Baisse de la délinquance "ce qui compte, c'est ce que vivent les gens"

Les chiffres positifs de la délinquance dévoilés hier sont une communication importante pour les autorités, qui refusent toutefois de s'asseoir sur leurs lauriers. Le préfet ne veut pas se contenter de belles statistiques, mais vise un effet ressenti.

0
481
Le préfet, son équipe, le procureur et les chefs de la police, de la gendarmerie et de la PAF

Le préfet Dominique Sorain a annoncé ce mardi une forte baisse des faits de délinquance constatés sur tout le département de Mayotte.
Ces statistiques n’ont pas manqué, sitôt publiées, de susciter des réactions mitigées sur Facebook notamment. En cause, un sentiment persistant d’insécurité qui fait douter de l’efficacité des mesures prises depuis le mouvement social du début d’année.
Et pourtant.
Chute impressionnante des vols, des cambriolages et agressions physiques. Baisse des agressions envers les forces de l’ordre. Un seul caillassage de bus ces derniers mois, là où ils étaient presque quotidiens en janvier. Ces baisses sont à la hauteur des moyens déployés sur le territoire. Un escadron de gendarmes mobiles en plus, une cinquantaine de policiers pour la Compagnie départementale d’intervention (CDI), deux nouvelles brigades de gendarmerie… “Les dispositifs prévus dans le plan pour Mayotte ont été mis en œuvre. Le renforcement des effectifs est une réalité” souligne Dominique Sorain.

Que tous ces moyens se traduisent par un résultat positif est la moindre des choses.
Ceci étant, les chiffres annoncés hier ne sont pas pour la préfecture un satisfecit. “Il y a toujours trop de délinquance” note le préfet pour qui “il faut tenir dans la durée pour continuer à avoir les mêmes résultats”.
Il est en cela rejoint par le procureur Camille Miansoni. “Ce que l’on voit de façon claire, complète ce dernier, ce sont des tendances fortes qui marquent les résultats des efforts entrepris par tout le monde, la police, la gendarmerie et l’ensemble des acteurs qui œuvrent à la sécurité. C’est une photographie d’une tendance, mais pas un point d’arrivée”.

Les gilets jaunes reconnus 

Un groupe de “gilets jaunes” à Kawéni

Ceux qui œuvrent à la sécurité, ce sont les policiers, gendarmes, magistrats affectés au territoire, certes. Mais ce sont aussi les centaines de “gilets jaunes” qui, bénévolement, assurent une présence visible dans les quartiers. En plus de la vidéo-surveillance, ils sont un acteur clé de la baisse de la délinquance très importante (26,5%) constatée à Mamoudzou. Ces collectifs citoyens ” ont évidemment contribué à la diminution de la délinquance” note la préfecture. “Une mobilisation de la population a forcément un effet dissuasif, confirme le procureur. C’est perceptible, on le voit notamment à la permanence pénale, cette présence réduit de façon sensible la délinquance.”
La préfecture rappelle toutefois que ces associations n’ont “pas vocation à se substituer aux forces de sécurité” et ne remplacent pas “les services d’enquête”.

Si les efforts vont se poursuivre dans  tous les domaines ayant trait à la sécurité, mais aussi aux questions migratoires, il est un domaine dans lequel la gendarmerie est décidée à mettre le paquet. “Les contrôles routiers vont être augmentés avec une grande fermeté” annonce le préfet, commandant de la gendarmerie de Mayotte. Depuis le début de l’année, sur 1017 infractions relevées sur les routes, 116 concernaient des défauts de permis de conduire, souvent accompagné d’un défaut d’assurance, et 39 conduites en état alcoolique ont été relevées. “Il y a une crainte sur les accidents de la route, analyse le préfet, car il y a de plus en plus de voitures, nous avons les ingrédients pour une augmentation de l’accidentologie. Vu l’état des routes, le comportement de certains peut avoir des conséquences.”
Un autre domaine encore sensible concerne les zones touristiques, encore touchées par des agressions de randonneurs. “On a encore des agressions de touristes en zone gendarmerie sur les sites touristiques”, déplore le Colonel Leclercq, commandant de la gendarmerie de Mayotte. Celles-ci sont toutefois moins nombreuses depuis l’interpellation d’une bande organisée qui sévissait dans le sud. “On a eu l’agression d’une famille de cinq personnes sur le Choungui le 23 octobre, mais c’était la première fois depuis le 16 août” poursuit l’officier. Des gendarmes sont déployés à titre préventif “tous les week-ends sur des sites ciblés”.
Au delà des chiffres, “l’objectif ultime, conclut le procureur, c’est que la population ressente l’amélioration. Les chiffres sont un outil pour mesurer les choses, mais ce qui compte, c’est ce que vivent les gens. “

L’efficacité des renforts arrivés sur le territoire pourrait motiver l’arrivée d’encore plus de policiers et gendarmes. “Mayotte a encore des besoins en nombre de policiers et gendarmes, constate Dominique Sorain. Je ne suis pas en train de faire une annonce chiffrée, mais il est nécessaire de renforcer. On a accompli le plan 2018, on travaille à 2019.”

Y.D.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here