Voitures électriques, bourses étudiantes et port au menu de la dernière séance plénière

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Les enjeux du développement durable commentés par Raïssa Andhum
Les enjeux du développement durable commentés par Raïssa Andhum

Sans grands enjeux lors de cette dernière séance plénière de l’année, c’est sur le mode de gouvernance que les élus ont le plus longuement échangé. L’annonce par le président Soibahadine Ibrahim Ramadani de l’ajout de 8 rapports complémentaires aux 16 étudiés en commissions a mis le feu aux esprits.

En particulier de celui de Chihaboudine Ben Youssouf, conseiller d’opposition de Mamoudzou 2, qui se pensait en « boite d’enregistrement », alors que « certains rapports mériteraient débat en commission », approuvé par son collègue de Kani Keli, Ahamed Attoumani Douchina, et de Bichara Bouhari Payet, conseillère de Dembéni, pourtant dans la majorité. Le ton léger utilisé en réponse par le président ayant déplu à son interlocuteur, l’élu de Mamoudzou 2 lui reprochait d’être « un des présidents les plus sectaires jamais connus, il est impossible d’obtenir un rendez-vous chez vous et encore, je ne parlerai pas de tous les délits de favoritisme qui pourrait relever du pénal ! »

Après une demi-heure de dialogues sur ce ton, la séance plénière a commencé à 9h, pour examiner 24 rapports.

« Je ne vais pas à Paris pour danser ! »

Lecture d'un vœu sur la régularisation foncière et la lutte contre l'illettrisme, par Chihabouddine Youssouf
Lecture d’un vœu sur la régularisation foncière et la lutte contre l’illettrisme, par Chihabouddine Youssouf

Des mandats spéciaux des élus nous apprendrons que le président du Département va se rendre en janvier dans les ministères notamment celui des outre-mer où il rencontrera Annick Girardin « sur des sujets qui auraient du être abordés lors de son passage à Mayotte ». De nouveau pris à parti par le conseiller Chihabouddine sur les comptes rendus de ces voyage, Soibahadine Ramadani soulignait qu’il avait effectué « moins de voyages en 3 ans, que d’autre président en un an », rajoutant « je me rends à l’Elysée, Bercy ou Matignon, et non pas à Madagascar ! Je n’y vais pas pour danser ! »

La commission culture et sport a proposé de doter exceptionnellement le Basket Club de Mtsapéré (BCM) de 18.000 euros pour sa participation au 16ème de Finales de la Coupe de France.

Il n’y a pas été sujet à débat, mais c’est un gros dossier que celui qui implique la transition énergétique de Mayotte. Retenus à l’appel à projet national du précédent gouvernement au titre de « Territoires à Energie positive pour la croissance verte », une convention avait été signée, portant sur l’attribution d’une subvention de 1,3 million d’euros, sur un programme d’actions évalué à 1,9 million d’euros. Les conseillers en demande le versement.

5 véhicules électriques

"Je ne vais pas à Paris pour danser", lançait le président Soibahadine
“Je ne vais pas à Paris pour danser”, lançait le président Soibahadine

La convention comprend l’achat d’un véhicule électrique, puis 5 au total, pour les agents du Département dans le cadre de leurs déplacements professionnels, « ils seront livrés en 2018 », glisse Raïssa Andhum, Chargée de la commission Aménagement, Développement durable, la réalisation de deux sites de production avec système de stockage par batteries, la mise en place de la filière apicole, de l’éclairage public 100% solaire, des études de développement des énergies renouvelables, en particulier l’éolien, et le développement des chauffe-eaux solaires.

Les modalités de mise en place des bourses étudiantes étaient sur la sellette. Les élus mettent en parallèle les 11,3 millions d’euros déboursés aux 3.964 bénéficiaires, et l’échec des étudiants Mahorais, « moins de 20% des étudiants de 1ère année parviennent en deuxième année ». En conséquence, deux pistes sont proposées, « hiérarchiser les filières d’enseignement supérieurs éligibles » en fonction de leur caractère d’excellence et des besoins du territoire. Sont également posées comme conditions, la cohérence des études annoncées et l’implication des parents sur l’orientation des dépenses de leur enfant.

Le conseil économique et social a donné un avis nuancé sur la question, appelant avant tout à chiffrer l’impact financier du nouveau dispositif, et en craignant qu’une partie de la population, « 84% vivent en dessous du seuil de pauvreté », soit lésée.

Un manque à gagner de 6 M€ sur le port

Le débat entre les élus portait sur la condition de 15 années d’antériorité de résidence à Mayotte pour les parents, le rapport appelant de le raccourcir à 10 ans « pour limiter les injustices ». Il a été convenu de conserver les 15 années, en l’absence de certitude sur l’impact budgétaire.

La gestion du port de Longoni s’est invitée au budget du Département pour une modification sur la forme demandée par les avocats de la collectivité, qui aura une répercussion sur le fond : « Nous sommes en contentieux avec Mayotte Channel Gateway sur les redevances annuelles de 6 millions d’euros qui ne nous sont pas réglées car mal rédigées. Il s’agit simplement de les réécrire », expliquait Ben Issa Ousseni, élu Chargé des Finances.

Autre opération annoncée comme une régularisation, la bascule de 4,8 millions d’euros du budget de l’Aide Sociale à l’Enfance vers le budget général, « qui a déboursé les dépenses en attendant que le premier soit créé », nous explique le directeur des Finances.

Enfin, des actions de prévention spécialisées de la délinquance sont mises en place à Dembéni « à la suite d’incivilités », précise Issa Abdou qui en a la charge, notamment pilotée par Apprentis d’Auteuil qui appelait à une participation du Département.

Une séance que le président aurait voulu totalement pacifique à l’approche des fêtes, mais qui est plus que restée dans les limites du raisonnable.

Anne Perzo-Lafond
Lejouurnaldemayotte.com

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