Agression au lycée du Nord : « la solution doit venir de l’éducation »

Le lycéen poignardé jeudi devant le lycée d'Acoua serait toujours dans un état critique selon nos informations. Très peu d'éléments filtrent autour de l'enquête qui commence, et les autorités appellent à la plus grande prudence. Le recteur appelle lui à éviter les amalgames, et à continuer les efforts entrepris. Il annonce aussi des renforts et une cellule psychologique dès la semaine prochaine.

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Le SAMU est joignable au 06 39 40 71 78 et au 06 39 69 90 45

Le malaise est palpable ce vendredi autour de l’agression d’un lycéen originaire de Mtsamboro devant le lycée du Nord à Acoua où il est scolarisé. Le parquet, alors que plusieurs médias annonçaient le décès du jeune garçon, démentait ce matin l’information, appelant à plus de prudence, mais sans souhaiter en divulguer davantage. « Dans l’attente il faut éviter l’emballement » commentait sobrement le procureur Yann Le Bris.

Ce qui est sur, c’est qu’une enquête est en cours, qu’elle est confiée à la section de recherche sous l’autorité du procureur. On sait que la victime est un jeune scolarisé en première au lycée du Nord à Acoua. Le garçon se trouvait entre deux autobus lorsqu’il a été pris à partie par plusieurs jeunes, donc au moins un lui a porté plusieurs coups en différents endroits du corps. La blessure la plus grave étant un coup de ciseau porté au niveau du crâne.

L’enquête doit notamment définir le nombre d’agresseurs, et s’il s’agissait d’un guet apens ou d’une agression improvisée notamment.

En attendant les avancées de l’enquête, il reste le choc. Le recteur Gilles Halbout a passé une partie de la matinée à échanger avec le personnel du lycée et avec des habitants de Mtsamboro, avec l’espoir de « rappeler nos valeurs et principes de vivre-ensemble et apaiser les choses au niveau du village sur les questions de vengeance qu’on entend beaucoup, ce message est bien passé, c’est un lycée où on travaille bien avec les parents ». A Mtsamboro, « la population avait des questions sur ce qu’on fait en matière d’éducation, elle est, on le comprend en colère. Dans le système éducatif il y a beaucoup à faire mais on voit aussi d’où on est partis et on ne va pas s’arrêter là. »

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Gilles Halbout

Pour lui, si les établissements sont souvent mis sous le feu des projecteurs à chaque faits de violence, « ce qui se passe est révélateur d’une violence qui existe par ailleurs, l’éducation n’est pas le problème, mais la solution. »

« Cela fait plus d’une semaine qu’on a pas mal de retours sur des actes de violences près d’une dizaine d’établissements, complète Bruno Dezile, représentant de la CGT Educ’Action. On sent qu’il y a énormément de tension avec toute une série de petits incidents qui font l’objet de peu de remontées. »

Si l’agression n’a pas eu lieu dans l’enceinte du lycée, le rectorat et la préfecture ont décidé des mesures à court terme. « Dès lundi il y aura une cellule psychologique pour les élèves et les enseignants et un renfort de sécurité avec fouille des sacs etc. » annonce le recteur.

« Il y a aussi une demande pour grillager le parking, c’est une option qu’on va étudier » poursuit-il.

Y.D.

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