Les mangroves de Mayotte sont soumises à une forte pression : mise en culture des bassins versants, urbanisation, remblaiements. Les arrière-mangroves sont aujourd’hui classées « en danger critique » sur la liste rouge des écosystèmes de l’UICN. Les cyclones Chido et Dikeledi ont encore fragilisé ces milieux, déjà largement transformés au fil des décennies.
C’est dans ce contexte que le Conservatoire du littoral, propriétaire de ces espaces, s’appuie sur des gestionnaires locaux (collectivités, associations, …) pour assurer au quotidien la préservation, la surveillance et la valorisation de ces sites, selon le modèle de gouvernance partagée déjà déployé sur l’ensemble du territoire national.
La mangrove de Dzoumogné-Longoni : un site protégé de près de 200 hectares

La baie de Dzoumogné-Longoni est un site protégé par le Conservatoire du littoral qui s’étend sur environ 193 hectares. Elle constitue la seconde mangrove de Mayotte par la taille et abrite les sept espèces de palétuviers présentes sur l’île.
En outre, la baie accueille 21 espèces d’oiseaux, notamment des échassiers comme le Héron crabier blanc ou la Grande Aigrette, qui viennent y chasser poissons et crustacés mais l’arrière-mangrove, elle, a pratiquement disparu : ne subsistent que quelques zones humides relictuelles entre Dzoumogné et Bouyouni, sous l’effet de la mise en culture du bassin versant.
La convention de gestion de la mangrove de Dzoumogné-Longoni, conclue pour une durée de six ans entre le Conservatoire du littoral, la CAGNM et la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE), constitue un cadre opérationnel pour assurer la préservation et, lorsque cela est nécessaire, la restauration de ce site majeur du Grand Nord.
Les îlots de Choizil : un ensemble naturel au nord de Mayotte

Les îlots Choizil font partie du grand ensemble naturel des « Pointes et îlots du Nord », qui regroupe la pointe la plus septentrionale de Mayotte (la pointe Mkadijou) ainsi que les îlots Choizil, M’Tsamboro, Handréma etM’Tsongoma. Situés à environ 4,5 kilomètres au nord de la côte de Grande-Terre, en deçà de l’îlot M’Tsamboro, le plus grand du lagon avec ses quelque 200 hectares, ils constituent un site prisé des plaisanciers pour la qualité de ses récifs coralliens. Ces espaces représentent un enjeu majeur pour la conservation de la biodiversité mahoraise et constituent des sites privilégiés pour suivre l’évolution des écosystèmes et la qualité du milieu aquatique.
La convention de gestion des îlots Choizil, conclue pour une durée de six ans entre le conservatoire du littoral et la CAGNM, marque le lancement d’un projet pilote ambitieux au service de la biodiversité marine du Grand Nord. La première étape du projet consiste en la réalisation d’une étude de faisabilité et de définition d’un programme de restauration. L’ambition est de faire des îlots Choizil un site pilote de gestion intégrée du littoral mahorais, conciliant préservation de la biodiversité, amélioration des connaissances et maintien d’usages durables.

Pour Roukia KASSIDI, Présidente de la Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte, « les mangroves, les îlots, les forêts et l’ensemble de nos espaces naturels remarquables participent pleinement à l’équilibre de notre territoire. Ils abritent une biodiversité exceptionnelle, contribuent à la protection de nos côtes et jouent un rôle essentiel dans la régulation des eaux et dans la qualité de notre cadre de vie. Face à ces enjeux, la Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte a fait de la préservation et de la valorisation de son patrimoine naturel une priorité de son action. La protection de l’environnement ne peut en effet reposer sur l’intervention d’un seul acteur. Elle nécessite la mobilisation des collectivités, des organismes spécialisés, des associations et de l’ensemble des forces vives du territoire (…) Ces conventions constituent bien plus qu’un cadre administratif. Elles marquent une volonté commune de mieux connaître nos milieux naturels pour mieux les protéger, de coordonner nos actions et de construire, dans la durée, une véritable stratégie de gestion partagée ».



