L’archipel a adopté une politique énergétique consistant à réduire jusqu’à 80% sa dépendance aux énergies fossiles d’ici à 2030 pour se conformer à ses engagements internationaux en matière d’environnement mais surtout pour réduire les coûts d’exploitation des énergies thermiques. Des défis sont toutefois posés sur la maintenance des centrales à cause de l’absence de compétences techniques locales.

Comores : trois nouvelles centrales solaires pour renforcer les capacités énergétiques

L’archipel a adopté une politique énergétique consistant à réduire jusqu’à 80% sa dépendance aux énergies fossiles d’ici à 2030 pour se conformer à ses engagements internationaux en matière d’environnement mais surtout pour réduire les coûts d’exploitation des énergies thermiques. Des défis sont toutefois posés sur la maintenance des centrales à cause de l’absence de compétences techniques locales.

Les Comores ont inauguré, le week-end dernier, trois nouvelles centrales solaires d’une capacité cumulée de 20 mégawatts et de systèmes de stockage estimé à 18,42 MWh. La cérémonie officielle d’inauguration a eu lieu à Anjouan en présence du président comorien, Azali Assoumani, et une délégation spéciale des Emirats arabes unis, principal et unique bailleur du projet estimé à 50 millions de dollars.

Le président Azali donne le coup d’envoi de la mise en service des nouvelles centrales solaires ici à Anjouan.

À Anjouan, la centrale a été inaugurée à côté de l’aéroport de Wani. Elle cumule une capacité de 4,05 MW, dont environ 2 MW injectés dans le réseau, avec 4,1 MWh de stockage. La production mensuelle annoncée est de 216 MWh. À Mwali, la centrale dispose d’une puissance totale de 3,10 MW, dont environ 2 MW injectés dans le réseau, pour une production mensuelle de 234 MWh. À Ngazidja, la centrale affiche une puissance installée de 12,86 MW dont environ 6 MW à injecter dans le réseau. Sa capacité de stockage est de 12,22 MWh et sa production mensuelle est estimée à 972 MWh.

 

Le renforcement des capacités de production

L’archipel s’est doté d’une stratégie nationale énergétique, adoptée en 2018, fondée sur la réduction des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. Le président Azali Assoumani s’est félicité de la concrétisation de cet objectif, appelant à poursuivre les travaux du mix énergétique dans les îles et le renforcement des moyens de production. « Nous avons décidé d’agir pour maîtriser progressivement notre énergie », a affirmé le dirigeant comorien avant de souligner que la centrale de Wani traduit la volonté du pays de « transiter vers les énergies renouvelables et de réduire notre dépendance ».

La centrale solaire de Mwali.

Le ministre comorien de l’Énergie a annoncé un plan national d’appui et d’accompagnement des centrales, appelant à « un transfert de compétences et de savoir-faire au profit des ingénieurs comoriens ».

L’ambassadeur des Emirats arabes Unis aux Comores, a renouvelé l’engagement de son pays à accompagner l’archipel à réussir ses politiques de développement. « L’État des Émirats croit que le vrai développement se fait par des actions concrètes qui touchent vraiment la population », a-t-il déclaré, précisant que « les centrales doivent répondre aux besoins de quelque 17.000 familles tout en contribuant à réduire les émissions liées à l’utilisation de combustibles fossiles ».

Un taux d’électrification de 85%

Lors de l’inauguration de la centrale solaire de Mwali.

Le défi posé ici est l’entretien des nouvelles centrales. L’archipel ne disposant pas de compétences techniques en la matière. Le ministre comorien de l’Énergie a annoncé un plan national d’appui et d’accompagnement des centrales. « Notre prochain défi est donc de moderniser et fiabiliser nos réseaux de transport et de distribution, réduire les pertes techniques et commerciales et renforcer la performance de la Sonelec », a-t-il déclaré.

Selon les techniciens comoriens, les nouvelles centrales permettront de réduire considérablement la consommation en gazole, soit 401.000 litres par mois dont 274.000 litres à Ngazidja, 61.000 à Ndzuani et 66.000 à Mwali. Les trois infrastructures devraient également aider à améliorer la fourniture en électricité. Si le taux d’électrification est estimé à 85% dans l’archipel selon la Banque mondiale, l’approvisionnement régulier en électricité demeure problématique malgré une stabilité relative ces six derniers mois. Au total, l’archipel dispose de cinq centrales photovoltaïques dont trois à la Grande Comore. Deux nouvelles centrales sont prévues à l’Est d’Anjouan et au centre de la Grande Comore.

A.S.Kemba

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