La fête nationale malgache est prévue ce vendredi 26 juin, comme chaque année, au stade mythique de Barea Mahamasina à Antananarivo en présence de chefs d’Etat dont celui de l’archipel des Comores, Azali Assoumani, arrivé hier dans la capitale malgache. Il a été accueilli à l’aéroport par le Premier ministre, Rajaonarison Mamitiana. On apprend également la possible présence du président du Kenya, William Ruto, et du président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema ainsi que de nombreux invités d’institutions internationales.
Le traditionnel défilé militaire mobilise plus de 3.000 officiers

Les festivités marquant la fête ont déjà été organisées un peu partout dans le pays : carnavals, podiums, concours, compétitions sportives. Le traditionnel défilé militaire mobilisera plus de trois mille officiers de l’armée malgache. Le haut conseiller de la réforme, le Colonel Rampanarivo Thierry et le Premier ministre, le président du Parlement, suivi des ministres et députés et de nombreux participants ont donné le coup d’envoi d’une « Course à l’indépendance » organisée mardi dernier à Antsonjombe. Mais l’évènement le plus emblématique de la fête reste le traditionnel défilé militaire.
« Le comité d’organisation a choisi des activités reflétant la solidarité, la cohésion, le patriotisme et l’unité nationale, comme les actions d’éducation civique, les actions sociales, la kermesse de l’armée et le village culturel, les tournois sportifs, les démonstrations dynamiques des Forces de défense et de sécurité, les concerts et les podiums », a souligné, le général Maminirina Ely Razafitombo, ministre des Forces armées, dans une interview accordée à l’Express de Madagascar dans son édition spéciale consacrée à la 66eme édition de la fête de l’indépendance.
« La célébration se veut à la fois patriotique et mobilisatrice, dont l’apogée devrait être le défilé militaire de ce vendredi 26 juin, au stade Barea, Mahamasina. La ferveur nationale est activement encouragée, avec une insistance marquée sur les notions de souveraineté, de fierté nationale et d’unité autour du projet de Refondation », ajoute le média malgache dans un article intitulé « Fête nationale : Le 26 juin sous le sceau de la Refondation ».
Des réformes lentes face aux nombreux défis de la Grande Ile

Le président de la Refondation de la République de Madagascar a participé à diverses festivités organisées en prélude à la fête dont un jeu amical avec quatre disciplines au menu : football, basketball, ceinture et fléchettes. Des équipes d’entreprises privées et d’entreprises gouvernementales ont été constituées pour jouer les compétitions. « La raison de participer à ce jeu amical est de renforcer l’unité entre le Gouvernement et l’Université », a déclaré le président de la réforme lors de son passage à l’université d’Ankatsou, considérée comme la grande référence à Madagascar en matière d’enseignement et de recherche. « L’Université d’Antananarivo est une université avec sa propre identité, non seulement à Madagascar mais aussi sur le continent africain », a ajouté, Randrianirina Michaël.
Cette 66eme fête de l’indépendance est placée sous le signe du « patriotisme », selon la presse de la Grande Ile. Et sur ce point, le président de la Refondation de la République de Madagascar, Michael Randrianirina, a promis « un moment de communion populaire et de rupture avec les vieilles pratiques », à l’occasion d’une cérémonie de remise d’uniformes aux militaires. Le président malgache a mis en garde les velléités de déstabilisation de son pays, estimant que le temps n’est pas à l’instabilité mais à la refondation de Madagascar, considéré comme l’un de pays les plus pauvres du continent.
Porté au pouvoir par les militaires après les deux révoltes populaires de septembre et d’octobre 2025, le président de la Refondation, Randrianirina Michaël, a engagé des vastes concertations nationales en vue d’apporter des réponses à la population malgache qui fait face à de sérieux défis : pauvreté, chômage, instabilité politique et institutionnelle. Si le dirigeant malgache a su réactiver les leviers de l’espérance en engageant des chantiers importants dans de nombreux secteurs, y compris sur le plan socioéconomique, institutionnel et diplomatique, des critiques émergent toutefois sur le rythme des réformes et le traitement accordé aux anciens caciques du régime de l’ancien président déchu, Andry Rajoelina, dont certains sont, soit en prison, soit poussés à l’exil forcé.
A.S.Kemba


