Le Département-Région prépare l’entrée en vigueur, le 1er septembre, d’une nouvelle grille tarifaire qui doit accompagner la reprise de la gestion par l’EPPCM et qui prévoit notamment de nouveaux frais sur les conteneurs. Pour les commerçants qui importent leurs marchandises, l’impact reste difficile à mesurer à ce stade.

Port de Longoni : les commerçants restent attentifs aux nouveaux tarifs

Le Département-Région prépare l’entrée en vigueur, le 1er septembre, d’une nouvelle grille tarifaire qui doit accompagner la reprise de la gestion par l’EPPCM et qui prévoit notamment de nouveaux frais sur les conteneurs. Pour les commerçants qui importent leurs marchandises, l’impact reste difficile à mesurer à ce stade.

Le Département-Région a présenté une nouvelle grille tarifaire qui concerne notamment la manutention, l’entreposage des marchandises, les services aux navires, la sûreté portuaire, le stationnement des poids lourds, la plaisance et la pêche professionnelle.

Plusieurs tarifs restent inchangés, comme la location de la grue mobile portuaire, fixée à 34 euros par mouvement de conteneur, tandis que certains augmentent et que de nouvelles facturations apparaissent, notamment deux euros pour chaque mouvement informatique enregistré dans Navis N4. À l’inverse, certains tarifs baissent, notamment ceux des badges d’accès au port et des macarons pour les véhicules.

Des commerçants qui veulent éviter les retards

Pour en finir avec les « conteneurs ventouses », l’EPPCM mise sur un durcissement des frais d’entreposage. Désormais, chaque mètre cube de marchandise classique laissé sur place coûtera 5 euros par jour, contre 58 euros par jour dès l’arrivée pour les modules frigorifiques. L’objectif est clair : faire du coût de stockage une amende suffisamment dissuasive pour libérer l’espace portuaire au plus vite.

Manuel Valls, Mayotte, Visite officielle, conteneurs
Le stockage est fixé à 58 euros par jour pour un conteneur frigorifique, contre 5 euros par m³ et par jour pour un conteneur classique.

Pour Ali commerçant et restaurateur, ces nouveaux tarifs ne semblent pas, pour l’instant, de nature à bouleverser son activité. Il explique d’ailleurs qu’il n’était même pas au courant de l’existence de cette nouvelle grille tarifaire. « J’étais pas au courant de cette nouvelle ! », reconnaît-il.

Il estime toutefois que les professionnels qui font venir régulièrement des marchandises doivent anticiper les frais liés au dédouanement afin d’éviter que les conteneurs restent plusieurs jours au port. « Je mets toujours une somme de côté que je ne touche pas spécialement pour le dédouanement, ça permet d’éviter les frais supplémentaires  », indique le jeune homme.

Pour ce commerçant, le fait de pousser les professionnels à récupérer rapidement leurs marchandises ne pose donc pas de difficulté particulière. « Je peux comprendre la prise de cette mesure car le port n’est pas si grand, donc si on fait tous ça, ça sera ingérable ».

Les retards administratifs au cœur des inquiétudes

Pour Marie Saïd, commerçante dans le prêt-à-porter, la situation est différente puisqu’elle voyage régulièrement en Thaïlande et à Dubaï pour approvisionner son commerce en vêtements et chaussures. « J’en ai entendu parlé, mais pour moi ça me paraissait lointain. J’ai surtout entendu l’impact sur les transitaires », confie la vendeuse. Elle reste donc prudente avant de tirer des conclusions et préfère attendre l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs, tout en reconnaissant avoir « une petite appréhension ».

La commerçante souligne que les retards ne dépendent pas toujours directement des professionnels. Des problèmes administratifs ou des documents qui prennent du temps peuvent retarder la récupération d’un conteneur, même lorsque le commerçant a fait les démarches nécessaires.

« J’espère que dans ces situations-là, ils pourront prendre en compte le fait que le retard vient d’un problème administratif et que ce n’est pas directement de notre faute, pour qu’on ne soit pas systématiquement pénalisés par ces nouveaux frais ».

La question du groupage, le fait de partager un conteneur à plusieurs pour réduire les coûts d’expédition reste aussi un point de vigilance. La vendeuse explique qu’elle partage désormais ses conteneurs principalement avec ses sœurs, après avoir eu plusieurs problèmes avec d’autres professionnels. « C’est mieux avec des personnes de confiance si je dois payer en plus je sais que y’a une vrai explication derrière ».

Le risque d’une hausse répercutée sur les consommateurs 

Mayotte, Département-Région, EPIC, port de Longoni,
La nouvelle grille tarifaire doit notamment inciter les professionnels à récupérer leurs conteneurs plus rapidement.

Sa principale inquiétude concerne surtout les conséquences en chaîne, car si les nouvelles redevances augmentent les coûts des transitaires ou d’autres intermédiaires, ces dépenses pourraient finalement se retrouver dans les prix payés par les commerçants, puis par les consommateurs.

« S’il y a des augmentations un peu partout, nous les commerçants, on sera aussi obligés d’augmenter nos prix et ça va encore impacter le coût de la vie pour les consommateurs », explique-t-elle, tout en précisant que cette hausse n’est pour l’instant pas une réalité dans son commerce et qu’elle préfère attendre avant de modifier ses prix.

Les tarifs pourront être révisés chaque année, notamment en fonction de l’évolution de l’indice des loyers des activités tertiaires. La nouvelle grille doit entrer en vigueur dans environ deux semaines, avec de nouvelles règles sur la sécurité, les déchets et l’utilisation des espaces du port. Le détail des tarifs sont déjà à la disposition des usagers et des professionnels.

Pour les commerçants, il faudra désormais attendre la mise en application de ces prix pour mesurer leur impact réel, notamment sur les coûts liés au dédouanement, aux transitaires, au stockage et aux nouvelles redevances.

Shanyce MATHIAS ALI.

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