Soumis à des embouteillages monstres depuis la fermeture partielle de la route nationale 1, le village de Kawéni s’est réveillé libéré d’une partie du trafic, ce mercredi 16 septembre. Les automobilistes témoignent.

Trafic fluidifié à Kawéni en ce premier jour de circulation alternée

Soumis à des embouteillages monstres depuis la fermeture partielle de la route nationale 1, le village de Kawéni s’est réveillé libéré d’une partie du trafic, ce mercredi 16 septembre. Les automobilistes témoignent.

Les automobilistes traversant Kawéni ont noté la différence, ce mercredi matin. Laïda, venue de Dzoumogné, n’a mis qu’une heure pour atteindre le rond-point Mega, à Kawéni. Là, où il lui faut “1h30 ou deux heures d’habitude”, précise celle qui travaille au sud de Mamoudzou. Comme ceux qui partagent la route avec elle, la jeune femme a constaté l’entrée en vigueur de la circulation alternée, un dispositif déjà appliqué par le passé par la municipalité de Mamoudzou qui avait sondé la population.

Cette fois-ci, c’est la communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou, présidée elle aussi par Ambdilwahedou Soumaïla, qui a consentie à en passer par là.Sous la pression des acteurs socio-économiques de Kawéni et de plusieurs organisations syndicales, la collectivité a décidé en accord avec les services de l’État de limiter la circulation selon les plaques d’immatriculation pour une partie de Kawéni (dans la côte Sogea, ainsi que du quai Colas à Mamoudzou au rond-point Carrefour aux Hauts-Vallons). Un impératif rendu nécessaire par les difficultés de circulation quasi-quotidiennesdepuis début août et les débuts de la phase 2 du Caribus aunord de la commune chef-lieu de Mayotte.

Pas de verbalisation

Deux tronçons en circulation alternée (en rouge), une partie de la route nationale 1 et la côte Sogea à Mamoudzou, pour répondre à la fermeture partielle de la route nationale 1 (en noir) jusqu’en août 2027. La rue Martin Luther King et la route de la zone Nel sont à sens unique (vert), tout comme la RN1, du carrefour de la zone Nel au rond-point SFR

Dès 5h, ce mercredi (la mesure est appliquée de cet horaire à 17h), les policiers municipaux étaient donc postés sur les différents carrefours de Kawéni ou en haut de la côte Sogea à Mamoudzou. Pas de verbalisation, cette fois-ci, car l’heure est encore à la prévention. Les véhicules possédant des plaques d’immatriculation aux chiffres pairs (sauf les véhicules de secours, des forces de l’ordre, professionnels, transportant des personnes à mobilité réduite ou les riverains de Kawéni ou des Hauts-Vallons) étaient autorisés à titre exceptionnel à emprunter la RN1. Dans les jours à venir, ils ne pourront plus le faire ni les lundis ni les mercredis. La même chose s’appliquera pour les plaques avec des numéros impairs, les mardis ou jeudis.

“C’est bien, il fallait trouver une solution”, considère July, qui circule au volant de la voiture siglée au nom de l’entreprise de son père, une société de maçonnerie. Habitant à Mamoudzou, cette partisane de la circulation alternée travaille à Kawéni. Pour un trajet qu’elle peut faire entre “cinq ou dix minutes”, elle met parfois “deux heures” maintenant. Ce matin, avec les ralentissements qui perdurent à l’approche de Kawéni, elle n’a mis que “trente minutes”. Avec la voiture de société de son père, elle ne craint pas les contrôles aux heures pointe. Une chance qui échappe à Laïda. Celle-ci sait qu’elle ne pourra pas se rendre à Mamoudzou avec son véhicule au moins deux fois par semaine. Elle se dit prête à utiliser les bus du réseau M’safara comme alternative.

“Une vraie différence”

Malgré quelques ralentissements, les embouteillages ont diminué à l’approche de Kawéni, comme ici dans la côte Sogea, à Mamoudzou

Le changement de ce mercredi matin, il n’y a pas que les automobilistes qui l’ont remarqué. Samirdine, vendeur à la boulangerie située sur la route nationale 1, près de la Snie, arrive vers 4h du matin. “Je n’ai pas vu d’embouteillages, il y a une vraie différence”, confirme-t-il. De ce côté-ci de la route nationale, alors qu’il n’y a plus de places de stationnement, les clients sont devenus rares depuis le début des travaux. “Ça nous pénalise beaucoup”, reconnaît Anaïs, vendeuse d’un magasin d’électroménager. “Même récupérer une commande, c’est difficile pour les clients. Ils ne veulent pas venir à Kawéni à causes des bouchons et je les comprends.”

Venue en bus depuis Chirongui, comme tous les matins, elle estime que la circulation alternée est “un mal pour un bien. La circulation est fluide. D’habitude, à cette heure–là N.D.L.R. 9 heures), il y a des embouteillages”.

Un dispositif qui ne semble faire pour l’instant que des heureux…

Alexis Duclos

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