Quelques jours après le déplacement à Mayotte du Premier ministre Sébastien Lecornu et de six membres du Gouvernement, la contestation prend une ampleur nationale. Dans deux communiqués, la CGT Éduc’action Mayotte et l'intersyndicale ultramarine du SNEP-FSU (La Réunion, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Polynésie) fustigent d'une même voix le mépris du dialogue social.

Visite ministérielle à Mayotte : La colère syndicale s’étend aux Outre-mer face aux « promesses recyclées » et à la répression

Quelques jours après le déplacement à Mayotte du Premier ministre Sébastien Lecornu et de six membres du Gouvernement, la contestation prend une ampleur nationale. Dans deux communiqués, la CGT Éduc’action Mayotte et l'intersyndicale ultramarine du SNEP-FSU (La Réunion, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Polynésie) fustigent d'une même voix le mépris du dialogue social.

Les tensions survenues place de la République en marge du déplacement ministériel ont provoqué une onde de choc bien au-delà du lagon mahorais. Dans un communiqué commun, l’ensemble des sections ultramarines du SNEP-FSU expriment leur « solidarité indéfectible envers leurs camarades de Mayotte, victimes d’une répression brutale et intolérable ». Les représentants syndicaux s’insurgent contre l’évacuation manu militari des manifestants par les forces de gendarmerie, qualifiant cet acte d’« affront direct à la liberté d’expression et au droit syndical ». Pour le syndicat enseignant, « traîner des militants au sol parce qu’ils portent la voix des travailleurs et dénoncent la dégradation du service public est une méthode indigne. L’action syndicale n’est pas un délit ; elle est un droit constitutionnel ».

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Les forces de l’ordre repoussent les manifestants à coups de poussées, mercredi 26 août à Mamoudzou. Mathilde Hangard / JDM.

Cette indignation fait écho au constat de la CGT Éduc’action Mayotte, qui dénonce une « intervention disproportionnée des forces de l’ordre ». Face à cette situation, l’audience prévue à la préfecture  jeudi 27 août avait rapidement tourné court : refusant de négocier avec de simples émissaires, les représentants de l’intersyndicale avaient exigé d’être reçus par les ministres en personne avant de quitter la table. Les organisations ont déploré également qu’aucun échange n’ait finalement eu lieu avec la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, ou avec le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, pour aborder « l’effondrement de notre système éducatif local ».

« Vieilles promesses de papier »

Sur le volet éducatif, la CGT Éduc’action rejette catégoriquement les mesures présentées par le ministre de l’Éducation nationale. Les créations annoncées de 738 salles de classe, de milliers de places en collège et lycée, de postes de personnels médico-sociaux ou encore l’interdiction des téléphones portables sont perçues par le syndicat comme « de l’ignorance ou de l’hypocrisie pure. Recycler d’anciennes mesures non financées ou inachevées ne suffira pas à masquer la réalité : nos conditions d’accueil et d’enseignement restent indignes de la République », assène le syndicat mahorais, rappelant que ces projets figuraient déjà dans les cartons ministériels depuis plusieurs années. Au-delà de la question de l’indexation des salaires, l’organisation réclame des mesures d’urgence face à la précarité structurelle de l’académie, notamment l’application immédiate de l’Ircantec* pour les personnels contractuels.

CGT Educ'action, Mayotte
Pour la CGT Educ’action les engagements pris par le ministre de l’Éducation nationale relèvent de « l’ignorance » ou d’une « profonde hypocrisie ».

Pour le SNEP-FSU Outre-mer, cette gestion traduit un « mépris institutionnel » partagé par l’ensemble des territoires ultramarins, où l’exécutif répondrait aux demandes d’équité réelle par « la force et le musellement ». Les syndicats exigent la garantie inaliénable du droit de manifester, le respect absolu de la dignité syndicale et l’ouverture d’un dialogue authentique sur les urgences locales. Déterminée à défendre les personnels les plus précaires (AEd, AESH, contractuels) auprès du rectorat, la CGT Éduc’action Mayotte appelle l’ensemble de la communauté éducative à se mobiliser massivement pour la journée de grève nationale prévue le mardi 29 septembre 2026.

*Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques

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