Le ministre Blanquer avait été interpellé par les syndicats lors de son passage à Mayotte en août dernier

Le ministre de l’Éducation nationale présentait il y a une semaine son projet de « loi pour une école de la confiance » au Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE).

Parmi les axes importants, l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans. En métropole, beaucoup d’enfants le sont déjà, pas à Mayotte où les besoins en infrastructures sont déjà patents pour les primaires. Le ministre avait affiché sa volonté de mettre la mesure en place ici, “même si ça implique un défi en terme de construction scolaire”.

Autre particularité de la réforme, le remplacement des ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) par des INSP (Instituts nationaux supérieurs du professorat), qui seront dirigés par une coprésidence du recteur et du président de l’université.

Elle prévoit aussi que les futurs professeurs pourraient « entrer plus tôt dans la pratique du métier », dès l’année de L2 ou de L3, reprenant le principe des internes en médecine.

Et laisse la place aux expérimentations pédagogiques pour les écoles publiques et privées, qui pourraient porter sur l’organisation de la classe ou de l’école, mais aussi sur la répartition des horaires de cours par matière.

Les syndicats sont aussitôt entrés dans la danse. En dénonçant du côté de la CGT Educ’action l’intention,”sous couvert d’expérimentation”, d'”adapter localement les horaires d’enseignement”. Le syndicat avance la suppression de “2.650 postes dans le 2nd degré à la rentrée 2019, auxquels il faut ajouter la suppression de 400 postes de personnels administratifs”, et demande la suppression de la réforme (Lire com CGT éduc grève 12 nov 18)

POur Mayotte, au regard des annonces, le syndicat demande toujours un “choc d’investissements publics”, avec un plan pluriannuel de constructions scolaires,des créations de poste, un plan de titularisation d’ampleur et des mesures d’attractivité.

Dénonçant “un budget et une politique éducative qui ne répondent pas aux vraies questions posées à l’école aujourd’hui pour s’attaquer aux inégalités scolaires et permettre la démocratisation de la réussite de tous”, le SNUipp FSU dans un communiqué national appelle comme la CGT Educ’action à suivre le mot de grève national du 12 novembre.