La ministre comorienne en charge des Transports maritime et aérien a annoncé, le 25 août dernier à Moroni, un projet de mise en place d’une ligne maritime entre les îles pour une meilleure connectivité au sein de l’archipel. Le projet en question est soutenu par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 15,5 millions d’euros, soit 7,63 milliards de francs comoriens. La ministre s’exprimait en présence d’André Blanchard, conseiller à l’ambassade de France qui représentait l’ambassadeur, et de plusieurs représentants de l’AFD.
Les fonds mobilisés seront affectés à « l’achat du navire, aux études, aux travaux portuaires et à l’accompagnement du futur exploitant », selon la ministre Yasmine Hassane Alfeine qui évoque d’autres travaux comme « le dragage, l’installation de pontons flottants, la réhabilitation des ouvrages d’accostage et la modernisation des gares maritimes ». Le marché de construction du navire a été attribué au constructeur français ODC Marine. « Unir les îles par la mer ». Tel est l’objectif affiché par le ministère comorien des Transports maritimes et aériens.
120.000 passagers par an entre les îles

« Le bateau sera équipé de deux moteurs de 1.320 chevaux. Avec une vitesse de 17 nœuds, soit environ 31 kilomètres à l’heure, il devrait relier Moroni à Mutsamudu en cinq heures », a-t-on souligné. Le bateau pourra accueillir 272 passagers et transporter six tonnes de marchandises, dont quatre sous température contrôlée, notamment des produits agricoles et de la pêche, selon la ministre qui prévoit un lancement des navettes en août 2027 à l’occasion des Jeux des îles de l’océan Indien prévus aux Comores.
« Nous mettons tout en œuvre pour que le Massiwa soit opérationnel à l’occasion des Jeux des îles de l’océan Indien que notre pays accueillera en 2027 », a déclaré Yasmine Hassane Alfeine pour qui « le projet doit offrir une solution plus sûre face aux traversées informelles et dangereuses, tout en réduisant le coût des déplacements ». La ministre a annoncé une procédure de recrutement de l’entreprise qui aura la charge de l’exploitation du bateau « dans le cadre d’une délégation de service public ».
Une première pour l’AFD
Par ailleurs, Yasmine Hassane Alfeine dit souhaiter « un exploitant expérimenté, avec un ancrage local fort et un personnel majoritairement comorien » et prévoit, à la même période, le lancement d’un appel d’offres pour recruter les entreprises qui seront chargées des travaux de dragage des ports de Mutsamudu et de Moroni. La ministre comorienne en charge des Transports prévoit « 45.000 passagers pendant la première année, puis environ 120.000 voyageurs par an à terme » avec « des prix qui ne doivent pas dépasser 20.000 francs comoriens la navette », soit environ 42 euros. « Ce montant constitue un plafond, le prix définitif devant être proposé par l’entreprise choisie pour exploiter le navire », a souligné Yasmine Hassane Alfeine.
L’Agence française de développement finance un paquet de projets aux Comores dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de développement France-Comores (PDFC) amorcé suite à la signature d’un accord cadre de coopération entre la France et les Comores le 23 juillet 2019 au Palais de l’Elysée. L’enveloppe destinée à ce plan est estimée à 150 millions d’euros mais a bénéficié d’une rallonge pour se situer à plus de « 200 millions d’euros ». Le projet de transport maritime a été annoncé lors de la conférence des partenaires au développement des Comores (CPAD) organisée en décembre 2019 sous le parrainage d’Emmanuel Macron. Mais c’est la première fois que l’AFD dans un projet de transport maritime aux Comores.
A.S.Kemba



