Santé publique France craint une reprise de la transmission autochtone après plusieurs années de circulation limitée.

Paludisme : Un nombre de cas inédit à Mayotte depuis plus de 15 ans !

Santé publique France craint une reprise de la transmission autochtone après plusieurs années de circulation limitée.

Dans son dernier bulletin de surveillance épidémiologique publié ce lundi 7 septembre, Santé publique France fait état de 343 cas de paludisme enregistrés depuis le début de l’année à Mayotte, dont 8 nouveaux cas déclarés la dernière semaine d’août.

Selon Santé publique France sur les 8 nouveaux cas, 7 ont été importés et 1 est en cours d’investigation. Les 8 cas rapportés sont localisés dans quatre communes, dont quatre cas dans la commune de Mamoudzou, un dans chacune des communes d’Acoua, Chiconi, Bandrélé et Bandraboua. Depuis le début de l’année, 76 cas de paludisme ont été acquis localement et 238 ont été importés, majoritairement en provenance des Comores.

Une circulation persistante du paludisme dans l’océan Indien, notamment aux Comores

Distribution annuelle du nombre de cas de paludisme importé et acquis localement, taux de déclaration et taux d’incidence des cas autochtones, Mayotte, 01/01/2006 au 31/08/2026, (source : laboratoire de biologie médicale du CHM et ARS Mayotte) (données non consolidées).

Avec 343 cas de paludisme déclarés c’est le nombre de cas le plus élevé jamais enregistré à Mayotte depuis 2010. Cette année 2026 se caractérise donc par une situation inhabituelle du paludisme, avec une augmentation marquée du nombre de cas déclarés par rapport aux années précédentes.

« Après une diminution importante de l’incidence du paludisme à partir de 2011, tant pour les cas importés que pour les cas acquis localement, la transmission était restée à un niveau très faible pendant près de quinze ans », souligne Santé publique France.

Pour rappel, dès 2011, moins de dix cas acquis localement étaient rapportés chaque année et, entre juillet 2020 et février 2025, aucun cas acquis localement n’avait été enregistré sur le territoire. À partir de 2024, le nombre de cas importés a toutefois fortement augmenté. Entre juillet et août 2025, cinq cas acquis localement ont été identifiés, les premiers depuis plus de quatre ans.

« En 2026, cette tendance s’est accentuée, avec une incidence des cas acquis localement multipliée par dix par rapport à 2025, passant de 0,02 à 0,22 pour 1 000 habitants ».

Origine géographique des cas de paludisme importés à Mayotte de la S01 à la S35-2026 (n = 238). (Source : SpF)

D’après Santé publique France, cette résurgence s’inscrit dans un contexte régional marqué par une circulation persistante du paludisme dans l’océan Indien, notamment aux Comores, qui constituent la principale source des cas importés à Mayotte. Toutefois, l’augmentation observée en 2026 ne s’explique pas uniquement par les importations.

« La proportion élevée de cas acquis localement fait craindre une reprise de la transmission autochtone après plusieurs années de circulation limitée. Cette évolution souligne la vulnérabilité persistante de Mayotte au risque de réintroduction et de réinstallation de la transmission du paludisme, malgré son entrée officielle dans la phase d’élimination de la maladie en 2014, conformément à la stratégie de l’OMS ».

Une majorité de cas acquis localement recensés dans le sud de l’île

Répartition géographique du nombre de cas acquis localement par commune de S01 à S35-2026 (n = 76) (données non consolidées). (Source : SpF)

La répartition géographique des cas acquis localement apparaît hétérogène sur l’ensemble du territoire, avec une concentration plus marquée dans le sud de l’ile. En effet, les 76 cas acquis localement recensés depuis le début de l’année sont principalement concentrés dans les communes à risque où la présence du vecteur compétent est documentée. Parmi ces communes, on note Dembéni (28 cas ; 36,8 %), Bandrélé (20 cas ; 26,3 %) et Chirongui (22 cas ; 28,9 %). Ces trois communes concentrent à elles seules 70 cas, soit 92,1 % de l’ensemble des cas acquis localement. Les six cas restants ont été rapportés dans les communes de Kani- Kéli et Bandraboua (deux cas chacune), Mamoudzou (un cas) et M’Tsangamouji (un cas).

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