La justice mahoraise pourra bientôt compter sur trois nouvelles greffières. Les résultats du concours national à affectation locale (CNAL) de recrutement des greffiers des services judiciaires ont été publiés à l’issue des épreuves orales organisées lundi 29 juin à la préfecture de Mamoudzou. Les trois candidates admissibles, Haïthia Faïssouli, Chafantie Toumbou et Nadjida Saindou, ont toutes été déclarées admises.
Pour ces trois lauréates, cette réussite marque le début d’un parcours au sein de la fonction publique judiciaire. À l’issue de leur formation, elles exerceront à Mayotte, conformément au principe même du concours national à affectation locale, créé pour permettre aux juridictions du territoire de recruter des professionnels appelés à y construire leur carrière. Cette nouvelle constitue un renfort particulièrement attendu pour les juridictions de l’île, confrontées depuis plusieurs années à des difficultés de recrutement et de fidélisation de leurs effectifs.
Un concours conçu pour répondre aux besoins de Mayotte

Le concours national à affectation locale a été pensé pour répondre aux spécificités du territoire. À notre rédaction, la chambre d’appel de Mamoudzou rappelle qu’il constitue « un levier essentiel pour renforcer durablement les effectifs des juridictions mahoraises tout en offrant aux candidats du département une perspective professionnelle au plus près de leur territoire d’origine ».
L’objectif est clair : favoriser le recrutement de candidats déjà implantés à Mayotte et désireux d’y exercer durablement leurs fonctions. L’institution judiciaire estime que ce dispositif apporte « une réponse concrète à ces enjeux en favorisant le recrutement de candidats disposant déjà d’un ancrage territorial et d’une connaissance des réalités locales ». Selon elle, il contribue ainsi « à sécuriser les parcours professionnels tout en consolidant les équipes au sein des juridictions ».
Pour les trois nouvelles lauréates, ce concours présente également un avantage majeur. Celui de bénéficier d’une affectation garantie à Mayotte après leur formation. Une perspective qui permet, selon la chambre d’appel, « de concilier engagement au service public de la justice et volonté de construire un parcours professionnel dans son département d’origine ».
Trois admises pour sept postes ouverts

Si les résultats constituent une bonne nouvelle pour les juridictions mahoraises, ils illustrent aussi les difficultés persistantes de recrutement auxquelles la justice reste confrontée sur le territoire.
Cette session 2026 prévoyait l’ouverture de sept postes, répartis entre quatre au concours externe et trois au concours interne. Pourtant, à l’issue des épreuves écrites, seules trois candidates avaient été déclarées admissibles au concours externe. « Aucun candidat n’a été retenu pour les épreuves orales du concours interne », précise la chambre d’appel.
Les trois admissibles ont été auditionnées lundi 29 juin, à partir de 14 heures, à Mamoudzou, par un jury composé de quatre membres, réuni « autour de critères d’évaluation harmonisés lors d’une réunion préparatoire dédiée ». L’organisation des épreuves était assurée par Stéphanie Andrieux, directrice des services de greffe judiciaires, responsable du centre d’examen et gestionnaire locale du service administratif régional.
Elle a notamment veillé « au bon déroulement des opérations, de l’accueil des candidats jusqu’à la gestion administrative des épreuves, en passant par l’information du public et l’accompagnement logistique du jury », précise la chambre d’appel. Toutes les candidates encore en lice ont finalement été reçues. Toutefois, avec trois lauréates pour sept postes ouverts, quatre postes ne seront pas pourvus à l’issue de cette session.
Des difficultés d’attractivité toujours présentes

La chambre d’appel rappelle que « comme d’autres administrations présentes sur le territoire, les juridictions de Mayotte sont confrontées à des difficultés persistantes d’attractivité et de fidélisation des personnels judiciaires ». Elle explique notamment que « les contraintes propres au territoire », comme « le coût élevé de la vie », les tensions diverses autour du logement, ou encore des « difficultés d’approvisionnement ponctuelles », constituent des facteurs pouvant « rendre plus complexe l’installation durable des agents recrutés hors du département ».
C’est précisément pour répondre à ces difficultés que le concours à affectation locale a été créé. En recrutant des candidats déjà ancrés à Mayotte, les juridictions espèrent stabiliser leurs effectifs sur le long terme et réduire le turn-over qui fragilise régulièrement leur fonctionnement.
Cette année, le dispositif a par ailleurs bénéficié d’une campagne de communication renforcée. Selon la chambre d’appel, « la mobilisation de plusieurs relais d’information locaux, notamment la presse mahoraise (…) a permis d’accroître la visibilité du concours et de susciter un intérêt plus important auprès des candidats du territoire », conclut-elle.
L’admission de Haïthia Faïssouli, Chafantie Toumbou et Nadjida Saindou constitue ainsi une étape importante pour les juridictions mahoraises. Si elle ne permet pas de pourvoir l’ensemble des postes ouverts, elle répond néanmoins à l’objectif poursuivi par ce concours : former et fidéliser des greffières appelées à exercer durablement au service de la justice à Mayotte.
Mathilde Hangard


