La petite évasion, acte 2: le prisonnier qui voulait faire la fête est de retour à la barre

CARNET DE JUSTICE DU JDM. Le Journal de Mayotte vous racontait au mois d’avril dernier l’histoire d’Abdou F. qui avait disparu pendant 2 mois dans la nature alors qu’il terminait de purger ses 4 ans de prison à Tsararano.

Au tribunal de MamoudzouIl avait bénéficié d’un aménagement de peine pour finir sa condamnation dans le domaine de Songoro, un placement extérieur géré par l’association Tama où les détenus entament leur réinsertion. Le 11 février, Abdou manque à l’appel et il ne sera retrouvé que 2 mois plus tard… en train de faire la fête au Zen Eat par des gendarmes qui eux aussi y passaient la soirée. Pas de chance.

2 mois dehors, 8 mois dedans

Pour ses deux mois de cavale, il avait écopé de 8 mois de prison, mais c’est un habitué. Ce jeune homme de 22 ans compte pas moins de… 17 mentions à son casier judiciaire. De 2008 jusqu’au 3 avril 2015, il a accumulé les atteintes aux biens, parfois avec violence, les vols, les usages de stupéfiants… de quoi lui assurer des séjours de plus en plus longs à Majicavo.

Abdou était donc de retour au tribunal ce mercredi matin. Il connaît son fonctionnement par cœur : quand se lever, où s’assoir, comment se tenir à la barre… Et quoi dire aux juges. «Ça m’a servi de leçon. Quand on a un aménagement de peine, il faut respecter les conditions», a-t-il affirmé aux magistrats avec une sincérité déconcertante.

Envie d’évasion

Tribunal mamoudzouIl était à nouveau question d’évasion ce mercredi, mais une évasion antérieure à celle qui avait déjà été jugée en avril. Celle-ci remonte au mois de janvier dernier. Même lieu, le domaine de Songoro. Même évasion, «je voulais faire la fête… enfin, faire ma vie. Il y avait plein de choses que je n’avais pas faites», lâche-t-il à la barre. Même conséquence, une arrestation bête et méchante 4 jours après avoir disparu des lieux. Il faut dire qu’il a une allure toute en muscle et une démarche particulière qui sont assez facilement reconnaissables.

Alors, quelle sentence pour celui qui en a tellement eu? Le procureur Léonardo va demander 3 mois de prison mais aussi une confusion de peine avec les 8 mois auxquels le jeune homme a été condamné en avril. Autrement dit, pas de temps supplémentaire à purger. Et c’est sur cette peine que va se caler le tribunal.
«Ça fait très longtemps que je suis en prison. Dans ma vie, j’ai pas que ça à faire. Là, je vais respecter la décision», a promis le condamné. Et une fois dehors, respecter enfin la loi?
RR
Le Journal de Mayotte

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.