Quatre jeunes d’une vingtaine d’années comparaissaient la semaine dernière devant le tribunal pour violence aggravée, évitant de peu la cour d’assises. La victime ? Un homme qui rentrait tranquillement chez lui et qui n’avait rien demandé.

Justice : Au mauvais endroit au mauvais moment

Quatre jeunes d’une vingtaine d’années comparaissaient la semaine dernière devant le tribunal pour violence aggravée, évitant de peu la cour d’assises. La victime ? Un homme qui rentrait tranquillement chez lui et qui n’avait rien demandé.

Les faits se sont déroulés à l‘occasion de la grande finale de la course de pneus fin juin. L’ambiance dans les rues de Mamoudzou était plutôt festive et bon enfant, de nombreuses personnes étaient venues assister en famille à cet événement incontournable dans l’île. Un jeune d’une vingtaine d’années originaire de M’Gombani, seul, croise alors un groupe de jeunes d’un autre quartier, celui de Cavani. Un de ces membres le reconnait et commence à lui jeter des pierres. Il arrive à s’enfuir en évitant de se faire lyncher et appelle ses amis situés non loin de là. Bien alcoolisés…, ils décident de retrouver le groupe de Cavani pour en découdre.

« Je me suis fait agresser alors que je n’ai rien fait »

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Un jeune d’une vingtaine d’années originaire de M’Gombani, seul, croise alors un groupe de jeunes d’un autre quartier, celui de Cavani, s’en suit des jets de pierres.(Illustration).

Le groupe de jeunes de M’Gombani ne retrouvant pas celui de Cavani s’en est pris alors à un homme seul qui se trouvait malencontreusement sur leur route. « J’étais au bar Fly le jour de la course de pneus… je suis passé par là pour descendre chez moi à Cavani. Je me suis fait agresser alors que ne n’ai rien fait. Je n’accompagnais personne, j’étais tranquille », raconte la victime à la barre du tribunal.

Elle a essuyé un véritable déchainement de violence de la part de ce groupe de jeunes : jet de pierres, puis ils l’ont coursé avant de le mettre au sol, s’en est suivi des coups de pied, des jets de parpaing sur son corps alors qu’il était à terre. La procureure n’a pas manqué de leur rappeler qu’ils ont évité de justesse la cour d’assises. Devant le tribunal, les quatre prévenus ont reconnu les faits et ont présenté leurs plus plates excuses : « Je suis désolé de ce que j’ai fait ». « Je m’excuse je ne veux pas de conflit avec la victime ». « C’était pas ma volonté de le blesser ».

Plusieurs années de prison ferme requises pour deux d’entre eux

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La procureure a demandé 5 et 4 ans de prison ferme ; et pour les deux autres 3 ans et 18 mois de prison ferme.

La procureure, visiblement choquée par un tel déchainement de violence gratuite, ne s’est pas laisser attendrir par leurs jeunes âges. « Les faits sont d’une extrême violence, ils auraient pu le tuer ! Ils n’ont même pas eu des mots d’excuse pour la victime. C’est un groupe d’individus qui a pourchassé un homme seul. Les vidéos du drone et la présence d’un témoin sur place ne font aucun doute sur leur culpabilité. Mes réquisitions seront donc à la hauteur de la gravité des faits et seront élevées ».

En effet, le ministère public a requis de la prison ferme et le maintien en détention des quatre jeunes. Pour les deux qui avaient un casier judiciaire, la procureure a demandé 5 et 4 ans de prison ferme ; et pour les deux autres 3 ans et 18 mois de prison ferme.

 

« Un dossier qui illustre les difficultés de la jeunesse à Mayotte »

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Me Rahmani a interjeté appel de la décision du tribunal pour deux des prévenus.

Pour l’un des avocats de la défense, Me Rahmani, ces quatre jeunes n’avaient pas d’intention criminelle, contrairement à ce que pense le ministère public. « Certes il y a eu des violences et ils avaient bu et consommé du cannabis… mais il n’y avait pas d’intention criminelle. Ce dossier illustre les difficultés de la jeunesse à Mayotte. C’est malheureusement un cas classique à Mayotte quand des jeunes de quartiers différents se croisent ». Il a plaidé pour une certaine indulgence de la part du tribunal. « Ils n’ont pas besoin d’être maintenus en détention. D’accord pour qu’ils soient condamnés mais avec un aménagement de peine d’autant qu’elles sont beaucoup trop importantes ».

Quant à Me Idriss, autre avocat de la défense, il s’est étonné des réquisitions demandées. « Je ne comprends pas la sévérité du ministère public alors que pour deux des prévenus ils n’ont pas de casier judiciaire, et qu’ils ont tous reconnu les faits. L’enfermement n’est pas la solution ».

Après avoir délibéré, le tribunal a finalement suivi les réquisitions sévères du ministère public en prononçant des condamnations de 5 ans, 4 ans et 2 ans de prison ferme pour trois d’entre eux ; et 2 ans, dont un an avec sursis, pour le dernier.

Contacté, Me Rahamani nous a indiqué avoir interjeté appel pour les deux jeunes condamnés à 5 ans et 4 ans de prison ferme.

B.J.

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