Face aux dégâts considérables provoqués par les intempéries sur le 101ᵉ département français, la réponse des services de l’État a dû être immédiate. Chargée de piloter l’aménagement du territoire, la gestion des risques naturels, le logement ou encore la protection de l’environnement sur l’île, la Direction de l’environnement, de l’aménagement, du logement et de la mer (DEALM) — service déconcentré du ministère de la Transition écologique — s’est retrouvée en première ligne.

Selon son rapport d’activité 2025 relayé par le site Bâtisseurs d’Outre-mer, l’année a été fortement marquée par l’impact du cyclone CHIDO, qui a laissé 43 écoles fermées ou partiellement sinistrées. Pour parer au plus pressé et limiter le recours aux rotations scolaires dans un département déjà sous-équipé, la DEALM indique avoir coordonné 87 opérations d’urgence. Une enveloppe de 42 millions d’euros a été injectée à cet effet dans 15 communes pour remettre en état les établissements touchés tout en poursuivant les programmes d’extension.
Sur le front routier, la réaction rapide des 140 agents mobilisés a permis de rouvrir une circulation minimale sur le réseau national en seulement trois jours. Une étape d’urgence alors que les dégâts sur les routes nationales sont chiffrés à 10 millions d’euros et que quatre des cinq centres d’intervention de la DEALM ont eux-mêmes été endommagés. L’administration entame désormais une phase de long terme visant à consolider et à sécuriser ces axes majeurs face aux futurs aléas climatiques.
Logement et eau : Garder le cap sur les projets stratégiques

Malgré cette gestion de crise permanente, le rapport souligne que la DEALM n’a pas mis en pause les dossiers de fond nécessaires au développement durable du territoire. Le secteur du logement a ainsi bénéficié de 52,8 millions d’euros en autorisations d’engagement au titre de la Ligne budgétaire unique (LBU), principal levier financier de l’État dans ce domaine. Ces crédits ont permis le financement de 436 logements sociaux, tout en soutenant l’amélioration de l’habitat individuel et la résorption des bidonvilles. La direction rappelle toutefois que ce bilan comptabilise les logements financés, et non l’ensemble des unités livrées sur la période.
Autre défi vital pour le département : la sécurisation de l’accès à l’eau potable. Les travaux terrestres de l’usine de dessalement d’Ironi Bé ont été officiellement lancés, tandis que les procédures maritimes se poursuivent. En parallèle, le projet de troisième retenue collinaire — un investissement majeur estimé à 100 millions d’euros — est entré dans sa phase d’études stratégiques pour accroître la capacité de stockage de l’île face aux sécheresses récurrentes.
Concrétiser les annonces : le vrai défi pour l’État

Si une partie importante des grands projets d’infrastructure se trouve encore au stade des études préparatoires ou des démarches administratives, la ligne directrice impulsée par la direction reste claire. Pour Olivier Kremer, directeur de la DEALM à Mayotte, l’enjeu principal consiste à « répondre efficacement aux besoins du territoire tout en anticipant les mutations à venir ».
Au sortir d’une année 2025 lourdement dominée par la gestion des catastrophes naturelles, la capacité de l’État à concrétiser rapidement ces investissements sur le terrain constituera le véritable juge de paix pour la population mahoraise.
Léo Vignal


