Volcan : les scientifiques de la mission GeoFLAMME exposent les images du ROV aux lycéens

Depuis le 17 avril et jusqu’au 25 mai, une équipe de scientifiques et de marins se trouve réunie à bord du Pourquoi Pas. Ce navire océanographique a été affrété pour la mission GeoFLAMME, dont le but est de comprendre le contexte de la crise volcanique que connaît Mayotte. Les membres de cette mission ont mis en place un échange avec des lycéens mahorais, qu’ils ont pu rencontrer ce lundi 3 mai. Le JDM était sur place.

0
380
Deux scientifiques de la mission GeoFLAMME ont rencontré les lycéens.

Depuis mai 2018, Mayotte est soumise à une crise sismo-volcanique exceptionnelle. De nombreux séismes se produisent au large des côtes à l’Est et l’île s’est déformé à un taux record de plus de 20 cm en un an. Ces évènements se trouvent directement liés au vidage d’un réservoir magmatique profond, en mer, à quelques dizaines de kilomètres des côtes. C’est dans le but de comprendre le contexte de cette crise volcanique que la mission GeoFLAMME a été lancée. 

Du 17 avril au 25 mai 2021, des scientifiques et des marins sont donc mobilisés à bord du navire océanographique le Pourquoi Pas ? pour une étude scientifique pluridisciplinaire. L’objectif est de réaliser des observations et des prélèvements in-situ ainsi que des analyses pétrologiques, chimiques et biochimiques. Ces données sont ensuite destinées à être combinées à des cartographies haute résolution, des mosaïques et des reconstructions 3D des structures volcaniques, tectoniques et des sorties de fluides. 

Des observations et des prélèvements in-situ des analyses pétrologiques sont réalisés par le ROV Victor 6000, des CTD, des dragues et des carottiers.

Depuis le début de la mission, des échanges en visioconférence ont eu lieu entre les membres de la mission GeoFLAMME et des élèves du lycées Bamana et du lycée de Tsararano. “On a eu envie d’associer les étudiants de Mayotte, pour qu’ils comprennent ce qui se passe au large de l’île. On voulait aussi montrer que la science se partage, elle se partage avec des jeunes qui habitent sur l’île, qui ont vécu cette crise”, précise Hélène Ondréas, chercheure en géologie marine à l’Ifremer. À l’occasion du débarquement de quelques scientifiques sur l’île, une rencontre en présentiel a été organisée ce lundi 3 mai. Hélène Ondréas et Marie-Odile Lamirault-Gall, ingénieure en administration de données géophysiques, ont pu répondre aux questions des lycéens.

“Quel est le lien entre le volcan et les séismes ?” interroge par exemple Yasser Narcisse Nourbay. “Quand un volcan se met en place, il bouge certaines choses”, explique Hélène Ondréas. “Pour que le magma sorte il faut des failles, des fissures, par lesquelles il va pouvoir remonter. Et pour que ce conduit s’ouvre, pour que le magma sorte, il a fallu que les roches se fracturent. Ce sont ces craquements dans les roches que vous avez ressentis pendant plusieurs mois, lorsque la terre tremblait”.

Du 17 avril au 25 mai, l’équipe de la mission GeoFLAMME est à bord du « Pourquoi Pas ? »

Les premières explorations ont permis la découverte d’une éruption volcanique majeure en cours au large de l’île, avec la naissance d’un nouvel édifice volcanique de plus de 820 m de hauteur. La base du volcan est située à 3400m et son sommet à 2580m sous la surface de la mer. Des volumes de lave considérables (actuellement plus de 6km3) ont été émis. Grâce au ROV Victor 6000, un robot télé-opéré par câble qui capable de descendre jusqu’à 6000 m de profondeur, les scientifiques ont réalisé des vidéos de cet édifice volcanique. Hélène Ondréas et Marie-Odile Gall commentent ces images pour les jeunes présents. 

“J’ai découvert des formes de lave, la formation de certains volcans, des évènements sismo-volcaniques que je ne connaissais pas du tout”, témoigne Samira Himidi, élève au Lycée Bamana. “J’ai d’abord participé à ce projet pour comprendre ce qui se passait à Mayotte, parce que ça a été un vrai chamboulement pour tout le monde. Les scientifiques nous ont expliqué les évènements sismo-volcaniques qu’il y a eu et c’était plus clair que les données qu’on avait eues auparavant. C’est aussi super intéressant parce que je suis en classe de spécialisation SVT. J’ai découvert des métiers, ça m’a aidée pour mon orientation.”

Hélène Ondréas commente les images sous-marines du ROV Victor 6000.

Le projet fédère en effet près de 70 scientifiques, dont une quarantaine embarquée, de différentes disciplines dont la géochimie, la volcanologie, la tectonique et la biologie. Géochimiste, électricien, ingénieurs maritimes, médecin de bord, ingénieur hydrographe et océanographe, géomicrobiologiste, géologue marin… les métiers présents à bord sont nombreux. “Franchement, ça m’a donné envie de faire un métier dans ce domaine”, confie la jeune fille. “C’est passionnant de découvrir ce qui se passe au fond de la mer”. 

 

Marine Wolf

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here