26.9 C
Dzaoudzi
mercredi 10 août 2022
AccueilEnvironnementAmbition nationale pour l’environnement mahorais : un gros effort reste à faire selon...

Ambition nationale pour l’environnement mahorais : un gros effort reste à faire selon les Naturalistes

Le 6ème rapport du GIEC qui évoque l’adaptation des États à l’évolution climatique n’a fait qu’entériner ce que l’association de protection de l’environnement locale avait indiqué : des mesures sont prises, mais restent insuffisantes à Mayotte.

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a publié ce lundi 28 février 2022, le deuxième volume de son 6e rapport d’évaluation (AR6). Ce nouveau rapport dresse la synthèse des connaissances scientifiques mondiales sur le changement climatique en termes d’impacts, de risques, d’adaptation et de vulnérabilité.

Le deuxième volume de ce 6e rapport d’évaluation évoque l’augmentation des risques (vagues de chaleur, précipitations extrêmes, sécheresses, fonte de la cryosphère, changement du comportement de nombreuses espèces…) pour un même niveau de réchauffement par rapport au 5e rapport d’évaluation de 2014.

Quelque soit son origine, le changement climatique impacte de plus en plus les écosystèmes, la sécurité de l’accès à l’eau et à l’alimentation, les infrastructures, la santé et le bien-être, ainsi que l’économie et la culture.

Avec l’augmentation du réchauffement, les risques vont s’aggraver dans toutes les régions du monde, en particulier dans les plus vulnérables. Parmi elles, des régions comme la Normandie, qui constate une érosion de la côte, des inondations des terres, et un effondrement de la pêche, et les îles. Les problématiques environnementales y sont fortes, avec la montée du niveau des mers ou la disparition d’îles. Sont mentionnés les risques pour les atolls des îles Marshall ou les îles basses des Maldives qui voit leur existence menacée.

Pas fixée par les plantations, la terre se déverse dans le lagon (Photo : JDM)

La disparition des forêts passe sous les radars

Ce 6ème rapport se concentre sur la réaction des Etats et alerte sur le fait que « s’adapter au changement climatique est possible si le réchauffement est limité à 1,5°C ou 2°C » et que « tout délai supplémentaire dans l’atténuation ou l’adaptation compromet l’avenir”.
La France a par exemple mis en place un Plan National d’Adaptation au Changement climatique (PNACC), dont la 2ème version est en cours, qui a permis l’intégration de critères de confort d’été dans la réglementation sur les bâtiments neufs, l’élargissement de la campagne annuelle de prévention des feux de forêts à tous les départements métropolitains, le déploiement de radars pour renforcer la vigilance météo en outre-mer, l’intégration de la thématique du changement climatique et de l’adaptation dans les cursus scolaires, etc.

Des mesures encore insuffisantes, du moins en ce qui concerne la protection de la biodiversité terrestre et maritime à Mayotte, alerte l’association Les Naturalistes dans sa dernière lettre. Pour contrer les « 300 hectares de couvert forestier qui partent en fumée chaque année, des bananeraies qui remplacent peu à peu les espaces naturels, les 20.000 tonnes de terre rejetées annuellement dans le lagon, envasant les récifs coralliens, sans parler des milliers de tonnes de déchets et des pollutions liquides qui dégradent encore davantage les eaux du lagon et la vitalité des récifs coralliens », l’Etat élabore une stratégie nationale pour les aires protégées à l’horizon 2030.
Elle prévoit que d’ici 2022, 30% du territoire national (terrestre et marin) seront couverts par des aires protégées et 10% sous protection forte.

