À M’Tsangadoua, la journée de vendredi 11 septembre 2026, s’annonce sous tension. Alors que le rectorat a annoncé plusieurs mesures pour répondre aux revendications de certains enseignants, parents d’élèves et syndicats, du lycée de la Cité du Nord, la direction a décidé de relancer les cours. Une décision immédiatement contestée par les organisations mobilisées, qui demandent aux élèves de ne pas se rendre dans l’établissement.
Le proviseur impose la reprise

Le message du proviseur Christophe Benmimoune-Wisniewski est clair : les élèves sont attendus au lycée dès ce vendredi 11 septembre. Dans un courrier adressé aux personnels, aux parents et aux élèves, il explique que le rectorat accepte de maintenir « 23 classes de seconde » et va « abonder la dotation horaire globale d’un nombre d’heures suffisants pour mettre en place des dédoublements pour les travaux pratiques des sciences de la vie et de la terre et des sciences physiques et chimiques, et pour réaliser quelques aménagements pédagogiques ».
La rectrice s’est également engagée, selon lui, « à la mise en place en urgence de salles provisoires ». Le service immobilier « est déjà en train de lancer leur installation ». Les aménagements ne sont toutefois pas encore terminés. Le proviseur précise que les emplois du temps ne pourront être ajustés qu’une fois les salles installées. Il estime néanmoins que cette solution permettra de conserver « globalement le fonctionnement actuel de l’établissement et les emplois du temps avec des aménagements à la marge ». Et annonce la reprise des cours sans délai. « Je vous informe dans ces conditions la reprise des cours dès le vendredi 11 septembre, en invitant donc tous les élèves à retrouver votre lycée et le chemin de l’école ».
Pour les syndicats, cette décision relève d’une « irresponsabilité »

La réponse des organisations mobilisées est immédiate. Sud Éducation, La Voix des Sans-Voix, la CGT Éduc’action et le SNES-FSU, avec les représentants des parents d’élèves et le collectif des grévistes, contestent la reprise annoncée. Ils dénoncent une « tentative de manipulation et de désinformation » et affirment qu’« aucune décision unilatérale ne saurait être prise en dehors de l’Assemblée Générale et du collectif des grévistes ».
Surtout, ils maintiennent le blocage. « Le communiqué de la direction affirme que les conditions sont réunies pour un retour en classe. C’est faux. La réalité sur le terrain est tout autre », écrivent-ils. Leur consigne aux familles est explicite : « Aucun élève ne doit se rendre au Lycée du Nord ce vendredi. Le lycée n’accueille aucun élève pour le moment et l’accès y est impossible en raison du blocage ».
Les organisations mobilisées estiment qu’envoyer les élèves au lycée dans ces conditions serait irresponsable. Elles parlent d’ « une mise en danger manifeste des élèves » et affirment que « demander aux enfants du Nord de prendre les bus et de se rendre au lycée ce vendredi relève de l’irresponsabilité ». À cela s’ajoute le désaccord exprimé par la FSU Mayotte autour de la réunion de la F3SCT (formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail) organisée ce jeudi 10 septembre. Le syndicat conteste notamment les conditions de convocation de l’instance et affirme que « le quorum n’était pas atteint ». Ses représentants ont quitté la réunion. La FSU Mayotte assure néanmoins soutenir « sans ambiguïté la mobilisation des collègues du lycée du Nord ».
Reste à savoir si les portes du lycée demain s’ouvriront ou non.
Mathilde Hangard



