Une photo de groupe avant de décoller
Gros travail d’organisation entre les passeports, les autorisations parentales et les médicamentss

Il y en avait de l’émotion ce mardi matin à l’aéroport de Dzaoudzi. Les parents venus accompagner leurs ados étaient partagés entre l’angoisse de les voir partir deux semaines, et la fierté de les voir représenter Mayotte. Les accompagnants, entre la satisfaction de voir se concrétiser des mois de travail et de doute, et le stress lié à toute entreprise de ce genre avec de nombreux mineurs. Les jeunes enfin, particulièrement excités et enthousiastes à l’idée d’aller porter les couleurs de Mayotte à Djibouti. Sauf sur le podium où le drapeau des Jeux sera de mise, diplomatie oblige.
Parmi les accompagnants, le Dr Ludovic Iché, urgentiste, sera le médecin de la délégation. Il a supervisé la distribution à tous les jeunes d’une boîte d’antipaludique « achetées en gros ». Sur place, il explique que le staff médical disposera d’une pièce qui sera un lieu de détente, en plus des soins éventuels.

L’ndispensable antipaludique

Tout autour, c’est le festival des photos avant l’embarquement. identifiables à leurs tee-shirts Mayotte, les jeunes étaient répartis par groupe selon leur discipline. Foot, Handball, pétanque, tennis de table et athlétisme pour le sport, mais aussi hip-hop et assemblée des jeunes pour le volet jeunesse de cette rencontre internationale.
Ces derniers sont au nombre de 4, élus de l’assemblée départementale des jeunes, chargés de débattre de thématiques liées à l’environnement et la jeunesse avec les jeunes de l’Océan Indien.

« On va présenter Mayotte devant les autres délégations, explique Antoisse, 17 ans. Montrer comment ça fonctionne chez nous, notre culture, nos atouts, comme le lagon, la culture très riche grâce à plein de communautés qui vivent ensemble. »

L’assemblée des jeunes représentera Mayotte dans les débats internationaux

« Dans les atouts on a la jeunesse aussi, rebondit sa camarade Moudathirou, 17 ans également. Car on est l’avenir. En partant à Djibouti, on va voir les atouts de chacun, et en revenant on espère pouvoir améliorer les choses ici. » Parmi les inconvénients qu’ils notent de Mayotte, « les jeunes, qui ne se sentent pas assez concernés par l’environnement, on va en parler là bas, complète Laïna, 16 ans. Car comme la jeunesse, l’environnement c’est notre avenir aussi. »

Le départ de cette délégation un peu restreinte (95 personnes avec les accompagnants au lieu d’un maximum autorisé de 165) constitue un soulagement pour les organisateurs. Patrick Bonfils, directeur de la DJSCS, explique. « La délégation maximum devait être de 165, si on faisait toutes les disciplines. Or, on n’a pas des athlètes dans toutes les disciplines, notamment le saut en hauteur. Puis il y a la capacité financière. Nous, Etat, avions fixé la limite à 65 places financées. Il y a deux mois, le Conseil Départemental a rajouté 30 places, on est donc arrivés à 95 personnes, à 2500€ par tête. »
Un budget conséquent lié en partie aux longues tergiversations qui ont eu lieu sur une éventuelle délégation France Océan Indien, qui aurait mélangé des athlètes mahorais et réunionnais, mais qui ne faisait pas l’unanimité.
« Quand on était sur l’idée d’une délégation France Océan-Indien, on devait avoir un vol charter depuis la Réunion, puis Mayotte et enfin Djibouti. Sinon en vol commercial, on avait deux escales, à Dubaï ou à Nairobi. »

Mais avec l’organisation de deux délégations, la Réunion est partie de son côté. En effet, en passant de 65 à 95 personnes à Mayotte, il n’y avait plus d’appareil assez grand pour tout le monde. Les Réunionnais ont donc un vol régulier, et les Mahorais, un appareil rien que pour eux.

 

Une photo de groupe avant de décoller

Il reste aux deux délégations française à donner le meilleur d’elles-même. « Ils sont prêts, sourit Saïd Bacar, alias Gaël, entraîneur de hand-ball pour les garçons. Je les ai entraînés en plein soleil pour les habituer à la chaleur, car il fait très chaud là bas. Maintenant le moral est bon, on vise le podium et les jeunes veulent ramener des médailles d’or. »

Un esprit positif qui ne doit pas faire oublier que les jeux des jeunes, ce n’est « pas la compétition à tout prix, rappelle Patrick Bonfils. L’éthique, c’est des rencontres entre jeunes. Qu’ils échangent entre jeunes de différents pays et qu’ils reviennent avec des images plein les yeux. Notre première ambition, c’est que tout se passe bien et qu’ils prennent du plaisir. »

Les aventures des jeunes à Djibouti peuvent être suivies sur la page Facebook dédiée :

CJSOI Djibouti Mayotte 2018

Y.D.

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