En déplacement dans le 101e département vendredi 21 et samedi 22 août pour sa rentrée politique, le candidat Horizons à la présidentielle de 2027 a proposé de suspendre les demandes d’asile et le regroupement familial, tout en annonçant la création d’un « centre de retour » en Afrique de l’Est pour les personnes déboutées.

Édouard Philippe veut reprendre la main sur l’immigration à Mayotte

En déplacement dans le 101e département vendredi 21 et samedi 22 août pour sa rentrée politique, le candidat Horizons à la présidentielle de 2027 a proposé de suspendre les demandes d’asile et le regroupement familial, tout en annonçant la création d’un « centre de retour » en Afrique de l’Est pour les personnes déboutées.

C’est par le centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi qu’Édouard Philippe a démarré sa visite à Mayotte. Un choix qui lui a permis de placer d’emblée la question migratoire au cœur de son déplacement. Le candidat à l’élection présidentielle de 2027 veut faire de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités, qu’il présente comme un passage obligatoire à la reconstruction du département.

« Fermer les vannes de l’immigration »

C’est par le centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi qu’Édouard Philippe a démarré sa visite à Mayotte.

La mesure la plus marquante proposée, est la création d’un centre de retour situé hors des frontières françaises, en Afrique de l’Est. L’idée est de construire cet établissement dans un pays de la région identifié comme un point de départ des traversées.

« Je n’ai pas encore commencé des discussions avec les représentants légitimes de la Tanzanie et deux autres pays de la région, mais je suis convaincu que la France doit prévoir la construction d’un de ces centres », a-t-il expliqué.

Concrètement, ce centre servirait à accueillir les personnes dont la demande d’asile a été rejetée à Mayotte, en attendant leur rapatriement. Cette mesure s’inscrit dans un plan plus global, Édouard Philippe veut geler, pendant cinq ans, les demandes d’asile et le regroupement familial sur l’île, ainsi que toutes les procédures qui permettent aux étrangers d’arriver légalement sur le territoire.

« Si nous voulons véritablement consacrer des moyens efficaces à la reconstruction de Mayotte après le cyclone Chido, nous devons, et c’est un préalable, fermer les vannes de l’immigration », a affirmé le candidat à la présidentielle.

Pour rappel, selon les données de l’Insee, Mayotte compte 323.153 habitants et près de la moitié de la population est de nationalité étrangère, très souvent en situation irrégulière. Les chiffres de l’Ofpra mettent également en lumière une évolution importante dans le profil des demandeurs d’asile. En 2025, sur les 1.593 demandes déposées à Mayotte, les ressortissants de la République démocratique du Congo représentaient 50 % des dossiers, contre 13 % pour les Comoriens.

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Selon les données de l’Insee, Mayotte compte 323.153 habitants et près de la moitié de la population est de nationalité étrangère, très souvent en situation irrégulière.

Sur le droit du sol, Édouard Philippe souhaite donc aller plus loin que la réforme qu’il avait déjà portée à Matignon en 2018, car la situation exige un cadre encore plus strict : « Une loi peut venir suspendre les éléments et c’es probablement plus facile de les suspendre que de les interrompre définitivement  […], dans le respect de la hiérarchie des normes et de l’état de droit ».

Le candidat Horizons a également rencontré les agents de la Police aux frontières (PAF), de l’unité nautique et du Groupe d’appui opérationnel (GAO) au Centre de rétention administrative de Pamandzi. Sur un territoire où 23.421 éloignements ont été réalisés en 2025, il réclame davantage de moyens sur le terrain estimant qu’ils sont encore insuffisants. L’ancien Premier ministre propose ainsi d’augmenter la présence militaire et navale en mer grâce à la prochaine actualisation de la loi de programmation militaire.

La fermeté pour les Comores

Pour Édouard Philippe, la question migratoire à Mayotte passe aussi par un durcissement des relations avec les Comores, dont l’île d’Anjouan qui se trouve à environ 70 kilomètres de nos côtes. Il défend une ligne « extrêmement ferme » face au gouvernement comorien, qui continue de revendiquer sa souveraineté sur l’île de Mayotte pourtant devenue département français de plein droit en 2011.

Pour Edouard Philippe « Il est totalement inacceptable qu’un État étranger revendique sa souveraineté sur un territoire national ». Léo Vignal / JDM

« Il est totalement inacceptable qu’un État étranger revendique sa souveraineté sur un territoire national », a-t-il insisté, précisant que « nous n’avons aucune espèce de volonté belliqueuse à l’égard des Comores ». Car pour lui, la question de la souveraineté française sur Mayotte ne peut pas être remise en cause.  « Mayotte c’est la France ! Chaque fois que Mayotte a eu à s’exprimer sur son attachement à la République française, Mayotte a parlé, Mayotte a voté et s’est exprimée clairement et ultra majoritairement ».

Il assume donc totalement le choix de placer l’immigration au premier plan de sa rentrée politique. Interrogé sur une éventuelle volonté de venir concurrencer le Rassemblement national sur ce terrain, il assure qu’il ne s’agit pas de participer à un « match » politique. « Je mets au défi quiconque de venir à Mayotte et de ne pas parler d’immigration ».

La reconstruction, le second grand chantier

Si la question migratoire a occupé le devant de la scène, la reconstruction de Mayotte était le second pilier de la visite. L’île fait face à d’immenses difficultés au quotidien, aggravées par le passage du cyclone Chido sur les écoles, la santé, l’accès à l’eau et les infrastructures.

Pour le candidat d’Horizons, la maîtrise des frontières est la condition obligatoire pour réussir le chantier de la reconstruction. (Illustration) photographie/DR.

Pour le candidat d’Horizons, la maîtrise des frontières est la condition obligatoire pour réussir ce chantier. Selon lui, les équipements publics étant aujourd’hui complètement saturés, l’État ne pourra réinvestir efficacement dans ces services essentiels qu’une fois la pression migratoire réduite.

« Lorsque nous aurons tari la source d’une immigration massive et incontrôlée, alors nous pourrons consacrer des moyens indispensables à la reconstruction efficace des hôpitaux, d’écoles dont les besoins sont considérables, ainsi que la production et la distribution d’eau potable », a-t-il déclaré. Pas question pour autant de multiplier les promesses : « Je ne suis pas là pour promettre la réalisation de 50 ouvrages ».

La suite de son déplacement, vendredi, s’est poursuivie avec les élus et les acteurs locaux. Édouard Philippe a rencontré les maires, les élus du Conseil départemental pour parler de la reconstruction et du développement de Mayotte.

Shanyce MATHIAS ALI.

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