« Je suis très contente, c’était l’université de mes rêves », sourit Saidmaenrouf Ankilina, 18 ans. La jeune femme fait cette année sa rentrée en prépa. Elle avait formulé huit vœux et a été « tout de suite » acceptée dans la formation qu’elle souhaitait. « Ça me permet d’ouvrir des portes », explique-t-elle. Elle aimerait ensuite travailler dans l’administration.

Comme elle, environ 500 étudiants étaient attendus ce mercredi pour cette journée d’accueil. Au programme : découverte du campus et de l’université, mais aussi accompagnement dans les démarches administratives. Les étudiants qui n’avaient pas encore réussi à finaliser leur inscription pouvaient effectuer leurs démarches sur place. « J’attends pour qu’on m’explique les démarches à suivre, parce que j’ai essayé hier et j’ai pas réussi », témoigne une étudiante.
« Cette journée est la vôtre, découvrez votre université ! », leur a lancé le président de l’Université de Mayotte, Abal-Kassim Cheik Ahamed.
Des parcours différents

Les étudiants arrivent avec des parcours et des projets différents. À 17 ans, Mohamed Amina a sauté une classe et s’apprête à étudier les sciences de la vie. Un choix qui s’est imposé assez naturellement. Elle avait été acceptée en métropole, mais les difficultés pour trouver un logement l’ont finalement poussée à rester à Mayotte. Après avoir effectué son lycée à Poitiers, elle vit aujourd’hui à Sada. « Quand j’étais en métropole je me disais : plus tard, si je reviens, ça pourra aider Mayotte ».
D’autres ont fait le choix inverse. Après son baccalauréat, Talya, 22 ans, est partie étudier à La Réunion. « Je voulais changer d’air », raconte celle qui pensait également y trouver « un meilleur niveau ». Elle poursuit désormais des études de droit à l’Université de Mayotte.
« Vous êtes acteurs de ce territoire »
Dans son discours de rentrée, Abal-Kassim Cheik Ahamed a insisté sur la place que les étudiants pourraient occuper dans l’avenir de Mayotte. « Ne pensez pas que certaines possibilités sont réservées à d’autres », a-t-il insisté.

Le président a encouragé les étudiants à saisir les opportunités de mobilité. « Une mobilité est une richesse pour vous », a-t-il rappelé, évoquant la possibilité d’« apprendre d’autres cultures, d’autres langues » et de « mieux vous connaître ».
Mais l’université entend également prendre en compte les difficultés qui peuvent peser sur les études. « Les conditions de vie, de logement, de transport, contraintes personnelles familiales peuvent venir entacher les études », a souligné le président. « Notre responsabilité est de faire tout notre possible pour que vous ayez les meilleures conditions possibles ».
En 14 ans, l’Université de Mayotte affirme avoir formé plus de 20.000 étudiants. Pour son président, leur réussite dépasse le seul cadre universitaire. « Votre réussite ne sera pas seulement personnelle, elle participera aussi à celle de Mayotte. Vous êtes acteurs de ce territoire ».
L’enjeu est de former des compétences dans tous les domaines pour répondre aux besoins de l’île et contribuer à « dessiner le Mayotte de 2031 et des décennies qui suivront ».
Autre sujet évoqué lors de cette rentrée : l’intelligence artificielle. « L’IA fait désormais partie de votre environnement », a rappelé Abal-Kassim Cheik Ahamed. Si elle peut « aider à chercher, à comprendre, reformuler », elle doit selon lui « rester un outil et ne pas penser et travailler à votre place ».
Joséphine Puig