Le volcan souffle le chaud et le froid

Les 6 massifs forestiers intégrant la réserve naturelle nationale

Qu’en est-il aujourd’hui ? Les Naturalistes se réjouissent que, « en mer le Parc naturel marin couvre 100% des eaux françaises, l’objectif de 30% est donc dépassé ». Cependant les 10% de protection forte sont loin d’être atteints, puisqu’ils ne couvrent que « quelques dizaines d’hectares seulement si l’on cumule la partie marine de la Réserve Naturelle Mbouzi, la passe en S, et les nouveaux arrêtés de biotope, alors que le potentiel de protection forte c’est plusieurs milliers de km2 ». Les besoins de protection les plus urgents se situent dans le lagon, explique-t-elle, les zones d’herbiers pour les tortues et les dugongs, les récifs coralliens, des cantonnements de pêche « pour favoriser la reproduction de la ressource halieutique ».

Sur la partie terrestre si l’objectif des 30% était atteint on devrait avoir plus de 11.000 hectares protégés, « on est loin du compte ». Satisfecit par contre à terre pour les 10% de protection forte, soit 3.740 ha, « on s’en rapproche avec la création de la RNN des forêts (2 800 ha) » qui devrait permettre aussi de protéger prioritairement les arrière-mangroves et les zones de forêt sèche les plus impactées : Saziley, Handrema, certains îlots.

Des micro-solutions en local, alors que le risque volcan fait peser bien plus de risques que l’élévation du niveau des mers liée au réchauffement climatique, avec l’enfoncement de 20cm à l’Est de l’île. En terme d’adaptation, des mesures liées à la Sécurité civile (sirènes, points de ralliement en cas de tsunami) ont été prises, mais pas encore de réelle protection du trait de côte. Menacé de disparition, le village de Miquelon, dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, a choisi lui d’être déplacé dans sa totalité !

A. P-L.

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

Coupures d’électricité à Hagnoudrou ce jeudi 11 août de 8 h...

139533
Dans le cadre de travaux d'entretien, Electricité de Mayotte (EDM) fait savoir dans un communiqué que des coupures sont prévues le jeudi 11 août...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Visite ministérielle : de grands enjeux en perspective

139533
Dans le cadre de la visite du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et du ministre délégué aux Outre-mer, Jean-François Carenco, prévue la semaine du 22 août prochain, les séances de travail se sont multipliées à Paris la semaine dernière. Ainsi, le 5 août, le président du Conseil départemental, Ben Issa Ousseni a été reçu par Jean-François Carenco. La veille, la parlementaire Estelle Youssouffa s’était entretenue avec Gérald Darmanin.

Mlezi Maore : le directeur général quitte ses fonctions pour devenir sous-préfet de Barcelonnette

139533
Suite à sa nomination, par décret du Président de la République en date du 29 juillet dernier, au poste de sous-préfet de Barcelonnette dans le département des Alpes de Haute-Provence, Dahalani M’Houmadi quitte ses...

Jumelage Mayotte-Comores : “trahison”, ou réaffirmation diplomatique d’une Mayotte française?

139533
Ce lundi 1er août, le Collectif des Citoyens de Mayotte scellait symboliquement les portes de la mairie de Mamoudzou pour protester contre le jumelage prévu entre le chef-lieu et les villes de Tsidjé (Grand-Comores) et Mutsamudu (Anjouan). Une initiative qui divise : là où le Collectif évoque une "trahison", le premier édile de Mamoudzou y voit une réaffirmation officielle de l'identité française de l'île au lagon.

Koungou : un comité de sécurité créé pour faire face à la délinquance

139533
Jeudi dernier, la ville de Koungou communiquait sur les réseaux sociaux à propos de la constitution d’un comité de sécurité. Son objectif ? Mutualiser les moyens des comités déjà existants pour mieux mailler les quartiers et améliorer la collecte d’information en cas de troubles. Malgré les actes de médiation, les événements de ces derniers temps font naître un ras-le-bol perceptible.

Les outre-mer dans la Constitution : « changer de paradigme ultramarin est une nécessité...

139533
Pour nourrir le débat sur la place des outre-mer dans la Constitution, la délégation sénatoriale aux outre-mer a organisé en juin dernier une réunion conjointe avec l’Association des juristes en droit des outre-mer. L’objectif, esquisser des pistes de réflexion pour refonder les articles 73 et 74 de la Constitution au regard des réalités des territoires ultra-marins.
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com