L’archipel a célébré, samedi 29 août à Ikoni, l’inscription des six médinas des sultanats historiques par l’Unesco au cours d’une grande cérémonie publique à laquelle avaient assisté le président Azali Assoumani, son gouvernement, des membres du corps diplomatique, de notables, de femmes et de nombreux jeunes. Le président comorien a reçu, à cette occasion, le document officiel de reconnaissance de l’inscription des six médinas comoriennes sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, des mains la directrice régionale de l’institution, basée à Nairobi au Kenya.
Le travail d’entretien et de préservation des médinas
Azali Assoumani a, encore une fois, exprimé sa fierté après cette inscription, se félicitant de l’inscription de l’archipel sur la liste d’or de l’Unesco. « Les Comores rejoignent enfin le cercle des nations dont l’histoire est reconnue comme un bien commun de l’humanité : une première dans l’histoire de notre jeune Nation », a déclaré le dirigeant comorien qui ajoute que « ces six villes ne sont pas des ruines mais des lieux où la vie quotidienne se déroule dans les mêmes mosquées, les mêmes bangwe – pangahari, les mêmes cimetières familiaux et princiers ».

Le président comorien a longuement insisté sur le travail d’entretien et de préservation des médinas et les retombées qu’elles doivent apporter à l’économie nationale. « Maintenant que le monde nous regarde avec reconnaissance et respect, notre responsabilité est aussi, de faire de ce patrimoine un moteur pour notre économie et pour notre jeunesse. Chacune de nos six médinas doit ainsi devenir un pôle d’attractivité, et d’activités, qui valorise les guides, les artisans, les restaurateurs, les unités d’hébergement et les acteurs locaux », a-t-il souligné.
La directrice régionale de l’Unesco pour l’Afrique, Haythausen Louise Ann, a, elle aussi, évoqué le défi de la préservation des monuments et sites historiques comoriens, promettant l’accompagnement de l’agence onusienne en termes de formations, d’appui technique, scientifique et financière pour permettre aux monuments de garder leur authenticité historique.
Le ministre comorien en charge de la Culture a rappelé l’historique de la demande d’inscription des médinas comoriennes et l’appui technique, scientifique et financier obtenu par l’archipel pendant plus de 20 ans. « Tout commence en l’an 2000, lorsque les Comores ratifient la Convention du patrimoine mondial. L’idée d’identifier des sites susceptibles d’être un jour reconnus comme patrimoine de l’Unesco existe, mais elle reste fragile, portée par presque personne », a-t-il indiqué, rappelant « des décennies de travail scientifique conduit au Cndrs par l’anthropologue Damir Ben Ali, qui fut le premier président de l’Université des Comores, et qui avait patiemment rassemblé, bien avant que quiconque ne parle d’inscription à l’Unesco, la mémoire orale et l’histoire administrative de nos sultanats ».
Six médinas : quatre à la Grande Comore et deux à Anjouan

Le processus d’inscription des médinas a été soutenu par de nombreuses instituions, notamment la fondation Aliph, l’Institut national du Patrimoine en France, l’École de Chaillot ou les Compagnons du Devoir. Le Sultanat d’Oman, l’Arabie Saoudite et la France ont grandement contribué à la dynamique engagée par l’archipel. Le conseiller de coopération, à l’ambassade de France à Moroni, Samuel Pasquier, représentant l’ambassadeur à la cérémonie, a souligné « la fierté de la France » d’avoir été au cœur du processus d’inscription des médinas au patrimoine mondial de l’Unesco.
« La France est heureuse et fière d’y avoir activement contribué, grâce à l’engagement d’institutions universitaires et de recherches, grâce à l’engagement d’experts et de passionnés, et enfin grâce à l’engagement de son ambassade et du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, dont le soutien financier ces dernières années a été déterminant pour permettre la rédaction du dossier que vous avez personnellement porté, M. le Président, et déposé au siège de l’Unesco à Paris, aux côtés d’Audrey Azoulay en février 2025 », a-t-il déclaré.
Les médinas des sultanats historiques, reconnues le 25 juillet dernier à Busan en Corée du Sud lors de la 48eme session du Comité mondial du patrimoine, sont au nombre de six dont quatre à la Grande Comore (Moroni, Ikoni, Ntsoudjini, Itsandra) et deux à Anjouan (Mutsamudu et Domoni). Leur inscription officielle sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco est prévue le 1er janvier 2027.
A.S.Kemba


