Les autorités de l’archipel ont pris une mesure d’éloignement « pour cause de risque sanitaire », selon la Brigade mixte mise en place pour réprimer le fléau du trafic de migrants. Les personnes sont de nationalité burundaise, congolaise et tanzanienne et souhaitaient rejoindre Mayotte.

Comores : 147 migrants interceptés finalement renvoyés au large de l’archipel

Les autorités de l’archipel ont pris une mesure d’éloignement « pour cause de risque sanitaire », selon la Brigade mixte mise en place pour réprimer le fléau du trafic de migrants. Les personnes sont de nationalité burundaise, congolaise et tanzanienne et souhaitaient rejoindre Mayotte.

Les autorités comoriennes ont renvoyé au large un total de 147 migrants interceptés ces derniers jours après avoir été secourus à Mohéli, la petite île de l’archipel. Il n’y a eu aucune communication officielle sur cette décision mais les forces de sécurité disent avoir « reçu l’ordre » de cette mesure d’éloignement des côtes. « Il faut aller demander au ministère de l’Intérieur. Je n’ai rien à te dire. Nous avons reçu l’ordre et nous l’exécutons, c’est tout », indique un officier qui a participé à cette opération d’éloignement de ces migrants.

Un premier contingent de 31 migrants

L’opération en question a eu lieu le lundi 14 septembre et avait mobilisé des éléments de la Garde-côte comorienne, la police, la gendarmerie et la Sécurité civile. Les officiers ont d’abord procédé à une désinfection des embarcations à bord desquelles se trouvaient ces migrants dont des Burundais, des Tanzaniens et des Congolais. Après la désinfection, les migrants ont été escortés jusqu’au large. On ignore, pour l’instant, les mesures prises pour leur garantir la sécurité en mer et éviter un possible retour sur la rive dans un autre coin de l’archipel.

Selon des sources locales, un premier contingent de 31 migrants avait été localisé quelques jours plutôt à Bwangoma (Moheli), une localité réputée accessible par voie maritime en raison des risques moins élevés de la houle. Ils ont été accueillis, secourus et pris en charge par la communauté. Mais, à la grande surprise, un autre contingent de 116 migrants débarquera ensuite lundi 14 septembre. La gendarmerie, la police et la sécurité civile interviennent avant de recevoir l’ordre de les accompagner jusqu’au large. «Nous n’avons pas les moyens de subvenir à leurs besoins », a souligné un responsable sécuritaire, cité par le journal Al-watwan.

« 650 migrants » interceptés entre 2024 et 2025

Les Comores ont avancé « un risque sanitaire » pour justifier l’éloignement des migrants

Les migrants ont été assistés par des volontaires avant leur refoulement. Mais de nombreux témoins affirment que les conditions de prise en charge étaient limitées. On compte plusieurs enfants, de nombreuses femmes dont une qui est enceinte. Les autorités comoriennes ne disposent pas d’un budget permanent dédié à une telle situation. Des dispositions sont souvent prises pour leur venir en aide en attendant leur expulsion. Les migrants interceptés bénéficient aussi de la générosité des communautés et de la solidarité des associations locales.

Il s’agit du énième débarquement de migrants venus des pays des Grands Lacs aux Comores. Entre 2024 et 2026, plus de « 650 migrants » en provenance de Burundi et de la RDC ont été recensés, selon une source de la Brigade Mixte créée par le gouvernement comorien pour surveiller le phénomène. Ces migrants qui transitent en Tanzanie souhaitent rejoindre Mayotte dans un long périple qui devrait les conduire en Europe, en France plus particulièrement. En mars dernier, une vingtaine de migrants avaient trouvé la mort en tentant de joindre les côtes de la Grande Comores, leurs passeurs leur ayant fait croire qu’ils étaient déjà arrivés à Mayotte.

A.S.Kemba

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