Avant même de poser un pied à Mayotte, la ministre des Outre-mer nous annonce l’octroi de 430 millions d’euros pour 2026. Soumis aux adoptions des deux projets de lois de finances nationaux, mais aussi aux risques de sous-consommation et de sous-contrôle en local.

Chido – Triple condition de consommation des millions du gouvernement

Avant même de poser un pied à Mayotte, la ministre des Outre-mer nous annonce l’octroi de 430 millions d’euros pour 2026. Soumis aux adoptions des deux projets de lois de finances nationaux, mais aussi aux risques de sous-consommation et de sous-contrôle en local.

A quelques jours du 1er anniversaire de la plus grande catastrophe ayant touché Mayotte, les communiqués pleuvent dans les rédactions sur l’état des reconstructions des différents domaines, bâtiments publics, forêts, logements, etc. Une surenchère de bilans, dont on espère qu’elle perdurera à J+1 après le 14 décembre 2025.

En face, les engagements du gouvernement sont affichés au beau fixe. Parmi elle, les retours d’expérience (RETEX) sur lesquels reviendra le JDM, et des centaines de millions d’euros annoncés par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.

Lors de sa question au gouvernement, la députée LIOT Estelle Youssouffa l’interrogeait sur l’état des lieux de la ligne budgétaire pour Mayotte, « quid de notre reconstruction s’il n’y a pas de budget ? », en soulignant les bâches toujours présentes sur les toits de nombreux logement et bâtiments publics. Or, rappelons que la saison des pluies ne fait que commencer, avec des vents violentes attendus sur les mois de décembre à mars. Tout devient urgent.

Tout en convenant que « la situation reste très difficile », Naïma Moutchou livre une annonce à deux vitesses. Celle qu’elle va réitérer lors de son déplacement ce week-end à Mayotte : 674 millions d’euros d’engagements, dont 434 millions d’euros en crédits de paiement. En clair, le gouvernement ne pourra payer qu’un maximum de 434 millions d’euros maximum sur l’année 2026. Quand on sait que sur l’ensemble des Outre-mer, moins de la moitié des crédits sont utilisés (48% par exemple en 2023, selon un rapport du Sénat), et que Mayotte est la moins bonne consommatrice de la bande, il n’y a pas de quoi sauter au plafond. Dans ce domaine, un effort énorme est à fournir de la part des élus, on a vu que les communes à la gestion saine savent utiliser les fonds. Les bonnes pratiques doivent se généraliser si on ne veut pas voir repartir cette manne, comme ce fut trop souvent le cas, et le secteur de l’eau potable a été un exemple de ce qu’il ne faut pas reproduire.

Pour ne pas être dé-PITÉ

Des établissements scolaires toujours bâchés un an après le cyclone

Pour assurer une meilleure utilisation des fonds, la ministre annonce que 80% de la somme sera mobilisable grâce au Programme d’Intervention territorial de l’Etat (PITE), confié au préfet.

Pour 2027, la MOM annonce 473 millions d’euros en engagement, et 530 millions en crédits de paiement, sans doute une erreur, l’inverse parait plus plausible.

Les projets ne manquent pas, tant dans la construction de l’île, que dans sa réparation post-cyclone. Si la ministre annonce mettre en place dès ce vendredi un comité de suivi – un de plus – le « Ra hachiri » doit être général, car pour un bon « suivi », il faut avoir accès aux chiffres, ce qui n’est pas toujours le cas, martèle le sénateur Omar Oili à chaque communiqué.

Tout ne reste que virtuel, rappelle Naïma Moutchou comme l’a fait avant elle la députée mahoraise, la concrétisation n’arrivera qu’avec l’adoption définitive des Projets de loi de financement de la sécurité sociale (au Sénat ce vendredi 12 décembre 2025) et de Finances 2026.

Anne Perzo-Lafond

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