L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte a publié, ce mardi 23 juin 2026, les résultats de la surveillance sanitaire des eaux de baignade pour la saison 2026, établis à partir des analyses réalisées entre octobre 2024 et septembre 2025.
Sur les trente-deux sites contrôlés sur le territoire, la majorité respecte les normes européennes, mais cinq restent classés en qualité insuffisante, traduisant des dépassements des seuils bactériologiques réglementaires. Ces analyses reposent sur la recherche d’indicateurs de contamination d’origine fécale, utilisés comme référence pour évaluer les risques sanitaires liés à la baignade.
402 analyses bactériologiques réalisées pour les 32 plages

La surveillance des eaux de baignade est encadrée par la réglementation européenne et mise en œuvre localement par l’ARS de Mayotte, en lien avec les communes du territoire. Elle repose sur des prélèvements réguliers destinés à mesurer la présence d’indicateurs de contamination fécale et à évaluer la qualité sanitaire des sites ouverts au public.
Pour la saison 2026, fondée sur la campagne de contrôle menée entre octobre 2024 et septembre 2025, trente-deux sites ont été suivis dans l’ensemble du département. Au total, 402 analyses bactériologiques ont été réalisées.
Malgré une interruption temporaire du suivi entre décembre 2024 et mars 2025 en raison du passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, l’ARS indique avoir « assuré le suivi de 32 sites de baignade, avec la réalisation de prélèvements réguliers sur l’ensemble du territoire ».
Trévani Hôtel, Koungou Collège, Sohoa Bé, Mtsanga Beach et Bouéni village classés « rouge »

Les résultats montrent que 85 % des sites sont conformes aux exigences européennes. Dans le détail, huit sites sont classés en qualité excellente, quatorze en bonne qualité, cinq en qualité suffisante et cinq en qualité insuffisante.
Les sites classés en rouge pour la saison 2026 sont Trévani Hôtel, Koungou Collège, Sohoa Bé, Mtsanga Beach et Bouéni village. L’ARS rappelle que ces classements peuvent évoluer et que des mesures de gestion peuvent être prises en cas de non-conformité répétée. « En cas de classement insuffisant répété, des mesures de gestion peuvent être mises en œuvre afin de protéger la population, pouvant aller jusqu’à l’interdiction de la baignade », indique-t-elle.
Une stabilité globale, mais des évolutions locales contrastées

À titre de comparaison, la situation apparaît globalement stable par rapport à la saison précédente. Pour la saison 2025 (basée sur les données de 2024), six sites étaient classés en qualité insuffisante.
Les sites concernés étaient similaires, mais avec une nuance notable : le site de Mgombani, situé au nord de Trévani, figurait alors en catégorie « insuffisante » et passe cette année en qualité « suffisante ». À l’inverse, Mtsanga Beach connaît une dégradation, passant de la catégorie « suffisante » à « insuffisante ».
Cette évolution illustre des variations locales de la qualité des eaux, influencées par les conditions environnementales et les épisodes de pollution ponctuels.
Des pollutions multiples

Par ailleurs, l’ARS souligne que les dégradations de la qualité de l’eau surviennent fréquemment après de fortes pluies. Les précipitations entraînent vers le lagon des pollutions issues des ravines, des réseaux d’eaux pluviales ou encore de rejets d’eaux usées.
Ces épisodes peuvent provoquer des dépassements temporaires des seuils sanitaires et justifier des recommandations de fermeture préventive des sites concernés. Dans ce contexte, l’agence recommande d’éviter la baignade dans les 72 heures suivant un épisode pluvieux important.
Au-delà du suivi annuel, l’ARS insiste sur la nécessité de renforcer durablement la qualité des eaux de baignade sur le département car les causes de dégradation sont multiples : insuffisance de traitement des eaux usées, rejets accidentels, surcharge des infrastructures ou encore pollution diffuse liée aux conditions météorologiques.
L’autorité sanitaire rappelle que l’amélioration de la situation repose sur une mobilisation collective des acteurs du territoire, notamment en matière d’assainissement et de gestion des eaux pluviales. Elle met également à disposition du public une carte de la qualité des eaux, les classements des sites et les recommandations sanitaires, accessibles en ligne et affichés en mairie et à proximité des plages concernées.
Mathilde Hangard


