La musique gronde, elle est presque assourdissante. Au milieu des stands, des jeunes Mahoraises dansent au rythme de chants traditionnels. Ce jeudi 2 juillet 2026, la place de la République à Mamoudzou a des airs de fête. Créée le 1er juillet 1996, la Mission Locale de Mayotte célèbre ses 30 ans. Pour marquer le coup, l’institution a choisi de briser les codes en organisant une journée portes ouvertes « hors les murs ».

L’occasion idéale pour la population de venir s’enquérir des dispositifs existants et de rencontrer les nombreux partenaires mobilisés pour l’occasion, à l’instar du RSMA, de France Travail, du CRIJ ou encore de la Croix-Rouge. « Au lieu de souffler nos bougies quelque part entre collègues, nous avons voulu que la population participe à cet anniversaire », explique le directeur du développement et de la communication de la Mission Locale de Mayotte.
Après une grande conférence organisée la veille au sein de l’hémicycle Younoussa Bamana, cette action de terrain vise à projeter les projecteurs sur la jeunesse de l’île. Une démarche cruciale dans le contexte actuel : « Après le passage du cyclone Chido, Mayotte se construit ou se reconstruit. Dans cette reconstruction, quelle est la place de la jeunesse mahoraise ? », s’interroge le directeur.
Un accompagnement global pour « les jeunesses »

Sur la place, les différents services de la Mission Locale se déploient : de l’accueil à la cellule formation, en passant par la relation entreprise et les parcours phares comme le PACEA (Parcours d’accompagnement contractualisé vers l’emploi et l’autonomie) ou le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ).
La structure a pour mission d’offrir une deuxième chance aux 16-25 ans sortis du système scolaire, à travers une insertion tant professionnelle que sociale. À Mayotte, le défi est de taille. « On ne parlera pas de la jeunesse, mais des jeunesses », nuance le directeur du développement. « Nous avons tous les niveaux possibles, du jamais scolarisé jusqu’au Bac+2 ou Bac+3 ».
Entre les diplômés de retour sur le territoire, ceux qui subissent le manque de filières locales après le bac, et les jeunes en situation d’illettrisme (niveau infra-5), les profils requièrent une adaptabilité unique, propre au département.
Le tremplin de l’alternance

Parmi les partenaires historiques présents, le pôle formation de la CCI de Mayotte occupe une place centrale. Bakarim Kolorita, conseillère en insertion sociale et professionnelle à la CCI, est venue présenter les opportunités en alternance, du niveau Bac au Bac+3 (Bachelor Responsable développement commercial, BTS Gestionnaire d’unité commerciale) dispensées à Dzaoudzi. « La Mission Locale nous envoie régulièrement des jeunes », explique-t-elle.
Pour intégrer ces cursus, le parcours est rigoureux : « Nous faisons passer des tests de positionnement, suivis d’entretiens de motivation. Suite à cela, nous accompagnons les jeunes pour trouver une entreprise. C’est après la signature du contrat que la mission commence ». Le succès de cette formule « hors les murs » ne s’est pas fait attendre. En milieu de journée, plus de 200 personnes — jeunes en quête d’avenir mais aussi parents venus glaner des informations à transmettre — avaient déjà arpenté les stands, prouvant que face aux défis de l’île, l’avenir se dessine.
Léo Vignal


