Bourses : Le logiciel de la discorde

Le logiciel BIKA de gestion des dossiers de Bourse sert de balle de ping-pong entre les services de la DPSU et l’administration, qui explique avoir répondu à tous les points de revendication. Les locaux du service sont fermés depuis lundi.

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Les services de la DPSU fermés

« Tous en grève pour un logiciel ! »… Seulement ça ? Oui, assurent les grévistes, et ça fait un mois que ça dure. Depuis le 17 septembre dernier, les agents gestionnaires de la Direction des Politiques Scolaires et Universitaires (DPSU, ex-DASU), campent devant leur portail, en face du lycée Bamana. Toujours pour demander un nouveau logiciel qui tienne compte des évolutions réglementaires du conseil départemental.

Pour bénéficier de ce complément de bourse nationale versée par le Département, les critères d’attribution ont évolué. Pour ne pas envoyer les jeunes vers des voies de garage, sont priorisées les filières et les domaines d’études correspondant aux secteurs en tension. Il fallait donc changer de logiciel, le choix s’est porté vers BIKA.

Qui n’avait pas été paramétré à temps, provoquant la colère des agents gestionnaires de la DPSU. L’élu du Département qui préside Commission d’Octroi des Bourses et Aides (COBA), Ali Debré Combo, avait expliqué qu’il serait prêt à la date du 24 septembre. Nous l’avions donc contacté, et il nous confirmait que le paramétrage du logiciel était bien bouclé.

13 jours perdus…

Les agents grévistes

Saïd Rachid, Coordinateur administratif pour les étudiants Mahorais, et membre de l’interco CFDT, explique qu’un logiciel doit « simplifier les choses et non les compliquer », et réfute tout caprice de leur part, en donnant des exemples : « Lorsque nous traitons du dossier d’un élève, nous avons besoin de son numéro d’archive pour l’historique, et bien on ne l’a pas. » Ou bien, « quand quelqu’un prend un dossier à l’accueil, il doit pouvoir savoir quel collègue le traite, or cela ne figure pas ».

Un travail que lui et les gestionnaires, « 21 grévistes sur 22 agents du service », ont demandé aux informaticiens, « mais nous ne les avons vu que deux matinées, depuis pas de nouvelles, pas plus que de la direction ».

Et pour cause, répond Ali Debré Combo, « des éléments viennent constamment se greffer pour soit disant améliorer le logiciel. Tout d’abord, l’archivage numérique qu’ils demandent n’existe pas au conseil départemental, par contre, l’historique de chaque étudiant est bien pris en compte dans le logiciel, dont une grande partie du parcours scolaire. Tous les points de revendication sont honorés, les chaises orthopédiques livrées, et les peintures des bâtiments refaites. Quant à la revendication sociale qui perdure, portant sur 13 jours de congés supplémentaires, intégrés dans l’ancien règlement intérieur réformé il y a un an et demi, et qu’aucun syndicaliste n’est venu défendre à l’époque, c’est de la compétence de l’administration ».

… comme la clef

Ali Debré Combo regrette de ne pouvoir avancer sur ses objectifs

Il regrette donc que des mini-revendications viennent se greffer à chaque rencontre, « la modification du panneau DASU et DPSU ou l’élagage d’un manguier ! Comment cela peut-il bloquer un service ?! » Surtout que trente dossiers auraient déjà été traités sur ce logiciel, et sans aucune formation de son utilisateur. L’élu fait part de son désappointement : « Nous comptions boucler tous les dossiers cette année en novembre, pour n’avoir à traiter que les recours en janvier, et enfin pouvoir mener une réflexion sur les problématiques d’insertion des jeunes. Mais là, les deux-tiers des dossiers des étudiants n’ont pas été traités. »

Lors d’une AG hier, les agents grévistes ont fait le point des revendications, et assurent avoir « exclu la demande de conserver les 13,5 jours de congés supplémentaires qui faisaient l’objet de la convention signée en 2000 entre les agents et l’administration, qui nous les a enlevés sans un courrier d’avertissement ». Pour se concentrer sur deux points « non négociables » : toujours et encore le logiciel, et un courrier à adresser aux familles des étudiants expliquant que « le retard de versements des Bourses est provoqué par l’administration ».

Comme lors de chaque conflit social, le moindre détail compte, et leur colère s’est amplifiée quand ils se sont aperçus que des membres de l’administration venaient travailler par une porte dérobée, « alors qu’on nous avait assuré que la clef était perdue lorsque nous voulions l’utiliser pendant la période des séismes. »

Une seule solution, inventer un logiciel de « médiation » destiné à la reprise de dialogue ?!

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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