La tension était à son comble ce lundi 6 juillet en milieu de matinée devant la préfecture de Mayotte à Mamoudzou. Deux altercations distinctes ont éclaté dans un contexte de blocage récurrent du service des demandes de séjour. Un homme impliqué dans l’un des incidents a quitté les lieux avec les forces de l’ordre afin de déposer plainte.
Un contexte de blocage récurrent du service des demandes de séjour
La veille, dimanche 5 juillet, une usagère alertait sur une situation administrative dégradée, évoquant des difficultés d’accès aux rendez-vous, des appels restés sans réponse et des mails sans retour. Elle déclarait que plusieurs personnes se trouvaient en attente de rendez-vous pour des demandes de visa long séjour et appelait à une amélioration de l’accès au service.
« Aucun rendez-vous possible, injoignable au téléphone et personne ne répond aux mails. Nous sommes plusieurs en attente de rendez-vous pour une demande de visa long séjour. Nous sommes en droit d’être reçus et de pouvoir déposer honnêtement notre dossier. C’est un service public, pourquoi est-ce bloqué ? », indiquait-elle à la presse.
Dans ce même contexte, un homme avait annoncé sa présence devant la préfecture, le lendemain, soit le lundi 6 juillet, fin de dénoncer ces difficultés et d’interpeller sur la situation du service public.
Deux altercations successives devant la préfecture
Selon plusieurs témoins, lundi matin, une première altercation a opposé une femme leader à une passante venue dénoncer le blocage de la préfecture et le comportement des manifestantes. Les deux femmes ont failli en venir aux mains avant d’être séparées par des personnes présentes sur place.
Une seconde altercation est ensuite survenue entre les femmes leaders et l’homme présent sur les lieux. Les manifestantes l’accusent de les filmer depuis plusieurs jours sans leur consentement et de diffuser des vidéos sur TikTok.
« Ici, c’est chez nous, c’est la préfecture de Mayotte »
De son côté, l’homme affirme être présent pour dénoncer les difficultés d’accès à la préfecture et indique avoir été pris à partie lors de la réalisation de vidéos. Les femmes leaders lui auraient demandé à plusieurs reprises de ne pas les filmer.
À l’issue de l’incident, l’homme a quitté les lieux avec les forces de l’ordre afin de déposer plainte. Il présentait des égratignures au niveau des coudes, qu’il attribue à un frottement contre un mur lors de l’altercation. Une des femmes leaders s’est également blessée à un doigt. Au cours des tensions, plusieurs femmes leaders ont scandé : « Ici, c’est chez nous, c’est la préfecture de Mayotte ». Les circonstances précises de ces deux incidents devront être établies.
Mathilde Hangard et Shanyce Mathias Ali


