Pluie d’amendes : certains clubs de football plus trempés que d’autres, à qui la faute ?

Alors que la saison de football semblait avoir livré son verdict à Mayotte, un scénario tristement célèbre dans l'île est en train de tout bouleverser au niveau des divers classement. Retraits de points, amendes... un phénomène que certains qualifient de "4e mi-temps" s'opère actuellement. Il est assez fréquent à la fin des championnats. À qui la faute ? Nous nous sommes penchés sur la question et avons interrogé plusieurs acteurs du ballon rond pour en savoir plus.

Que c’est long. Beaucoup attendent impatiemment le dénouement d’une saison assez électrique.
Nous connaissons tous les première et deuxième mi-temps dans un match de football, qui représentent deux périodes de 45 minutes sur lesquelles une rencontre est jouée. Nous connaissons, plus ou moins, également la « 3e mi-temps », très célèbre au rugby, moins dans le football. Cette dernière, représentant les festivités d’après matchs, notamment après une victoire. Elle peut aussi définir l’attente de certaines décisions administratives d’après matchs. À Mayotte, il existerait apparemment une « 4e mi-temps ».

Classement du championnat « Régionale 2 » de football à l’issue de la saison. Ce dernier pourrait grandement évoluer à la fin des différentes commissions (© Bangafoot Mayotte)

« Les petits clubs vont finir par déposer les armes »

Ce terme, de plus en plus visible sur les réseaux sociaux, est une création de certains acteurs et spectateurs des championnats de Mayotte. L’un d’eux, que nous avons interrogé, nous a donné plus d’explications à ce propos. Joueur d’un club local, il s’est exprimé anonymement : « Pour nous, la fin de la saison est très longue. Tout peut encore changer car la ligue règle beaucoup d’affaires, et la pluie d’amendes, qui suit généralement, bouleverse totalement le classement final. C’est tellement long qu’on peut parler de « 4e mi-temps ». Ça peut aller d’une réserve posée à cause une fraude de licence, à un déficit d’éducateurs. Pour le deuxième cas, j’ignore si c’est à cause d’un laxisme de la part de certains dirigeants ou d’un manque de communication entre la ligue et les clubs. Ce que je sais, c’est que certaines amendes sont beaucoup trop chères, et les petits clubs vont finir par déposer les armes si ça continue. Je pense qu’il doit y avoir un travail en amont entre la ligue et les clubs, notamment pour sensibiliser sur la nécessité de former des éducateurs. »

« C’est regrettable d’en arriver là »

Aurélien Timba Elombo, directeur général de la ligue de Mayotte de football, aimerait que chacun puisse prendre ses responsabilités. Il nous explique son point de vue : « Certains pensent que nous sanctionnons par plaisir. Ce n’est pas du tout le cas, d’ailleurs je regrette qu’on en arrive là. Au niveau des amendes sur le déficit d’éducateurs, je fais toujours en sorte de tenir informés les clubs concernés, sachant qu’on organise aussi des formations d’éducateurs. J’essaie de prévenir de bonne heure, espérant qu’on puisse régler les situations positivement au cours de la saison. Dans le cas échéant, nous sommes obligés de sévir, c’est le règlement. Pareil pour les autres litiges, nous avons le devoir d’étudier chaque réserve* posée, chaque contestation, chaque manquement au règlement… outre les sanctions, il y a aussi la mise en place de la nouvelle saison qui se retrouve impactée, elle s’effectue plus tardivement. Encore une fois, c’est regrettable d’en arriver là. »

La ligue organise des formations d’éducateurs (© Ligue Mahoraise de Football)

« Nous devons respecter les règles »

Un entraîneur de Régionale 1, qui a lui aussi voulu garder l’anonymat, appelle à un meilleur respect du règlement, afin d’éviter ces « prolongations ». Il nous en dit davantage : « Ce n’est un secret pour personne, à Mayotte on ne respecte malheureusement pas assez le règlement. Chaque club est au courant des risques encourus pour chaque manquement, ça n’empêche pas certains de récidiver. Les équipes qui font tout correctement ne sont jamais inquiétées par les sanctions, tout se joue sur le terrain pour eux. Certes c’est compliqué pour quelques petites équipes de faire face à de grosses amendes, mais encore une fois, pour éviter cela, nous devons respecter les règles. Je ne vais pas faire un inventaires de toutes les fraudes qui sont effectuées durant les matchs, on est bien garnis. Il faudrait juste changer les mentalités, on doit évoluer. »

Exemple d’amendes reçues par certains clubs (© Bangafoot Mayotte)

Tous les acteurs s’accordent là dessus, la « 4e mi-temps » est un fléau pour le football mahorais. Chacun a donné son point de vue sur la situation. Mais, il est vrai que le respect, ainsi que la communication, mutuels, sont la base d’un meilleur avenir.

Houmadi Abdallah

*Lorsqu’une équipe de football ne respecte pas le règlement, son adversaire a le droit de poser une réserve. C’est une réclamation, et après l’étude de celle-ci, via une commission, la ligue donne raison à l’une ou l’autre équipe. Victoire sur tapis vert, retrait de points, amendes etc. Les conséquences sont nombreuses

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