Covid-19 : une étude de taux d’immunité de la population pourrait être menée à Mayotte

Après la vague, le temps est au bilan. Et à l’élargissement de la vaccination. C’était un des objectifs du point presse organisé par Dominique Voynet.

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Dominique Voynet marie dépistage et vaccination

C’était le 1er point Covid depuis la décrue de l’épidémie ce 15 avril. Si on peut se réjouir d’être passé sous la barre des 50 ces derniers jours de taux d’incidence, on note une « petite remontée », signale Dominique Voynet, à 56,7 pour 100.000 habitants, et de taux de positivité qui atteint 4,6%. Par contre, le service de réanimation retrouve un peu d’oxygène et a même pu rapatrier une personne evasanée à La Réunion, portant à 6 le nombre de malades y étant admis.

Le séquençage pratiqué deux fois par semaine lors d’envoi d’échantillons, « modestes car il y a moins de cas », à Paris, débouche sur un taux de 100% de présence de variant sud-africain désormais.

La tendance baissière est à mettre en lien avec « les effets bénéfiques du confinement qui a cassé la courbe des contaminations », pour la directrice générale de l’ARS Mayotte, mais aussi, « beaucoup ont eu le Covid sans le savoir ». Justement, la période de pause est propice aux analyses plus approfondies sur le degré de protection de la population.

« Nous avions calculé avec notre modèle issu du CNRS et de l’institut Pasteur, avec un taux de contamination au Covid de 10% à l’issue de la 2ème vague, et de 20 à 30% ensuite. Mais c’est à la louche, car le virus a sa dynamique propre. Nous nous sommes donc portés candidats pour un programme de recherche de séroprévalence. Plusieurs milliers d’échantillons seront prélevés au sein de la population, pour évaluer leur degré de contamination. Ce serait une première en France, sur un territoire qui s’y prête, plutôt homogène avec une faible mobilité de la population pendant le confinement. Il s’agit d’une étude qui coûte plus d’un million d’euros. »

Un package test-vaccin

Mayotte, un territoire bien doté en terme de vaccins

Une nouvelle stratégie de campagne de vaccination va être mise en place, « nous allons proposer aux personnes venues se faire dépister de pouvoir se faire vacciner en même temps. La difficulté, étant donné que nous allons conserver uniquement le Pfizer/BioNtech, est de vacciner par tranche de 7, au fur et à mesure de la décongélation des flacons.

A Mayotte, environ 80% des primo vaccinés reviennent pour la deuxième dose. Ceux qui ont déjà attrapé le Covid ne sont pas concernés, « mais ceux qui pensent avoir dépassé la date de 2ème injection peuvent venir sans problème, c’est ce qu’on fait pour les vaccination infantile. » Si on sait que 60% de protection est acquise après la 1ère injection, et que désormais le gouvernement préconise 6 semaines entre les deux, pour une couverture de 95% au final, on ne connaît toujours pas la longévité des anticorps, « nous n’avons pas assez de recul. Peut-être qu’il faudra vacciner chaque année, sans omettre la question des immunités croisées avec d’autres variants potentiels. »

Toute les semaines, une zone différente est couverte par l’ouverture de centres fixes de vaccination, doublé par un camion pour davantage de mobilité vers les population précaires. « Nous allons travailler sur des maisons de santé pluridisciplinaires et avec l’hôpital pour accroitre l’offre vaccinale. »

Anne Perzo-Lafond

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