Lundi 6 juillet à Mamoudzou, devant la préfecture, plus d’une dizaine de "femmes leaders" étaient mobilisées devant le service des étrangers, dans le cadre d’une action collective et dans l’attente d’une rencontre prévue la semaine suivante avec le préfet.

Une mobilisation des « Femmes Leaders » devant la préfecture de Mayotte marquée par des tensions

Lundi 6 juillet à Mamoudzou, devant la préfecture, plus d’une dizaine de "femmes leaders" étaient mobilisées devant le service des étrangers, dans le cadre d’une action collective et dans l’attente d’une rencontre prévue la semaine suivante avec le préfet.

La tension était palpable ce lundi matin devant la préfecture de Mayotte. Plus d’une dizaine de « Femmes Leaders », vêtues de leurs salouvas Zéna M’Déré, étaient rassemblées devant le service des étrangers avec leurs banderoles et des drapeaux tricolores. Comme chaque semaine, elles ont tenu leur sitting habituel, mais cette fois, elles ont décidé de renforcer leur mobilisation.

Face à elles se trouvait un homme, que les femmes surnomment « le métropolitain ». Présent depuis vendredi devant la préfecture, il mène sa propre action pour dénoncer les difficultés rencontrées au service des étrangers, notamment l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de visa long séjour pour son épouse.

Une matinée mouvementée 

Dès leur arrivée devant la préfecture, les « Femmes Leaders » ont découvert la dégradation de leur site de manifestation situé à l’entrée supérieur du bâtiment. Plusieurs banderoles ont été arrachées et abîmées puis abandonnées à même le sol. Pour Safina Souffou et ses collègues, ce geste n’a rien d’anodin.

La dégradation des deux banderoles a été perçue comme une provocation par les manifestantes.

Elles estiment que la personne s’en est volontairement pris à la banderole réclamant le démantèlement du camp de Tsoundzou, l’une des principales revendications que le collectif entend défendre lors de sa rencontre avec le préfet Frédéric Poisot, lundi 13 juillet prochain dans l’après-midi. « Ils nous menacent chez nous, on les attend de pied ferme ! Ils ont détruit nos banderoles, c’est de la provocation », lance une des « femmes leaders ».

Présidente du Collectif citoyen de Mayotte 2018, Safina Souffou explique que le mouvement a été volontairement renforcé. « À l’accoutumée, on avait déjà prévu notre sitting habituel ce matin. Sauf que cette fois, on l’a renforcé avec plus de femmes. On a changé un peu le cap en voulant occuper carrément les deux entrées de la préfecture. Tant que nous n’aurons pas été reçues par le préfet, on ne partira pas ».

La matinée a été marquée par plusieurs tensions, d’abord lors d’un échange entre une passante et les « Femmes Leaders », puis dans le cadre d’un différend avec le manifestant présent sur place. Le climat, déjà tendu depuis le début du rassemblement, s’est rapidement durci.

« Il est venu pour ses intérêts »

Interrogée sur les critiques de certains usagers qui s’étaient déplacés pour leurs démarches et qui ne comprennent pas le blocage de la préfecture, Safina Souffou assume pleinement cette stratégie. « Ceux qui disent qu’on ne sait pas ce qu’on fait ne connaissent pas Mayotte et ne connaissent pas notre combat. Nous sommes les petits-enfants des femmes qui ont combattu pour que Mayotte soit ce qu’elle est aujourd’hui. Nous demandons simplement que ce combat soit respecté ».

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Safina Soula, porte-parole du Collectif des citoyens de Mayotte 2018, affirme ne pas être préoccupée par le fait que le manifestant porte plainte.

Concernant l’homme présent devant l’entrée secondaire de la bâtisse, elle estime qu’il est venu défendre une cause personnelle, celle de son épouse qui attend de pouvoir déposer une demande de titre de séjour. « C’est un provocateur, il a annoncé qu’il venait aujourd’hui et a appelé les Comoriens à venir manifester avec lui. Nous, on lui a fait comprendre qu’il n’a pas sa place ici », explique la présidente des « Femmes Leaders ».

L’homme ayant annoncé son intention de déposer plainte après les incidents, Safina Souffou assure ne pas être inquiète par cette démarche. Selon elle, les images tournées sur place permettront d’établir le déroulement des faits.

« Il peut porter plainte, nous n’avons rien fait, nous n’avons pas levé la main sur lui. Il est venu accompagné de deux bonhommes alors qu’en face c’est juste des mamans qui sont assises tranquillement. De plus, il sait que ce qu’il a fait ce n’est pas bien car il a supprimé les videos du réseau social ».

Une mobilisation maintenue dans l’attente de réponses 

Le blocus du service étranger de la préfecture de Mayotte va se poursuivre jusqu’à l’entrevue avec le préfet, Frédéric Poisot.

En attendant leur entretien prévu lundi prochain avec le préfet, les « Femmes Leaders » assurent qu’elles poursuivront leur mobilisation devant la préfecture. La suite du mouvement dépendra des réponses qui leur seront apportées à l’issue de cette rencontre.

« On verra après la réunion, je ne décide pas seule. Nous en discuterons avec les autres responsables et nous aviserons en fonction des réponses du préfet  », affirme-t-elle.

Shanyce MATHIAS ALI.

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