Braquage d’un institut de beauté : un an de prison ferme

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Le code pénal, la bible des juges au tribunal

CARNET DE JUSTICE DU JDM. Brahim* a toujours nié les faits mais les éléments étaient trop nombreux pour qu’il échappe à une condamnation. Il a été interpellé le 20 novembre 2013, un quart d’heure à peine après le braquage d’un institut de beauté des Hauts-Vallons. Ce jour-là, la responsable de la boutique entend la porte de l’institut d’ouvrir alors qu’elle est dans une cabine avec une cliente. Fait étrange, la personne qui vient d’entrer ne referme pas la porte. Intriguée, elle se rend à l’accueil de la boutique et tombe nez-à-nez avec une jeune homme, armé d’un couteau, qui tente d’ouvrir son tiroir-caisse. Il porte un T-shirt bleu, une casquette, et spontanément, il la menace avec son couteau.

Salle TGI Code pénalL’esthéticienne pousse un cri, le braqueur s’enfuit sans avoir le temps de parvenir à ses fins. La femme aperçoit au moins un complice qui fait le guet à l’extérieur. Les choses vont alors aller très vite car, dans la cabine, la cliente est une femme de gendarme. Elle dispose de numéros de téléphone précis pour relayer rapidement l’information de la tentative de braquage. De fait, les gendarmes arrivent en quelques minutes dans le quartier.

L’intervention rapide des gendarmes

Cette promptitude va leur être d’une grande aide. Pas très loin de l’institut, ils aperçoivent un groupe de quatre jeunes, dont un individu, avec un T-Shirt bleu et une casquette. A la vue des uniformes, quatre d’entre eux prennent la fuite, pas le cinquième, Brahim, le braqueur présumé. Il est interpellé.

Sur ce jeune adulte, les gendarmes découvrent un étui de couteau leatherman. Il est vide mais le couteau est retrouvé, à proximité, dans un caniveau, jeté entre deux voitures. L’esthéticienne n’a pas de mal à reconnaître l’arme, ces couteaux ont en effet un aspect bien particulier. Plus tard, la femme reconnaitra également sans difficulté son agresseur parmi la dizaine de photos qui lui seront présentées.

Et pourtant, Brahim nie les faits. La casquette, il l’a récupérée lors d’un échange avec les autres jeunes contre un téléphone portable. L’étui du couteau, il l’a trouvé par terre et voulait s’en servir de housse de téléphone. Sa présence à proximité de la scène de braquage, ce n’est que le hasard. Il revenait du centre commercial Jumbo où il avait fait des achats. Maître Simon, son avocat, part au combat pour faire valoir les positions du jeune homme. Il relève aussi les carences de l’enquête : «Pourquoi les empreintes digitales n’ont-elles pas été relevées sur le couteau alors qu’elles le sont au moindre cambriolage ?»

«Il a le droit de mentir. Il a le droit de dire n’importe quoi. Mais nous, on a le droit de ne pas être naïfs», oppose la procureure.

Trop d’éléments accablants

Les éléments sont en effet accablants. D’autant que Maître Briard, l’avocate de l’institut et de la gérante, fait valoir les conséquences d’un tel braquage. Sa cliente vit aujourd’hui dans un sentiment d’insécurité permanent. Elle a engagé plus de 1.000 euros pour sécuriser l’entrée de sa boutique. Elle a aussi négocié avec l’enseigne pour modifier ses horaires d’ouverture et ainsi fermer plus tôt. Plus question de quitter l’institut après 19 heures pour ne pas risquer, à nouveau, d’être confrontée à des individus malintentionnés.

Brahim, déjà condamné deux fois par la justice des mineurs pour des vols, retourne à Majicavo où il purge une peine préventive. Il écope d’un an de prison ferme et d’un an supplémentaire avec sursis et mise à l’épreuve. Quand il sortira, il devra suivre une formation professionnelle pour s’insérer dans la société et avec ses premiers salaires, indemniser les victimes, 1.250 euros de dommages et intérêts et 700 euros de frais de justice.
RR
Le Journal de Mayotte

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*Le prénom a été modifié

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