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mercredi 5 octobre 2022
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Délinquance : « Le nombre de mineurs à prendre en charge est en constante augmentation »

Véritablement déployée par l’actuel exécutif, l’action sociale est encore à la peine sur la prise en charge des mineurs en errance du département. Le 4ème vice-président du Département revient sur les écueils qu’il a pu faire remonter lors de son audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le week-end sanglant de Petite Terre continue de provoquer des réactions, notamment depuis la communication du parquet de l’interpellation de neuf présumés auteurs des faits. Pour l’instant, on sait que l’un est majeur, mais qu’autour de lui, gravitent plusieurs mineurs, on parle même d’une cinquantaine de jeunes, appartenant tous plus ou moins à la bande de Gotam, dans le quartier Cetam de la Vigie. Il va maintenant falloir que les CCAS des deux communes de Petite Terre se penchent sur l’identité et le devenir de ces jeunes, notamment ceux qui gravitent autour des mis en cause.

En charge de l’accompagnement des mineurs en errance à travers l’Action sociale, Issa Issa Abdou, 4ème vice-président du Département, répond à nos questions, notamment sur l’action des associations, comme Mlézi ou la Croix-Rouge, agréées par le conseil départemental.

« A travers leur travail quotidien, elles répondent au cahier des charges strict qui est le leur. Si un bilan est encore à tirer avec elles, il faut savoir avant tout, que nous n’accompagnons qu’une partie des jeunes en errance de l’île. Ce sont entre 1.000 et 1.700 qui sont placés à la fois chez les familles d’accueil, ou dans les structures de ces associations. Or, le nombre de mineurs non accompagnés est évalué à 4.000. Le delta reste important. Et il faut se demander quel est le profil des jeunes interpellés. Sont-ils suivis par nous ? Par la PJJ car ayant déjà eu affaire à la justice ? En tout cas, que l’on vienne vers nous pour nous demander des comptes, c’est bon signe, c’est que le message d’un inévitable accompagnement de ces enfants commence à passer. »

Il revient sur sa position et ses demandes récurrentes : « Nous avons fait une partie du travail, mais tous les jours, des jeunes arrivent. Le nombre de mineurs à prendre en charge est en constante augmentation. Je reprends toujours l’image du tonneau des Danaïdes, car on voit que ça ne peut pas marcher. C’est de la compétence de l’Etat d’être plus ferme pour stopper ces entrées. »

« Où est la famille biologique à Mayotte ? »

Les familles d’accueil très sollicitées à Mayotte

L’élu a été auditionné ce jeudi par la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, avec son directeur de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), « à la suite d’autres départements, nous étions invités à nous expliquer sur la politique d’action sociale menée dans le département. Ça aurait d’ailleurs mérité d’être médiatisé. Nous en avons profité pour rapporter la nécessité de redimensionner les aides nationales à proportion de la population réelle du territoire et d’appliquer ici la circulaire Taubira sur la clef de répartition des mineurs non accompagnés sur d’autres départements. Les parlementaires souhaitaient aussi des propositions made in Mayotte qui pourraient être traduites dans des textes de loi en matière de jeunes majeurs et de mineurs non accompagnés. Je leur en ai fournies. »

Adopté par le Sénat mercredi, après l’avoir été en décembre par l’Assemblée nationale, le projet de loi réformant l’ordonnance de 45 sur la justice pénale des mineurs, s’est invitée au débat puisqu’elle est censée « simplifier la procédure pénale applicable aux mineurs délinquants », en visant davantage de fermeté.

L’élu a fourni « des billes » en demandant d’intégrer dans un futur texte la difficulté d’appliquer un des termes de la loi du 5 mars 2007 relative à la protection de l’enfance : « Il y est fait mention de l’intérêt supérieur de l’enfant qui doit être maintenu quand cela est possible, chez ses parents biologique. Mais où est cette famille biologique à Mayotte ? Mon premier souhait est que cela soit pris en compte pour trouver des solutions appropriées car nous ne pouvons pas maintenir ces jeunes dans les familles d’accueil éternellement. Ensuite, et même si la réforme de l’ordonnance de 45 est en cours d’adoption avec des évolutions considérables sur les délai de traitement des affaires et la présence de la victime, il faut aussi s’interroger sur le type des délis commis et l’âge des auteurs. Un mineur qui commet un crime, c’est un criminel ou un mineur à accompagner ? Sans tomber dans un acharnement sur l’enfant délinquant qu’a si bien décrit Prévert dans la ‘Chasse à l’enfant’, il faut trouver une réponse adaptée aux mineurs qui nous barrent les routes et nous rançonnent. »

Enfin, la pérennisation de l’accompagnement de l’Etat sur les fonds de l’Aide Sociale à l’Enfance et des PMI a été évoquée, « ils devront être évalués et mis en face des actions du prochain Schéma départemental de l’enfance et des familles que mon successeur mettra en place.

Anne Perzo-Lafond

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