Le proviseur avait appelé à la reprise des cours vendredi 11 septembre, et des dizaines d’élèves ont ainsi fait le déplacement. Mais devant les grilles, rien n’a changé. Le lycée de la Cité du Nord est resté fermé et la mobilisation s’est poursuivie.

Au lycée de la Cité du Nord l’appel à la reprise n’a rien changé, le blocage se poursuit

Le proviseur avait appelé à la reprise des cours vendredi 11 septembre, et des dizaines d’élèves ont ainsi fait le déplacement. Mais devant les grilles, rien n’a changé. Le lycée de la Cité du Nord est resté fermé et la mobilisation s’est poursuivie.

Deux semaines sans cours et une mobilisation qui se poursuit. Alors que la direction du lycée de la Cité du Nord avait appelé à une reprise des cours vendredi 11 septembre, l’établissement est finalement resté fermé, toujours bloqué par les personnels mobilisés et des parents d’élèves. Plusieurs autocars remplis d’élèves se sont présentés devant les grilles avant de repartir. Sur les réseaux sociaux, des lycéens, notamment ceux qui préparent le baccalauréat, commenceraient par ailleurs à faire part de leur inquiétude face à un retard d’enseignement qui se prolonge.

Les portes du lycée restent fermées

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La reprise des cours exigée par le proviseur de l’établissement n’a finalement pas eu lieu vendredi. Mathilde Hangard / JDM

Vendredi matin, plusieurs autocars sont arrivés devant le lycée de la Cité du Nord avec des élèves à leur bord. Mais devant les grilles, le constat était rapidement fait. L’établissement restait inaccessible. Les élèves ont finalement fini par quitter les lieux, certains en bus, d’autres en taxi ou en voiture, en faisant du covoiturage.

La veille, le proviseur Christophe Benmimoune-Wisniewski avait annoncé la reprise des cours, estimant que les conditions étaient désormais réunies pour accueillir les élèves. Pour appuyer cette décision, il avait notamment évoqué le maintien de vingt-trois classes de seconde, l’attribution d’heures supplémentaires pour les dédoublements et la mise en place prochaine de salles provisoires. Ces aménagements n’étant pas encore installés, les emplois du temps auraient pu toutefois encore être ajustés, d’après la direction de l’établissement.

« On va subir le jour du bac » 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs messages circulent au sujet du blocage des établissements scolaires. La plupart sont anonymes et leur origine ne peut être établie. Si certains présentent une formulation particulièrement construite, d’autres, plus spontanés, semblent émaner de lycéens. En l’état, il est toutefois impossible de déterminer qui se trouve réellement derrière ces publications ou si elles s’inscrivent dans une démarche organisée.

Parmi les messages qui pourraient être attribués à des lycéens, certains expriment la crainte de prendre du retard dans la préparation du baccalauréat. « Ça y est, au bout d’un moment, on passe le bac », écrit ainsi l’un d’eux sur Snapchat en invitant à relayer la publication. « Ça fait déjà deux semaines, on n’étudie pas alors qu’en France ils avancent », poursuit-il, avant de demander. « Comment on va faire quand, sur nos copies du bac, y aura des trucs qu’on n’a jamais vus ? »

Ces inquiétudes ne remettent toutefois pas en cause les motifs avancés par les parents et les personnels mobilisés. Ce même lycéen dit au contraire comprendre leur colère. « J’accepte totalement le fait qu’ils soient en colère », écrit-il encore, en évoquant notamment des problèmes liés à « la sécurité, la cantine, le réseau ». Mais après deux semaines sans cours, l’inquiétude semblerait le gagner. « Pendant que les parents grèvent, j’vous dis, c’est nous qui allons subir le jour du bac », peut-on ainsi lire. Le même élève envisagerait d’ailleurs de se mobiliser. « C’est à notre tour d’y aller si ça continue ».

Une publication, comme celle-ci, ne permet, cependant pas, à elle seule, de mesurer l’ampleur d’une éventuelle mobilisation de grande ampleur parmi les lycéens. Un enseignant présent devant l’établissement scolaire vendredi, notamment à l’arrivée des élèves, affirme pour sa part n’avoir vu aucun lycéen se mobiliser devant le lycée pour contester le blocage ou réclamer la reprise des cours.

Les revendications restent sur la table

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Une pancarte liste certaines revendications du collectif. Mathilde Hangard / JDM

Dans leur réponse au courrier de la rectrice du 7 septembre, les parents d’élèves et le collectif des personnels avaient posé leurs conditions pour une sortie de crise. Parmi leurs principales demandes sont réitérées la mise en place de cinq préfabriqués « entièrement fonctionnels et prêts à l’emploi » dès le 25 octobre 2026, puis onze modulaires supplémentaires pour la rentrée 2027-2028, afin de répondre au déficit de 16 salles de classe qu’ils dénoncent.

Ils réclament également un retour à des classes de 25 élèves maximum, accompagné des moyens horaires et des créations de postes nécessaires. La vie scolaire fait aussi partie de leurs priorités, avec la possibilité pour les assistants d’éducation (AED) actuellement à 50 % de passer à 80 % ou 100 % s’ils le souhaitent, ainsi que la création de postes supplémentaires pérennes.

Le collectif demande par ailleurs la mise aux normes acoustiques et de sécurité des anciennes salles, la remise en fonctionnement du plateau logistique des bacs professionnels dès le 25 octobre et davantage de personnels qualifiés pour encadrer les activités nautiques. Pour la sécurité aux abords du lycée, il réclame six agents supplémentaires, portant leur nombre à dix. Parmi les sujets régulièrement remis sur la table figure la cantine. Les parents et personnels souhaitent que sa construction démarre dès cette année scolaire, avec « la pose de la première pierre et le démarrage effectif » du chantier en 2026-2027.

Samedi 12 septembre, le collectif a confirmé sa volonté de poursuivre le mouvement tout en maintenant cette demande de dialogue. Selon leur communiqué, une proposition de délégation émanant du rectorat devrait être étudiée lundi 14 septembre, lors d’une assemblée générale réunissant les professeurs, les assistants d’éducation et les parents d’élèves.

Une rencontre avec le rectorat pourrait donc se dessiner dans les prochains jours, mais rien n’est encore arrêté à ce stade. Pour l’heure, le mouvement se poursuit. « Nous sommes toujours sans réponse satisfaisante de la part du Rectorat », écrivent encore les organisations. « Nous maintenons notre mouvement jusqu’à nouvel ordre », peut-on lire en conclusion. Le bras de fer entre le rectorat et une partie de la communauté éducative n’est donc pas terminé. 

Mathilde Hangard

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