EDM : les syndicats reçus en préfecture par le directeur de cabinet

Sans évoquer les dégâts sur le matériel informatique, les coupures de la journée d’hier ont pénalisé avant tout les enfants. L’intersyndicale d’Electricité de Mayotte ne veut pas se voir comme la seule fautive. Elle a portée ses revendications en préfecture, sur un sujet géré depuis Paris.

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Les grévistes demandent l'entrée de EDF dans le capital de la société

Personne ne souhaite revivre la journée catastrophique de ce mardi. Coupures d’électricité généralisées, manque d’eau… en dehors des habitants, notamment du sud et du nord, coupés pendant prés de 12 heures, les deux grosses structures que sont l’hôpital et l’éducation nationale ont trinqué. Comment gérer prés de 100.000 jeunes scolarisés sans électricité, donc sans brasseurs d’air ou clim, et sans eau, donc sans toilettes.

C’est donc peu de dire que la suite du conflit portant sur le capital de EDM est regardée à la loupe. L’intersyndicale était reçue ce mercredi en préfecture par le directeur de cabinet du préfet Jean-Baptiste Constant. Il n’y a pas eu de cris d’orfraie, « un entretien cordial », c’est l’écho que nous en avons des deux parties. Si nous n’avons pas eu plus de détails de la préfecture, les syndicats, eux, sont plus bavards.

Notamment sur les coupures. S’ils avaient annoncé en début de journée de mardi leur intention de couper, ils tentent de se dédouaner de l’ampleur des dégâts, comme nous l’explique Salim Nahouda, porte-parole de l’intersyndicale : « Nous publions un document où l’on voit que des défauts de câble souterrain à Hajangua ont pu provoquer des pannes touchant la Haute tension ».

Trente postes touchés

Le BISE, document d’analyse du système électrique ce 29 janvier

Le document en question est daté de ce mercredi 29 janvier. Nous avons interpellé à ce sujet, Fadi Hajjar, le directeur de EDM : « Ce document est la liste des défauts constatés en fin de soirée de mardi, après l’épisode de coupures. Le défaut du câble HTA souterrain touchant le poste Flamme d’or ne concerne qu’une soixantaine de maisons, et est lié aux tentatives de remise en réseau. L’origine des coupures tient dans la mise à terre volontaire des postes basse tension, après avoir coupé l’alimentation. Une trentaine ont été touchés sur les 480 de l’île. »

En ce qui concerne la revendication proprement dite de refus du remplacement d’une société financière, SAUR, par une autre Quaero aux 24,99% de capital de EDM, les syndicats ont fait remonter au sous-préfet, « il a pris les informations nécessaires pour les faire remonter à Paris, au premier ministre », rapporte toujours Salim Nahouda. Leur préférence pour EDF, qui n’avait pas cru bon de faire jouer son droit de préemption pour entrer au capital*, va plus particulièrement vers EDF SEI, « c’est la branche du secteur non encore connecté qui est présente sur l’outre-mer, la Corse et Saint-Pierre et Miquelon », poursuit le syndicaliste. Une décision qui se prend au Parlement, nous avait indiqué le directeur de l’opérateur, d’où la présence des syndicats en préfecture.

Sur les retraites dépendant de la reprise intégrale des années de service, les syndicats souhaitent que les cotisations antérieures à l’arrivée de la Caisse Nationale des Industries Electriques et Gazières (CNIEG), soient reprises par cette dernière « comme cela s’est fait à La Réunion », afin de proposer une retraite complète.

Les grévistes avaient également été reçus au conseil départemental la veille

Sur la poursuite ou non du mouvement, ils demandent l’engagement de la suspension de la procédure engagée avec Quaero capital, « qui doit aboutir en mars », avant de prendre une décision.

Anne Perzo-Lafond

* Le capital de EDM : conseil départemental à 50,01%, EDEVE, filiale financière d’EDF à 24,99%, SAUR (Société d’Aménagement Urbain et Rural) à 24,99%, et de l’Etat à 0,01%

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