La Santé communautaire bientôt dans les foyers

Pour la 1ère fois en France, un Diplôme universitaire (DU) d'animateur en Santé Communautaire va être délivré, et c’est à Mayotte. La Santé communautaire, Xavier Montserrat, Directeur général adjoint préfigurateur de l’ARS Mayotte, la définissait en 5 mots : « Comment prévenir avant de guérir ».

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En octobre 2018 Xavier Montserrat donnait les grandes lignes de la nouvelle politique de santé pour Mayotte

Il s’agit d’aider les habitants, les usagers, les citoyens, les professionnels, les élus, les associations ou les institutions à trouver des réponses adaptées aux problèmes de santé reconnus comme prioritaire. Il ne s’agit pas de faire plus avec les moyens du bord, mais bien, comme le disait le secrétaire général adjoint de la préfecture, Dominique Fossat, « d’apporter une pierre complémentaire à l’édifice de la politique de santé ».

Issa Issa Abdou, avait sa casquette de président du conseil de surveillance du CHM : « Il y a nécessité à mettre en place tout ce qui a trait au médical sur un territoire qui compte trois fois moins de médecins qu’à La Réunion. Et il faut impliquer le citoyen. »

Pour y arriver, des animateurs de santé communautaire vont donc être formés, 16 pour cette première promotion, qui animeront un réseau et deviendront les porte-paroles des communes, des opérateurs et de la population mahoraise.

« C’est une histoire d’hommes » déclarait Xavier Montserrat. Intégrant Aurélien Siri tout d’abord, le directeur du CUFR, qui met là en place son 4ème DU, « monté en moins d’un an », avec 120 heures de formation, dont la moitié en formation et la moitié en stage.

Seulement 7 médecins mahorais

Philippe Lefevre et Aurélien Siri, les deux hommes clé de ce nouveau DU

Une première nationale, ça veut dire qu’il faut essuyer les plâtres et sans filets. Mais les risques ont été limités en ayant eu recours à l’Institut Renaudot, spécialiste en matière de santé communautaire, et dont le vice-président, Philippe Lefevre, en a élaboré le contenu pédagogique et organise le suivi des étudiants.

Parmi les 4 grands domaines touchant à la Santé communautaire, c’est la santé nutritionnelle qui a été retenue pour cette année 2018-2019. Ce qui a alerté, c’est la coexistence simultanée dans la même communauté, voire dans les mêmes foyers, de situations de dénutrition chez les enfants et d’obésité chez les mères. Il s’agit donc de faire évoluer les comportements alimentaires de la population mahoraise, en l’impliquant dans un secteur, la santé, « qui semblait jusque là réservé aux experts. »

Mais comme le faisait remarquer Mouhoutar Salim, directeur adjoint de ARS OI à Mayotte, « cette démarche communautaire existe à Mayotte où c’est la collectivité qui prime sur l’individu. Nous avions eu la planification des naissances avec ‘1,2,3… bass’, puis l’espacement des naissances, mais aussi des animatrices sanitaires. C’est une approche à retrouver ». Beaucoup de choses sont à revoir, « depuis que Mayotte est française en 1841, nous n’avons produit que 7 médecins mahorais ! »

Nouveau décret d’attractivité pour les médecins

Deuxième déplacement à Mayotte pour Martine Ladoucette nommée depuis un mois. Ici entre Dominique Fossat et Issa Abdou

L’AFD est un des plus gros financeurs de la formation, à hauteur de prés de 90.000 euros.

Lorsqu’il dit que « c’est une histoire d’Hommes », Xavier Montserrat frappe juste. D’abord parce que Martine Ladoucette, directrice de l’ARS OI, annonçait vouloir s’effacer pour les discours derrière Xavier Montserrat, du jamais vu depuis la création de cette instance. Mais non sans avoir lâché auparavant quelques scoops. En plus de « l’arrivée récentes de nouveaux médecins » sur l’île, « tous les postes d’internes et d’assistants seront pourvus au CHM, et le gouvernement prépare un nouveau décret pour faciliter l’arrivée de nouveaux médecins à Mayotte. » En confirmant que les 4 millions d’euros supplémentaires au Fonds régional d’Intervention seront engagés « d’ici la fin de l’année 2018 ». Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, avait déjà annoncé que dix nouveaux emplois seront recrutés au sein de l’ARS pour Mayotte.

Mayotte a une mémoire en santé communautaire, souligne Mouhoutar Salim

Mais une histoire d’Homme aussi parce que pour une fois, un directeur de l’ARS s’est imprégné du contexte local, « j’ai beaucoup consulté », confieXavier Montserrat. Les usagers, avec madame Rastami, puis les élus, mais aussi Dominique Voynet, à la tête de l’IGAS. D’ailleurs les quatre parlementaires sont présents ou représentés, et beaucoup de maires se sont déplacés au sein de l’amphithéâtre du CUFR, puisqu’ils seront en première ligne de cette organisation de santé.

Pour tous les participants, le DU est le « socle de création d’une nouvelle politique de santé ».

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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