Assainissement : l‘urgence appelle à s’adapter au contexte

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Assainissement non collectif
Assainissement non collectif

Le village de Hamouro a été classé dans la catégorie des villages à « conditions de vie très défavorisées » par l’Institut national de statistique et d’études économiques (INSEE), nous append François Delaroque, DGS de la mairie de Bandrélé. Lorsqu’il a été recruté en 2015, il occupait alors le poste de chef de projets au Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Mayotte, notamment en charge de la cellule « Prospective, systèmes et développement ». Le maire de la commune lui-même, Ali Moussa Ben est issu du Sieam.

A l’image des investissements en eau potable, le Sieam qui gère l’assainissement pour le compte des communes, ne parvient pas à tenir le rythme de l’implantation des Stations d’épuration, et de leur raccordement chez les particuliers. Faute de méga traitements, les communes tentent de se tourner vers des micro-solutions à leur échelle. L’assainissement non collectif en est une.

L’assainissement du dimanche

Assainissement par filtres plantés à Mayotte
Assainissement par filtres plantés à Mayotte

Ces installations individuelles de traitement des eaux domestiques concernent les habitations qui ne sont pas desservies par un réseau public de collecte des eaux usées. Elles qui doivent en conséquence traiter elles-mêmes leurs eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel. Beaucoup l’ont déjà adopté, mais avec un suivi des installations aléatoires. Les communes doivent d’ailleurs les avoir contrôlées avant le 31 décembre 2020 à Mayotte, impose l’Europe.

Pour proscrire ce bricolage du dimanche, un cadre et un schéma duplicable à l’envi est souhaitable, et avait fait l’objet d’un séminaire en 2015. On y annonçait l’arrivée à Mayotte d’un SPANC, le Service public d’assainissement non collectif, efficace à la Réunion, qui n’est  toujours pas d’actualité.

En 2015, la commune de Bandrélé avait été choisie pour tester la mise en place d’un assainissement non collectif organisé. Deux ans plus tard, une coopération avec l’Agence régionale de Santé, l’ARS, a été lancée, pour trouver en particularité des solutions à l’insalubrité du village d’Hamouro. Le projet évalué à 150.000 euros, est retenu par l’ARS au Fonds d’intervention régional 2017.

Pour le bonheur des plages

Un projet ambitieux qui va permettre de tester cette méthode d’assainissement sur Hamouro, désigné « village-pilote », pour ensuite l’appliquer aux futurs programmes d’aménagement urbain. « Mauvaise hygiène de l’eau, pollution des eaux superficielles et souterraines, salubrité des quartiers, santé des habitants, qualité des ressources hydriques », le contexte est difficile et on peut comprendre l’urgence d’agir. En particulier en visant la réouverture de la plage de Hamouro.

Si la solution avait été retenue lors du Séminaire proposée par le CNFPT en 2015, son financement posait problème, ni les jeunes intercommunalités, ni le Sieam ne se portant volontaires.

L’objectif est donc de définir une méthode cadrée, qui pourra ensuite être intégrée au sein du Plan communal de lutte contre l’habitat indigne ou de projets du programme national pour la rénovation urbaine, et être financé, notamment par les fonds européens.

La commune de Bandrélé bénéficiera pour ce projet de l’assistance technique et méthodologique du GESCOD et du GRET.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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