« La refondation, la reconstruction, l’immigration, et le problème de nos collectivités ». Ben Issa Ousseni, président de l’Assemblée de Mayotte, résume ainsi les principaux sujets abordés lors de la rencontre avec Édouard Philippe.

Autour de la table, des conseillers départementaux, la députée LIOT de Mayotte Estelle Youssouffa, et plusieurs maires de l’île ont échangé avec le candidat à la présidentielle de 2027. « La seule ambition que j’ai, c’est de comprendre », assure l’ancien Premier ministre. Mais au fil des échanges, l’immigration s’impose comme le principal sujet de discussion.
Pour Édouard Philippe, elle « déstabilise tout le fonctionnement de la vie économique et de la vie sociale à Mayotte ». Il cite notamment l’école, dont il estime qu’elle est « totalement déstabilisée par l’afflux d’une population de migrants qui doit être scolarisée ». Selon lui, cette situation impose « des systèmes de rotation pour l’apprentissage au cours de la journée » et dégrade les conditions d’enseignement.
« Qu’il ne puisse plus y avoir de demandes d’asile »

Face aux élus, le candidat reprend les propositions qu’il porte depuis plusieurs semaines. Il souhaite notamment « qu’il ne puisse plus y avoir de demandes d’asile sur ce territoire » et promet de « faire repartir chez eux ceux qui n’ont pas été invités à rester ».
Pour y parvenir, il propose la création d’un « centre de retour » en Afrique de l’Est. Autre levier : la mer. Édouard Philippe veut « renforcer notre dispositif à la mer avec le service des gardes-côtes, la Marine nationale et la gendarmerie ». « Je veux les associer à cette politique », affirme-t-il.
« Une pratique plus ferme envers les pays tiers qui agissent de telle façon qu’ils desservent nos intérêts est aussi nécessaire », estime-t-il. Il cite notamment l’Algérie, dont il dit avoir déjà dénoncé le traité avec la France.
« Je l’ai pris aux mots »
Le discours trouve un écho favorable chez Ben Issa Ousseni. « Suspendre le droit du sol à Mayotte, c’est une solution que les Mahorais accueillent avec enthousiasme », affirme-t-il.

Mais l’élu ne veut pas s’arrêter aux déclarations. « Je l’ai pris aux mots. On attend de lui que ses engagements se traduisent par des actes et des résultats s’il est élu Président ».
« J’ai le sentiment que le contenu de mes propositions correspond à ce [que les élus de Mayotte] attendent », affirme Édouard Philippe, dans un territoire où la question migratoire pèse lourd dans le débat politique.
En l’espace de deux décennies, Mayotte est devenue l’un des territoires les plus favorables au Rassemblement national. Lors de l’élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen y avait obtenu près de 60 % des suffrages au second tour.
Joséphine Puig


