité des chances. »

Marie-Luce Penchard a décliné

Pour Fred Edourad, 5ème adjoint au maire de Basse-Terre, les trois égalité, de droit, de chance et réelle, sont un leurre : « l’égalité des chances voudraient dire que tous les participants d’une course prennent le même départ et arrivent en même temps, alors que certains, on l’a vu pour le Bac, n’arriveront jamais à le décrocher. L’égalité réelle est une illusion. »

La maire de Cayenne Marie-Laure Phinera-Horth ne dit pas autre chose, « je n’y crois pas », alors que pour Bacar Ali Boto, 1er adjoint au maire de Mamoudzou, « il faut voir dans l’égalité réelle un objectif à atteindre, un moyen de souligner les manquements de l’Etat. »

Outre l’absence totale de représentant de Saint-Denis, (la réunion), les journalistes étaient un peu frustrés malgré tout de ne pouvoir accueillir la maire de Basse-Terre, Marie-Luce Penchard (prévue au programme, mais qui avait délégué), histoire de l’interroger dans une ambiance sociale qui lui aurait rappelé des souvenirs vieux de 5 ans…

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

Le centre social de Bouéni entend participer à résorber l’illettrisme

139526
Alors que l’illettrisme affecte une personne sur deux à Mayotte, ce taux étant deux fois plus élevé dans les quartiers prioritaires, le centre social...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139526
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139526
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139526
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139526
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...

Comité de suivi des Assises de la sécurité : « Tous les signaux sont au...

139526
A la demande du maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila, le Comité de suivi des Assises de la sécurité et de la citoyenneté s’est tenu dans la matinée de ce jeudi 22 septembre à la mairie du chef-lieu. L’occasion d’écouter les doléances de la société civile au regard des épisodes de violences de ces dernières semaines.
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com