Au total, plus de 1,3 million d’euros de travaux vont être engagés pour une trentaine de bénéficiaires. Portés avec l’appui de Soliha Mayotte, de la SPL976 et des services du Département, ces chantiers doivent permettre d’améliorer des logements occupés par des personnes âgées, en situation de handicap ou encore des familles rencontrant des difficultés financières.
Le Fonds d’Aide Sociale pour l’Adaptation et l’Amélioration du Logement (FASAAL) permet aux propriétaires occupants de financer des travaux pour rendre leur logement plus salubre et plus confortable. Le dispositif prend en charge des travaux de rénovation, de réhabilitation, d’adaptation du logement, ainsi que la création d’espaces sanitaires ou encore l’installation de compteurs, selon l’éligibilité.
Des aides sous conditions
Pour Madi Moussa Velou, 7e vice-président du Département en charge du social, cette signature va permettre d’accélérer les travaux, notamment après les dégâts provoqués par Chido. Les montants accordés dépendent des revenus des ménages. Pour cette série de dossiers, les aides attribuées vont de 8.000 à 30.000 euros. Elles peuvent également être cumulées avec les financements de la Direction de l’environnement, de l’aménagement, du logement et de la mer (DEALM).

Il rappelle toutefois que ces aides répondent à un objectif précis : permettre aux personnes accompagnées de rester dans un logement adapté. L’élu explique avoir déjà effectué des contrôles afin de vérifier que les bénéficiaires occupaient toujours les logements concernés. « Je m’amuse à un an, deux ans après avoir fait ces travaux, à me rendre dans certains quartiers, dans certains villages sans m’annoncer pour vérifier si la personne âgée est toujours dans la maison », raconte-t-il. Selon lui, certaines visites ont révélé que les personnes aidées n’étaient plus présentes dans leur logement. « Sur une dizaine de visites, j’ai constaté des situations où les personnes âgées n’y sont plus », déplore-t-il.
Pourtant, la convention impose au bénéficiaire de rester dans le logement pendant au moins dix ans. Dans le cas contraire, il devra rembourser les aides perçues pour les travaux. « Il faut laisser les personnes fragiles et dans le besoin dans ces logements et non les prendre pour des manzaraka ou autre ».
Un accompagnement jusqu’aux travaux
Une fois la convention signée, les travaux peuvent être préparés. Inssu Chebani, technicien à la SPL976, explique que son rôle commence par les diagnostics techniques permettant de présenter les dossiers en commission. « Je récupère les dossiers, et prends contact avec les familles. On choisit les entreprises, une fois que c’est fait, c’est là où on peut commencer », détaille-t-il. Selon lui, lorsque toutes les conditions sont réunies, les travaux peuvent avancer rapidement et aboutir en quelques mois. « En une année on délivre plusieurs chantiers. Depuis 2021, je crois qu’on a accompagné environ 500 familles ».

Du côté de Soliha Mayotte, l’accompagnement se poursuit également après la validation du dossier. Hachim Said, chargé de projet et d’opération habitat durable, liste les différentes étapes avant le début des travaux. « Une fois les arrêtés sortis et les conventions signées, on lance un appel d’offres avec les entreprises, qui se rendent ensuite dans les logements pour établir leurs devis avant le début des travaux », explique-t-il.
Au-delà de l’accompagnement, l’objectif est désormais de mieux faire connaître le dispositif auprès des habitants. Dix dossiers ont été présentés lors de cette cérémonie, mais pour Mariata Durozel, directrice de Soliha, il faut encore renforcer l’information auprès des familles qui hésitent à faire les démarches, notamment dans des secteurs comme Petite-Terre.
« On a quelques dossiers sur Petite-Terre, mais on souhaite aller chercher davantage de familles. La communication est importante, notamment avec les personnes déjà accompagnées, qui peuvent aussi parler autour d’elles », souligne-t-elle.
Des bénéficiaires qui reprennent confiance
Parmi les bénéficiaires, Anrafa Daroussi, habitante de Mamoudzou, ne s’attendait pas à signer une convention aujourd’hui. « On m’a juste dit de venir. Arrivée sur place, on m’a dit que j’allais signer une convention, c’est une surprise ! », raconte-t-elle.

Son logement actuel n’est plus adapté à sa situation. Avec des escaliers et des pentes difficiles à franchir, son quotidien est devenu compliqué, notamment après une chute récente qui a entraîné une fracture de sa prothèse à la hanche. Après deux ans de démarches, elle espère désormais pouvoir intégrer un logement mieux adapté. « J’ai hâte d’être chez moi », confie-t-elle, avec un grand sourire aux lèvres.
Sa nièce, Zabidat Idaroussi, reconnaît qu’elle ne croyait pas vraiment au début à l’aboutissement du dossier. « Les démarches prennent énormément de temps, qu’on oublie parfois qu’on a commencé une démarche », explique-t-elle. En voyant sa tante signer la convention, elle dit avoir changé d’avis.
Au-delà du FASAAL, le Département rappelle également l’existence d’autres aides d’accompagnement. Le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) permet notamment d’aider les ménages rencontrant des difficultés pour accéder à un logement ou s’y maintenir. L’Aide à la Pierre accompagne quant à elle les familles souhaitant accéder à la propriété.
Pour déposer une demande ou obtenir des informations, les habitants peuvent se rapprocher des Unités Territoriale D’action Sociale (UTAS) présentes à Petite-Terre, Mamoudzou, dans le Nord, le Centre et le Sud de Mayotte.
Shanyce MATHIAS ALI.


