Quand Christian Traoré parle formation, les personnes autour comprennent vite que ce n’est pas seulement un métier : c’est un fil rouge, presque une évidence. Fondateur et PDG de CT Consulting & Formation depuis 2017, l’homme âgé de 51 ans, dirige aujourd’hui un cabinet d’une vingtaine de consultants, déployé entre l’Hexagone, une partie de l’Afrique ainsi que les territoires ultramarins. Une entreprise qu’il a bâtie en puisant dans son parcours de cadre supérieur au ministère des Armées, puis de cadre dirigeant dans des entreprises publiques. Une «double expertise», comme il l’a résumé, qui fait aujourd’hui sa force.
Un parcours façonné par la transmission et la responsabilité

S’il a choisi de créer son cabinet, c’est d’abord parce qu’il a toujours eu « l’âme d’entrepreneur ». Mais l’entrepreneuriat, selon lui, nécessite de la valeur ajoutée. Il a donc construit la sienne au fil des années : management d’équipes pluridisciplinaires, finances, préparation aux concours, accompagnement des entreprises et tant d’autres. Une palette large, qu’il met au service des acteurs publics et privés. Et quelque part, rien d’étonnant à cela : « J’ai presque toujours baigné dans l’univers de la transmission », a-t-il expliqué, évoquant un père proviseur et une mère directrice d’école. Christian Traoré s’est également confié sur la perte de son père à un âge précoce, ce qui l’a placé très tôt dans le rôle de chef de famille. « À 15 ans, j’ai dû prendre des responsabilités qui m’ont suivi toute ma vie. Ça a forgé ma capacité à prendre des décisions et à diriger », Ce rôle a façonné son approche du leadership et de la responsabilité, des qualités qu’il met aujourd’hui au service de ses missions.
Son parcours est à son image : dense et structuré, né à Bamako au Mali, il y a grandi jusqu’à ses 18 ans avant de rejoindre Toulouse pour des études en économie et en droit, puis un Diplôme d’études approfondies de droit public (DEA) et une formation à l’Institut régional d’administration (IRA). Le PDG n’a «jamais vraiment arrêté les études», puisque cette année encore, il a décroché encore un certificat en gouvernance, climat et transformation durable à l’Université Dauphine.
Un accompagnement sur mesure

Avec son cabinet, il propose des programmes adaptés aux besoins des chefs d’entreprise, en combinant théorie et pratique pour un apprentissage directement applicable sur le terrain. Avant chaque session, le groupe établit un cahier des charges pour identifier les besoins réels du bénéficiaires. Cette technique permet des formations adaptées à la réalité quotidienne des entreprises et aux enjeux locales. Et pour offrir cet accompagnement, Christian Traoré a fait de la formation continue un axe central de son cabinet. En misant sur sur la veille constante des évolutions sectorielles, afin de proposer des formations toujours pertinentes et actualisées, grâce à des abonnements à des sites qui diffusent de l’information sur l’actualité du domaine d’intervention. « La directrice du développement de la qualité et de l’innovation de ma société était inscrite pour suivre une formation sur le sujet de l’IA. Il faut être à la quête de l’actualité sur l’environnement de manière générale et sur son domaine d’expertise », a partagé le fondateur du cabinet. En plus de l’appliquer, c’est l’un des conseil les plus importants qu’il donne aux chefs d’entreprise.
Concrètement, les formations qu’il dispense sont pensées pour que les participants maîtrisent leur environnement professionnel. Par exemple, dans un module sur l’approche commerciale des marchés publics, il explique aux chefs d’entreprise le jargon spécifique et les procédures propres à la sphère publique. « Si je veux faire du business avec un partenaire, il faut que je puisse parler son langage. Avec la sphère publique, c’est exactement la même chose. Comprendre cet environnement permet de mieux jouer et d’optimiser ses chances, car c’est quand même une compétition », nous a-t-il précisé.
Mayotte, un engagement concret

Si CT Consulting & Formation est présent partout, Christian Traoré concentre une partie essentielle de son énergie à Mayotte, où il revient toutes les huit semaines pour trois semaines à chaque fois. Avant le cyclone Chido, il multipliait missions, formations et diagnostics, tissant un lien étroit avec le territoire. Le jour du cyclone, il était dans son local à Pamandzi lorsque le toit s’est effondré, mais malgré les recommandations de ses proches, son attachement à Mayotte l’a poussé à rester et à continuer son engagement sur l’île. « Je leur ai dit mais vous n’avez rien compris je viens ici parce que j’aime le territoire. ». Habitué à intervenir après des catastrophes naturelles, comme à Saint-Martin en 2017, il mise sur la “proximité” : être sur place, partager les contraintes locales et participer concrètement au développement du territoire. Ses interventions récentes illustrent aussi de son amour pour Mayotte, il a notamment prévu un événement gratuit à la Technopole de Dembéni et qui réunira des acteurs du territoire pour partager sur la thématique des achats durables. Ce rythme qu’il soutient depuis vingt ans, avec des trajets qui peuvent enchaîner la Martinique, Paris, La Guyane, La Réunion ou Mayotte sans pause, il l’assume : « Quand on est passionné, on ne compte pas son temps ».
Avant de conclure, Christian Traoré adresse un message aux jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat : « Dans la plupart des réussites, il y a plus de courage que de talent. Il faut oser, il faut se lancer ».
Shanyce MATHIAS ALI.



