Séismes : pas d’accroissement de l’activité rassure le BRGM

Les deux séismes ressentis en 24 heures mercredi et jeudi ont rappelé que l'activité se poursuit. Pour le BRGM ces événements sont une coïncidence, et le nombre de séismes reste stable, avec tout de même 25 enregistrés par jour, mais généralement non ressentis.

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Le volcan sous-marin de 800m de haut indiqué par une flèche

Réveil de l’activité ? Volcan qui souhaite la bonne année ? Coup de sabot du Zébu ? On a lu de tout sur Internet ces derniers jours au sujet des deux séismes notables de mercredi et jeudi, respectivement enregistrés à des magnitudes de 4.8 et de 5. “Le dernier à avoir été autant ressenti c’était il y a plusieurs mois, on avait un peu oublié” concède Frédéric Tronel, directeur du BRGM, le bureau de recherches géologiques et minières, qui suit l’activité sismique à Mayotte.

Toutefois, sauf à constate une succession de nouveaux événements similaires, “il n’y a pas d’augmentation de l’activité de façon générale, ces deux séismes plus forts que d’habitude ne sont pas liés à une recrudescence de l’activité sismique” estime à ce stade le scientifique. Pour lui ces secousses, quoique devenues inhabituelles, n’ont rien d’anormal. “L’activité est moins forte qu’au début de la crise mais elle est toujours là” rappelle-t-il, relevés des sismomètres à l’appui. “On a depuis plusieurs mois 25 séismes mesurés par jour, mais pas forcément ressentis”.

Le bulletin du 1er au 15 décembre note une activité stable, que le prochain devrait confirmer

Quant à savoir ce qui a causé ces deux secousses plus fortes que les autres (mais qui, on le rappelle, étaient quotidiennes au début de la crise), “on est dans l’inconnu”. En effet, les deux épicentres ont été localisés à environ 25km à l’est de Mayotte, soit entre la zone dite de l’essaim principal et le volcan, situé lui à 50km à l’est de Petite Terre. L’analyse des sismomètres dans les jours à venir permettra d’en savoir plus sur la nature de ces événements. Il pourrait d’agir d’un bref afflux de magma, ou de “contraintes qui montent en pression et d’un coup lâchent” suppose Frédéric Tronel.

En tout cas les derniers relevés montrent une éruption qui se poursuit à un rythme réduit par rapport à l’année dernière. En conséquence, la déformation de Mayotte et son enfoncement ont fortement ralenti, après un bond d’une 20aine de centimètres vers l’est.

Bientôt de nouvelles missions MayObs ?

“L’éruption est en cours, les flux modélisés sont en diminution mais ça peut évoluer dans un sens ou dans l’autre”, rappelle le directeur du BRGM. “En termes de déformation, on a un fort ralentissement depuis quelques mois du déplacement et de la subsidence qui reste de 16cm, s’il y a une continuité de l’enfoncement, c’est inframillimétrique, c’est presque stabilisé. C’est à coupler avec un flux éruptif qui est moins important depuis quelques mois.”

Après les premières missions MayObs qui ont permis la découverte et le suivi du nouveau volcan, d’autres opérations en mer sont prévues cette année, annonce aussi le directeur.

L’activité reste stable affirme le BRGM

“L’activité reste suivie. Dans l’année et les années à venir on aura de nouveaux moyens pour la poursuite du suivi, ça a été validé, avec des moyens humains et matériels pour moderniser et continuer à suivre l’évolution de cet événement sismo volcanique. Il y aura d’autres missions océanographiques en 2020 et à plus long terme des programmes de recherche sont déclenchés.”
Le volcan et l’essaim de séismes qui l’accompagne avaient donc réussi à se faire oublier de la population mais pas des scientifiques qui restent des dizaines à travailler dessus. Ce phénomène inédit, la naissance d’un volcan en direct, passionne de nombreux géologues dans le monde entier.

L’ensemble des bulletins bimensuels sont à retrouver ici : https://www.brgm.fr/content/volcan-seismes-mayotte-suivi-activite-sismo-volcanique-revosima

Y.D.

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