L’AFL, la banque des collectivités locales, publie la 7ᵉ édition de son Baromètre de la santé financière des collectivités. L’étude met en lumière des situations globalement plus fragiles en Outre-mer qu’en métropole, liées notamment à des contraintes structurelles persistantes.

Santé financière des collectivités d’Outre-mer : des trajectoires fragiles et contrastées

L’AFL, la banque des collectivités locales, publie la 7ᵉ édition de son Baromètre de la santé financière des collectivités. L’étude met en lumière des situations globalement plus fragiles en Outre-mer qu’en métropole, liées notamment à des contraintes structurelles persistantes.

L’écart de notation avec les communes de l’Hexagone se réduit en 2025 (0,74 points vs 0,88 en 2024), traduisant une amélioration relative de la situation financière des communes ultramarines en 2025

Les trajectoires restent cependant très contrastées en fonction des territoires, selon l’AFL. En effet, on constate des niveaux d’épargne plus faibles (par exemple 4,8 % en Guyane ou 8,5 % en Martinique) ; des besoins d’investissement élevés, notamment liés au rattrapage en matière d’équipements et à l’adaptation des territoires aux enjeux climatiques ; ou encore des conditions d’accès au financement plus contraintes.

Outre-mer : une situation qui varie fortement selon les territoires

Les collectivités ultramarines évoluent dans un environnement marqué par des fragilités structurelles persistantes, liées à des contraintes économiques, sociales, démographiques et géographiques spécifiques.

Ces dernières années, plusieurs événements majeurs sont venus accentuer les tensions pesant sur les finances locales : épisodes climatiques d’une intensité exceptionnelle dans plusieurs territoires, comme Chido par exemple et la crise durable de l’accès à l’eau à Mayotte. S’ajoutent à cela des tensions économiques affectant certaines filières structurantes ou encore une augmentation des besoins sociaux et d’équipements publics.

Dans ce contexte, les besoins d’investissement demeurent considérables, qu’il s’agisse de résorber le retard d’équipement, de réhabiliter des infrastructures vieillissantes ou d’adapter les territoires aux conséquences du changement climatique. « Les capacités d’autofinancement des collectivités ultramarines restent souvent plus contraintes que dans l’Hexagone et l’accès au crédit peut également y être plus restreint », souligne l’AFL

La Guadeloupe devient le territoire d’Outre-mer le mieux noté à l’échelon communal. « Un rebond du taux d’épargne brute au niveau de 2023 (11,6%) et un endettement qui reste faible permet aux communes de Guadeloupe d’afficher les ratios les plus favorables comparativement à leurs homologues ultramarines. Les recettes réelles de fonctionnement (RRF) sont bien plus dynamiques (+4,4%) que les dépenses réelles de fonctionnement (DRF) : +1,4%, portées notamment par un octroi de mer en hausse de 3,1%. En parallèle, le stock de dette, déjà faible, décroît de 2,3% », constate la banque des collectivités locales.

Les communes mahoraises et guyanaises sont relativement stables sur l’exercice après une année 2024 en dégradation. « Pour ces communes, le niveau d’endettement est faible (respectivement 55% et 18%) mais le niveau d’épargne dégagé l’est également (9,5% et 3,8%). Ces territoires, bien que résilients sur l’exercice (en particulier considérant le contexte mahorais), restent fragiles compte tenu du peu de marge dégagée en section de fonctionnement ».

Toujours selon l’AFL, les communes de Martinique et de La Réunion, quant à elles, voient leurs ratios légèrement se dégrader, avec un profil budgétaire relativement similaire.

Les EPCI d’Outre-mer ont tendance à se dégrader légèrement

Les groupements de communes à fiscalité propre (GFP) ultramarins, dans leur ensemble, voient leur notation moyenne se dégrader à hauteur de +0,73.

« Ce constat est toutefois à nuancer puisque cette notation moyenne reste légèrement plus favorable qu’à la fin du dernier mandat (3,31 en 2025 vs 3,34 en 2019). Ces évolutions s’expliquent par le fait que les recettes de fonctionnement (RF), en forte dynamique sur les deux exercices précédents, sont cette année atones (+0,4%), tandis que les DRF continuent de croître (+3,6%). Dans ces conditions, le montant total d’épargne brute baisse de 20,6% et le stock de dette croît légèrement (+1,2%). Cette légère hausse de l’endettement s’explique également par un niveau d’investissement élevé, marqué par une augmentation de 15% des dépenses d’équipement sur l’exercice. Les ratios de solvabilité se dégradent ainsi mécaniquement, et s’établissent à un niveau proche de la fin du mandat précédent. L’évolution défavorable de la notation s’observe sur l’ensemble des territoires ultramarins, mis à part en Martinique », note l’étude de l’AFL.

Pour Yann Doyen, Directeur des Engagements de l’AFL, « cette 7ème édition du Baromètre met moins en évidence un retour à la normale qu’une capacité de résistance sous contrainte. Les collectivités continuent d’investir massivement et d’assumer un rôle central dans l’économie territoriale, mais dans un cadre marqué par l’incertitude et une dépendance accrue à l’endettement. Le véritable enjeu n’est plus seulement le niveau d’investissement, mais sa soutenabilité dans la durée, appelant plus que jamais à une lecture nuancée et prudente des équilibres financiers locaux ».

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