Affaires des emplois de complaisance au CD : pour repartir du bon pied

« Il fallait que ça s’arrête ! » Alors que la présomption d’innocence est plus que jamais à rappeler en ce siècle d’exutoire par les réseaux sociaux, les langues se délient au conseil départemental sur le fonctionnement des services.

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« Ça devenait infernal dans le service, rien n’était géré, témoigne un cadre qui souhaite rester anonyme, ça nous est égal qu’il soit de la famille ou un ami du président, ce qu’on veut, c’est qu’il soit compétent. D’ailleurs, il s’est mis tout le service à dos justement par son incompétence. »

Le même rappelle les dysfonctionnements, « à la direction de l’apprentissage et de la formation, l’année 2017 a été blanche, il n’y a rien eu, certains organismes de formation sont mal en point. » Un vide dont nous nous étions fait régulièrement l’écho, alertés par les professionnels de la formation.

Les représentants du personnel avaient alerté, mais leurs voix semblaient se perdre dans le vide. Lors d’une AG, ils en avaient appelé au contrôle de légalité de l’Etat. Est-ce ce ressort qui a animé la Chambre régionale des Comptes (CRC) dans la production de son rapport critique sur les deux dernières mandatures, spécialement en terme de gestion des ressources humaines pour l’actuelle ? On ne sait pas, mais en tout cas, l’action en justice redonne des couleurs à ces rapports qui se suivent sans être exhumés.

Remise à niveau des pratiques

Le procureur Camille Miansoni tenait une conférence de presse ce mercredi

Ceci dit, sur les 5 directeurs mis en examen, seuls deux seraient encore en fonction, selon nos informations. Ce qui incite à penser que des prises de conscience avaient eu lieu à la tête du Département, précisément à la suite du rapport de la CRC, mais sans doute trop tard. Et au final, c’est l’image de Mayotte qui en pâtit, alors qu’elle avait enfin donné des gages et obtenu quelques reconnaissances à l’extérieur. Quel gâchis !

Car selon l’avis général, Soibahadine Ibrahim Ramadani n’a pas la tête du bandit de grand chemin, il n’y a d’ailleurs pas d’enrichissement personnel au tableau des faits reprochés, expliquait le procureur Camille Miansoni ce mercredi.

Ce n’est donc sans doute pas le « casse du siècle » pour la justice, mais une première opération « mains-propres », et une remise à niveau des pratiques pour que, « plus jamais ça ! » En expliquant haut et fort ce mercredi matin que les rapports des magistrats comptables constituaient sa feuille de route, le procureur aura redonné espoir à ceux qui doutaient que des actions fortes soient un jour menées.

Car dans leurs feuillets, on y a déjà vu mieux que des possibles prises illégales d’intérêt…

Anne Perzo-Lafond

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