Face au manque de réponses du Gouvernement depuis le 8 avril dernier, associations et sinistrés climatiques, dont Racha Mousdikoudine, de l’association Mayotte à Soif, déposent un recours devant le Conseil d’Etat, ce mercredi 25 juin, afin de l’obliger à renforcer ses politiques d’adaptation au dérèglement climatique. Il sera accompagné d’une lettre ouverte adressée au Président, Emmanuel Macron.

Les sinistrés climatiques déposent un recours devant le Conseil d’Etat

Face au manque de réponses du Gouvernement depuis le 8 avril dernier, associations et sinistrés climatiques, dont Racha Mousdikoudine, de l’association Mayotte à Soif, déposent un recours devant le Conseil d’Etat, ce mercredi 25 juin, afin de l’obliger à renforcer ses politiques d’adaptation au dérèglement climatique. Il sera accompagné d’une lettre ouverte adressée au Président, Emmanuel Macron.

Ce mercredi 25 juin, un recours inédit est déposé devant le Conseil d’État par des sinistrés climatiques, accompagnés des associations de l’Affaire du Siècle (Greenpeace France, Oxfam France, Notre Affaire à Tous). Il vise à obliger l’État à renforcer ses politiques d’adaptation au changement climatique. Dans cette affaire, Racha Mousdikoudine, présidente du collectif « Mayotte à soif », représente Mayotte et la problématique de l’accès à l’eau sur le territoire.

« Le 8 avril, ces citoyennes et citoyens ont interpellé le Gouvernement sur l’urgence d’agir. Sans réponse, sans engagement, ils saisissent aujourd’hui la justice”, annoncent, dans un communiqué de presse, les requérants. « Ensemble, nous demandons la révision du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3) ainsi qu’une rencontre avec le président de la République et le Premier ministre pour engager dès maintenant un dialogue politique, indispensable face à l’urgence climatique ».

Des mesures insuffisantes à améliorer dans l’urgence

« On attend avec ce recours que les inégalités entre l’Hexagone et les Outre-mer soient enfin levées une bonne fois pour toute », avait remarqué Racha Mousdikoudine le 8 avril dernier (DR)

« Sans action concrète du Gouvernement, le Conseil d’Etat est appelé à trancher. Le Gouvernement disposait de deux mois pour répondre aux citoyen·nes sinistré·es, aux associations locales et aux organisations de l’Affaire du Siècle. Deux mois pour agir face aux alertes sur un PNACC-3 notoirement insuffisant pour répondre à l’urgence et protéger les plus vulnérables. Mais il a choisi le silence et l’inaction », déplorent-ils.

« Pendant ce temps, trois personnes sont mortes dans le Var à cause d’inondations torrentielles. Pendant ce temps, les maisons de Mohamed et Marie, deux des requérants, continuent de se fissurer à cause du phénomène de retrait-gonflement des argiles. Pendant ce temps, les responsables politiques n’ont pas amendé le PNACC-3, qui n’a toujours pas de cadre contraignant et ne prend toujours pas en compte les inégalités sociales et territoriales face aux conséquences du changement climatique », continue le communiqué.

« Ce recours juridique expose en détail les manquements de l’État en matière d’adaptation climatique, appuyé par des rapports d’autorités comme la Cour des comptes ou le Haut Conseil pour le Climat », poursuivent les requérants qui précisent que l’action engagée ne vise pas des indemnisations individuelles mais ils réclament des politiques publiques à la hauteur, capables de protéger efficacement l’ensemble de la population face aux risques climatiques. « Il faut aujourd’hui sortir des annonces gouvernementales sans fond ni financement. Ce sont les vies de millions de Françaises et Français qui sont en jeu ».

Une lettre ouverte au Président

VO, visite officielle, Mayotte, Emmanuel Macron, Tsingoni,
Les requérants espèrent toujours des décisions politiques fortes face à l’urgence climatique, car « le temps de l’instruction juridique ne suspend pas les impacts du dérèglement climatique »

Avec ce recours, la France, qui a déjà été condamnée pour son non-respect de ses engagements vis-à-vis de l’atténuation du changement climatique, risque une nouvelle condamnation sur son non-respect de ses obligations en matière d’adaptation.

« Malheureusement, le temps de l’instruction juridique ne suspend pas les impacts du dérèglement climatique. Dans les mois et années à venir, les sécheresses, les inondations, les fissures des maisons, l’érosion des côtes ou les pénuries d’eau continueront de s’intensifier, bouleversant des vies sur tout le territoire, avant même que le Conseil d’État ne rende sa décision », souligne le communiqué. « C’est pour cette raison que les sinistrées et sinistrés climatiques adressent une lettre ouverte au président de la République et au Premier ministre, publiée mercredi 25 juin dans le journal Les Echos ».

« Cette démarche ne se substitue pas à la voie judiciaire engagée. Elle souligne que la décision politique est aussi nécessaire pour faire face à l’urgence climatique et qu’elle peut avoir lieu dès maintenant », ajoutent les requérants, « il est temps que l’exécutif écoute les citoyennes et les citoyens, prenne conscience de l’ampleur des enjeux, et engage un véritable virage dans les politiques d’adaptation au changement climatique ».

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Sur l’île, le diabète progresse et touche des patients de plus en plus jeunes

La Semaine de la sécurité des patients s’illustre autour « Des soins sûrs à vie ! ». C’est au diabète que le Centre Hospitalier de Mayotte a consacré la matinée de ce mercredi. L'association Rédiab Yy lang, était sur place pour échanger avec le public sur la maladie, son dépistage et surtout le suivi à long terme

Comores : 147 migrants interceptés finalement renvoyés au large de l’archipel

Les autorités de l’archipel ont pris une mesure d’éloignement « pour cause de risque sanitaire », selon la Brigade mixte mise en place pour réprimer le fléau du trafic de migrants. Les personnes sont de nationalité burundaise, congolaise et tanzanienne et souhaitaient rejoindre Mayotte

Dérèglement climatique : Les collectivités mahoraises se mobilisent à Coconi

Face à la multiplication des aléas météorologiques et aux leçons tirées des crises récentes, la délégation Mayotte du Centre national de la fonction publique territoriale, l’Université de Mayotte et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques ont réuni, ce mercredi 16 septembre 2026 au Pôle d’excellence rurale de Coconi, une centaine d’acteurs institutionnels et associatifs

« Parfois, on se sent impuissants mais on fait de notre mieux » : à Mayotte, les travailleurs sociaux au plus près des vies en suspens

Dans le centre de rétention administrative, les commissariats, les familles d'accueil ou auprès des mineurs isolés, les équipes de Mlezi Maoré interviennent là où les parcours se brisent. Un travail discret, souvent méconnu, au coeur des situations les plus fragiles de l'île.