Affluence à l'heure des arrivées d'avion
Les rampes d'eau
Les rampes d’eau installées dans les communes

Le 6 décembre 2016, les médias recevaient un communiqué de la préfecture jugeant « la situation de la ressource en eau préoccupante », avec en corolaire l’annonce de plusieurs scénarios possibles, « y compris les coupures d’eau ».

Et quelques jours plus tard, le 16 décembre, l’incroyable éventualité se concrétisait : plus rien ne coulait des robinets des habitants de 8 communes du sud de l’île. Un système de rotations, « les tours d’eau », se mettait en place, avec au plus fort de la crise qui durait jusqu’au 6 avril, une alimentation un jour sur trois, avec obligation de faire bouillir l’eau. Provoquant la réaction de la société civile qui se constituait en Collectif des Assoiffés du sud, pour protester contre ce traitement inéquitable pour le 101ème département français.

Une situation inédite liée à une forte croissance de la population de l’île, et à un sous-investissement en équipement du Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Mayotte (Sieam). Un plan d’urgence eau était décidé, validé par Ericka Bareigts, son ministère des Outre-mer débloquant 500.000 euros de fonds d’urgence.

Des travaux ont été initiés depuis, notamment une 6ème campagne de forage et l’interconnexion entre les deux retenues collinaire de Dzoumogné et de Combani. Nous terminons cette année 2017 avec, pour la 1ère, un remplissage de 51,12m, soit 21,2%, et la seconde, 126,59m, soit 54,9%.

Fermeture des urgences

Les accès au CHM sont bloqués par des palettes
Les accès au CHM sont bloqués par des palettes en novembre

En parlant de peuplement de l’île, l’INSEE qui fait le buzz en cette fin d’année, avec le résultat du dernier recensement, 256.500 habitants, maintenant notre territoire dans le top 2 des plus densément peuplés derrière l’Ile-de-France. Certaines communes vont perdre en dotation, d’autre en gagner en fonction de leur attractivité.

Moins motivants, des conflits sociaux violents sur le fond, ont ébranlé le tissu social. Ils l’ont été le plus souvent en « mono-syndicat », et du fait de la CGT Ma. Citons celui qui a touché la Colas en milieu d’année, pour une hausse de salaires et l’octroi de primes, avec détérioration de matériel, pour n’obtenir que très peu d’avancées au final. Et à l’heure où les salariés de Mayotte Channel Gateway, gestionnaire du port de Longoni, sont toujours en grève, ceux de Mayco font parler d’eux avec une opération escargot ce mercredi 27 décembre. Le dialogue semble rompu, et la société pourrait se diriger vers une nouvelle configuration de la production.

Conflit social qui aura marqué les esprits durablement celui du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) avait comme particularité d’offrir une base de revendication commune à tous les personnels, mais avec un profond désaccord sur la forme. Les syndicats de salariés préférant la méthode forte avec blocage des soins aux dispensaires et aux urgences,  ce que ne pouvait cautionner la direction. S’en sont suivis des propos radicaux qui devraient marquer durablement les esprits.

Les législatives en suspend

L'hémicycle du Palais du Luxembourg
L’hémicycle du Palais du Luxembourg

Deux autres événements marquant l’année, les élections législatives et sénatoriales. Les premières ont été l’objet d’un coup de théâtre, puisque si Mansour Kamardine retrouve aisément son fauteuil, Elad Chakrina aura été l’élu de quelques heures, se faisant ravir la place au décompte par le docteur Ramlati Ali. Le candidat malheureux a déposé un recours après avoir annoncé de possibles malversations, qui ont abouti à l’arrestation d’un major de la gendarmerie en août.

Les sénatoriales furent un peu moins mouvementées, qui ont permis logiquement à Thani Mohamed Soilihi d’être reconduit pour un 2ème mandat, et à un candidat que l’on attendait pas forcément, Assani Abdallah, ancien maire de Mamoudzou, de siéger au Palais du Luxembourg. Grande première pour Mayotte, un sénateur mahorais accède au perchoir, avec la désignation de Thani Mohamed comme vice-président du Sénat.

Si nous terminons volontairement sur cette note optimiste, beaucoup de vœux de bonne santé restent à formuler pour Mayotte. Surtout sur le plan social, alors que se profile un code du travail de droit commun applicable ce 1er janvier… avec beaucoup d’impréparation des partenaires sociaux.

Très bonne année à tous, et souhaitons nous le meilleur pour 2018 !

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

 

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